dimanche 27 février 2011

Métro lyonnais - mode d'emploi

Les bonnes manières du métro, version lyonnaise.
(Inspiré par : http://bigorneau2.blogspot.com/2011/02/les-bonnes-manieres-du-metro.html?spref=bl)


1. Stationner sur les pavés matérialisant l'emplacement des portes
Attention : dans le cas contraire, vous ne pourriez pas monter dans la prochaine rame
2. Dès que les portes du métro s'ouvrent, se ruer à l'intérieur.
Important : surtout ne pas laisser descendre les passagers. S'ils se plaignent, les injurier.
3. Bien rester à quelques centimètres de la porte de sortie.
Important : surtout ne pas aller au fond du wagon, vous risqueriez de ne jamais descendre + si d'autres voyageurs poussent pour entrer, les empêcher de passer par tout moyen
4. Ne jamais descendre de la rame pour laisser les autres passer, vous risqueriez de ne pas pouvoir reprendre place dans le wagon.
5. Si vous avez une poussette d'enfant, servez vous-en comme d'un bulldozer pour pousser les autres voyageurs. Leur rouler sur les pieds est un bon moyen de les mettre de bonne humeur.
S'ils se plaignent, lancez un “vous n'aimez pas les enfants?” outragé.
6. Quand vous vous asseyez, occupez suffisamment d'espace pour que la personne souhaitant s'installer devant vous ne puisse caser ses jambes.
Variante : carrément poser les pieds sur la banquette d'en face, au moins, c'est clair et net.

Ces quelques recommandations sont scrupuleusement suivies par tous les usagers du métro lyonnais, qui font preuve d'une discipline admirable…

vendredi 25 février 2011

De “bons” chiffres ?

Vous allez trouver que je suis devenu un pourfendeur obstiné de France Info. Il n'en est rien : il se trouve que j'écoute cette radio parce qu'elle permet d'avoir des infos sans attendre et que les pub y sont (un peu) moins présentes qu'ailleurs.

Ceci étant dit, j'ai été encore une fois irrité par d'imprudentes formulations, hier midi.

Les journalistes anticipaient l'annonce des statistiques du chômage, prévue en fin d'après-midi, en clamant que “les chiffres du chômage sont bons”.
Comme toujours, les médias sont parfois dépassés par leur hâte et leurs approximations.
Car les chiffres du chômage ne sont jamais bons. Tant qu'il y aura plus de 2-3% de la population active en recherche d'emploi, ces chiffres resteront mauvais. Ils sont même exécrables actuellement (plus de 4 millions toutes catégories confondues).
Dit-on que les “chiffres du cancer” ou des décès dans les accidents de la route sont “bons” ? Non, évidemment. On indique qu'ils baissent, par exemple, que leur évolution va dans le bon ou le mauvais sens, mais pas qu'ils sont, intrinsèquement, bons.

Ou alors c'est du pur cynisme.

lundi 21 février 2011

Rabat-joie

« France Info, lundi 21 février, il est cinq heures. Le 5-7 avec Gilbert Chevalier. Bonjour et bienvenue sur France Info. On jette d'abord un petit coup d'œil à la météo. La semaine débute SOUS les nuages pour la majeure partie du pays, avec du soleil QUAND MÊME près de la Méditerranée. »

Est-ce vraiment nécessaire de commencer un journal dans cette tonalité ? Car le fait que le pays soit “sous les nuages” n'a rien de dramatique. Formulé de cette façon, en accentuant les mots “sous” et “quand même”, le message brise net l'optimisme béat de l'auditeur tombé du lit.

Eh bien tant pis, la journée commence mal, merci France Info ! C'est probablement cela, “l'info à vif”.

Nous préférerions à une info “à vif” (avec la chair à nu) une info allegro. En italien, le mot signifie “vif” au sens de vivant, avec entrain. C'est la partition que nous aimerions jouer, celle de l'allégresse…

dimanche 20 février 2011

Révolution fiscale

Le petit livre “rouge” de Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez prône une “révolution fiscale” en proposant un nouvel impôt sur le revenu (IR). Sa lecture est aisée, on ne le répétera jamais assez, et permet de se faire une idée claire et précise de cet impôt, devenu illisible, injuste et, in fine, absurde.
Leur idée est elle aussi simple : remplacer les actuels IR et CSG par un impôt unique, réellement progressif, beaucoup plus juste que le système actuel. On aimerait que les futurs candidats à la présidentielle le lisent !
Un site web a été mis en ligne en complément du livre, avec des outils de simulation permettant de tester nos propres critères. Amusant et pédagogique !

Sans entrer dans les détails, le livre souffre à notre avis de deux lacunes.


1. Quid des “dépenses fiscales” ?
Le nouvel impôt est conçu pour rapporter la même somme que les actuels IR et CSG (soit 50 + 90 milliards d'euros = 140 milliards). Il oublie au passage les fameuses “dépenses fiscales” (33 milliards). Grosso modo, il s'agit des réductions d'impôts résultant des niches fiscales, lorsque le contribuable décide lui-même de financer tel ou tel secteur. Par exemple quand il finance le cinéma en achetant des parts de SOFICA, il subventionne le secteur. L'État ne débourse rien, mais touche moins d'impôts. Or, si l'on supprime ces dépenses, les lobbies vont hurler à la misère ! Il ne faut pas sous-estimer leur puissance : compagnies d'assurances, intervenants de l'immobilier (de loisirs ou d'habitation), etc. Il sauront, par leurs interventions auprès des élus, réduire à néant la révolution fiscale !

Les lobbies demanderont de remplacer l'actuel mode de financement par un autre : de nouveaux crédits, autrement dit de nouvelles charges au budget de l'État. À notre avis, donc, il faudrait, toutes choses égales par ailleurs, que le nouvel impôt soit calibré pour rapporter 170 milliards (et non 140 milliards). Ce montant pourrait être réduit des niches fiscales injustes, inutiles ou inefficaces (un tiers, pure supposition, soit 10 milliards).

2. Des impôts locaux injustes
Les auteurs oublient un impôt important, la taxe d'habitation. Particulièrement injuste, elle connaît des écarts gigantesques selon les communes, et est très peu modulée selon le revenu. Il aurait été préférable, nous semble-t-il, de l'ajouter au nouvel impôt progressif, en prévoyant un reversement d'une part de celui-ci aux collectivités locales.

Ces réserves faites, une telle réforme fait rêver. L'impôt ne peut être accepté que s'il est juste, lisible et efficace. La révolution fiscale des trois auteurs jetterait les bases d'un nouveau contrat “fiscalo-social” essentiel au déblocage de notre système.

vendredi 18 février 2011

Quelle insécurité ?

La peur devient un mode de communication politique – mais pas seulement. À preuve l'emploi de plus en plus fréquent du mot “insécurité” en lieu et place de “sécurité”. Les ministres et le président de la République dispensent des messages négatifs : Brice Hortefeux, plutôt que d'œuvrer en faveur de la sécurité routière, préfère “lutter contre l'insécurité routière”. Sur le plan pénal, le discours est le même, qui ne cesse de déplorer l'insécurité, et accole de manière irresponsable le mot “guerre” aux actions menées.

En revanche, dans le domaine économique, la sécurité a mauvaise réputation. Les hiérarques de l'UMP n'ont de cesse de déplorer la “sécurité de l'emploi”, par exemple en proposant la suppression de la garantie d'emploi des fonctionnaires. L'insécurité de l'emploi, ici, n'est pas un mal, c'est un bien. C'est même un progrès ! Quant aux victimes de cette insécurité, on les accuse au contraire d'être responsables de leur situation…

Deux poids, deux mesures, donc, qui conduisent tout droit à l'insécurité sociale. Contre celle-là non plus, nos gouvernants n'ont pas encore déclaré de… “guerre”.

mercredi 16 février 2011

Les paroles s'envolent (surtout au téléphone)

Régulièrement, des rumeurs circulent faisant état de démarchages téléphoniques aboutissant à des contrats indésirables, conclus à l'emporte-pièce par des commerciaux habiles. Qu'elles soient toutes fondées est peu probable. Il n'en demeure pas moins que la généralisation des services commerciaux par téléphone pose de graves problèmes.

L'auteur de ces lignes a déjà  été confronté à plusieurs reprises (en particulier avec Orange, pour ne pas le nommer) à des interlocuteurs qui assuraient prendre telle ou telle mesure (d'ordre commercial ou technique). La réalité était tout autre. Une fois la facture reçue, ou la modification effectuée, on s'apercevait qu'il y avait erreur sur toute la ligne. Comment faire la preuve de sa bonne foi ? C'est tout bonnement impossible !

À moins d'enregistrer les conversations téléphoniques. Mais reconnaissons que devoir en arriver là est une précaution largement disproportionnée à mettre en œuvre…
Il ne reste plus que les courriers de réclamation, qui sont toutefois suspendus au bon vouloir du fournisseur.

Qui a dit “le client est roi” et diffuse des messages de communication “coporate” vantant des techniques “orientées vers la satisfaction du client” ? Comme quoi ce genre de proclamations ne sont dans la pratique que des incantations. Leur redondance en elle-même est déjà douteuse. Car qui imaginerait une entreprise “égocentrique centrée sur ses seuls intérêts” ? C'est… inimaginable !

samedi 12 février 2011

Attali (suite)

Une lettre d'un lecteur du Monde (daté 12 février) revient sur la tribune anti-tabac d'Attali, évoquée dans notre billet précédent. Il remarque avec pertinence que “[Jacques Attali] ne pose pas la question : pourquoi fume-t-on ?”, et apporte la réponse qui convient : on “compense un certain mal-être”. Il faudrait donc, logiquement, s'attaquer d'abord aux causes de ce mal-être à l'origine de la consommation de tabac.

Pour ma part, je ne crois pas qu'il s'agisse d'un oubli de Mister Attali.
Cela participe au contraire d'un état d'esprit de plus en plus répandu consistant tout bonnement à éliminer les faibles, entendu dans le sens “qui sont coupables de faiblesses”. Cela transparaissait clairement quand il déplorait les pertes de productivité pour les entreprises causées par les pauses-cigarettes. Qu'en déduire ? Eh bien qu'il faudrait mettre les fumeurs au chômage (ou en arrêt maladie, ou en incapacité de travail) et les envoyer de force dans des centres de désintoxication. Lisez bien son billet : “on devrait faire quelques dépenses pour désintoxiquer ceux qui le sont”.

La tendance, inquiétante, de ces fourriers de la coercition tous azimuts se dessine de plus en plus précisément : contrôler, surveiller, punir, avec comme alibi un bien commun que l'on imposerait par la contrainte, et en toile de fond l'obsession du profit, de l'efficacité et de la performance à tout crin, sans jamais accepter que l'être humain ne soit pas parfait, qu'il ait des défauts, des faiblesses. Cette tendance est générale, d'ailleurs, de l'extrême droite à l'extrême gauche, en passant par nos chers écolos, jamais les derniers à nous expliquer “comment vivre” et à envisager de nous punir de ne pas le faire selon leurs règles…

J'exagère ? Sûrement. Mais il y a de ça, une fois de plus.

vendredi 11 février 2011

Attali l'ayatollah

L'ayatalli, pardon, l'ayatollah Attali lance un appel à l'interdiction totale du tabac, dans une tribune intitulée “bien pire que le Médiator”. Comme rapprochement… il y a peut-être mieux, non ?
Mais notre prophète économique préféré entreprend enfin la  croisade que l'on attendait !
Il relève avec raison que :
La consommation de ce produit entraine d’immenses dépenses de santé et réduit partout la productivité des entreprises qui doivent laisser à leurs employés des pauses pour s’empoisonner en toute légalité.
À notre humble avis, c'est bien sur la productivité que le mal est le plus grave. La santé des entreprises avant tout !

Mais il ne faut pas en rester là, et interdire aussi l'alcool. Ainsi, les propositions du président de A&A stimuleraient-elles la croissance, qu'il appela de ses vœux dans un de ses célèbres rapports.
  • L'interdiction du tabac et de l'alcool créerait de nombreux emplois dans la police et la justice afin de poursuivre les futurs délinquants qui consommeraient ou commercialiseraient ces substances nocives.
  • Les dealers des cités, déjà expérimentés avec le shit et autres drogues pourraient rebondir grâce au gigantesque marché qui s'offrirait ainsi à eux, ramenant la prospérité dans ces zones déshéritées.
  • La productivité des entreprises ferait un formidable bond en avant, la suppression des pauses-cigarettes (ainsi que des pauses-café et pipi) accroissant d'autant la durée effective du travail.
  • Par ailleurs, la suppression des barrières ridicules à l'expérimentation des médicaments, tels que le fameux Mediator, favoriserait le développement de l'industrie pharmaceutique – et donc la croissance – sans compter tous les fumeurs et buveurs qui, du fait de l'interdiction de leurs drogues, se reporteraient sur les antidépresseurs et autres drogues légales. Encore une idée géniale pour la croissance !
Gloire au prophète Attali !

lundi 7 février 2011

TGV… supprimés

Une nouveauté dans le monde de la SNCF : les TGV “supprimés” au dernier moment.


J'ai inauguré ces décisions pour le moins cavalières en décembre : billet pour le TGV de 9h, suppression inopinée une demi-heure avant le départ, aucune explication. La solution de rechange ? S'entasser dans celui de 10h sans aucune garantie de place assise – et sans aucun dédommagement.

Vendredi matin, à la gare de la Part-Dieu, prenant un TER, j'entends une annonce : “Le TGV de 7h est supprimé. Les voyageurs sont priés d'emprunter le TGV en provenance de Saint-Etienne”. Même motif, même punition : s'entasser dans une autre rame.

L'auteur de ces lignes est un ardent supporter du train, et des TGV en particulier.
Mais là, il doit faire un effort pour ne pas se mettre en rogne. À quoi cela rime ? Pour quelles raisons, soudain, les circulations de trains deviennent-elles aussi aléatoires ?