lundi 8 novembre 2010

Tabac : +6%

Ce lundi 8 novembre, le prix du tabac a augmenté de 6%. Un paquet de cigarettes est désormais vendu 6 euros en moyenne. Il faut juste espérer que les fumeurs continueront à fumer, afin que le produit de la taxe puisse renflouer nos budgets. Une fois encore, en tant que fumeur (hou, le vilain !) je pose le liminaire suivant : “je le sais, fumer n'est pas bon pour la santé”. On ne sait jamais : des fois qu'une loi envoie en prison les “incitateurs à fumer”. Ça ne saurait tarder ! Une fois ces propos liminaires posés…

Bertrand Vergely, philosophe interviewé par Le Monde (6 novembre), remarquait avec raison deux choses :
(1) Derrière les messages de prévention se cachent parfois des associations qui font du zèle, associations non pas citoyennes mais puritaines, obsédées par les théories hygiénistes.
C'est la sensation que l'on a en entendant ces associations trouver que le prix du tabac est encore “trop bas”. On a parfois envie de leur dire : mêlez-vous de vos fesses ! Elles vous répondront : “tabagisme passif”. Voire ! N'oublions pas que, parmi les victimes du tabagisme passif figurent aussi les fumeurs (entre chaque cigarette quand ils restent dans leur local enfumé). Un biais statistique pour le moins douteux !
Douteux aussi le bon vieil argument selon lequel ces taxes sont destinées à compenser le surcoût de soins pris en charge par la Sécurité sociale. Le budget social de la nation comprend aussi – on en a beaucoup parlé récemment ! – celui des retraites. Or, chaque décès de fumeur allège d'autant la masse des pensions à verser. Ne devrait-on pas, mutatis mutandis, fournir une prime aux fumeurs à chaque paquet acheté, afin que leurs héritiers bénéficient de la pension qu'ils ne toucheront pas ?
(2) Si, comme il est écrit, “fumer tue”, il faut interdire immédiatement la vente et l'usage du tabac.
Une remarque de bon sens, qui met en exergue l'exagération et l'absurdité de tels slogans.
Plus largement, derrière ces excès pointe la peur qui est agitée à tout propos dans nos sociétés obsédées par la sécurité à tout prix. La peur débouche mécaniquement sur l'autoritarisme, déguisé en “bons sentiments”. Je suis toujours consterné par ces soi-disant “bonnes âmes” qui, en réalité, déchainent à bon compte leur frustration et leur agressivité sur leurs semblables… Ces intégristes de l'hygiénisme ne méritent que le mépris. D'autant plus que le souci de la santé publique trouve vite ses limites ! À quand une taxe sur les entreprises dont le stress des salariés cause maladies, dépressions et suicides ? Eux aussi coûtent cher à la société. Et l'on pourrait multiplier les exemples (alcool, accidents automobiles…).

En élargissant le point de vue, on observe combien la tentation est grande de poursuivre les citoyens de taxes, règlementations et brimades tatillonnes de toute sortes – on songe au tri des déchets. Si l'on n'y prend pas garde, on ne pourra bientôt plus faire le moindre geste sans se retrouver taxé ou pénalisé. La dictature n'est-elle pas aussi un système qui veut le “bien des gens malgré eux”, selon ses propres critères érigés en dogmes intangibles ? In fine, il s'agirait bien en effet d'interdire toute faiblesse, toute erreur et tout comportement qui dévie un tant soit peu de la norme établie.

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