lundi 15 novembre 2010

Fillon version 3.0

L'auteur de ces lignes s'était promis de ne pas évoquer le non-événement du gouvernement Fillon, troisième du nom. Son naturel de sciences-potard ayant repris le dessus, mâtiné d'informaticien, voici donc ses commentaires sur le logiciel Fillon version 3 point Zéro.
  • Michèle Alliot-Marie collectionne les ministères régaliens, bouclant sa série avec les affaires étrangères, après la défense (sous Chirac), l'Intérieur et la Justice sous Sarkozy. Au-delà de ses qualités d'homme d'État, on retrouve comme un parfum de chaises musicales très IVe République*.
  • Alain Juppé apporte sa caution d'expérience, tandis que le “pauvre” Bernard Kouchner, que son ambition effrénée aura finalement carbonisé, prend la porte…
  • NKM remporte une belle victoire en damant le pion à Borloo, avec qui elle avait eu un accroc sur les OGM en avril 2008. À 37 ans seulement, elle se retrouve numéro 3 du gouvernement dans l'ordre protocolaire !
  • Jeannette Bougrab, 37 ans également, devrait donc quitter la Halde, qu'elle a pourtant dépoussiérée, pour représenter la Jeunesse et la vie associative. Gageons qu'on entendra parler d'elle !
  • A part ça, peu de changement : Hortefeux reste à l'Intérieur, Lagarde garde l'économie et les finances, Baroin le budget, Frédéric Mitterrand la culture, Xavier Bertrand retrouve son poste dont on l'avait licencié début 2009.
  • Éric Besson émigre vers un secrétariat d'État sans grand relief, comme quoi “le crime ne paie pas” tant que ça !
  • Mais le comble de l'horreur est la nomination de Frédéric Lefebvre au secrétariat d'État chargé du commerce, de l'Artisanat, des PME, du Tourisme, des services, des Professions libérales et de la Consommation. Outre la longueur du titre – bonjour les cartes de visites ! – le blogueur se sent humilié que sa profession (conseil indépendant + TPE) soit représentée par un homme-caricature, clown médiatique aux allures poujadistes affirmées.
On attend donc la version 3.1 pour correction des bugs de la version 3.0.

Quant aux absents – Borloo doit regretter ses investissements capillaires et de cravates – ils vont retrouver leur “liberté de parole”, clament-ils. Ah bon, ils étaient bâillonnés auparavant ?

Il reste à souhaiter bon vent au collaborateur de Nicolas Sarkozy, qui a réussi à naviguer en eaux troubles pour s'imposer à son patron.

* Petite note typographique
J'aurais aimé composer IVe République avec un exposant, mais il faudrait aller plus loin dans les styles et autres points très techniques, car la présence de l'exposant perturbe l'interlignage des paragraphes – soit IVe République –, ce qui n'est guère élégant.

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