samedi 16 octobre 2010

Le monde et le temps

Le quotidien Le Monde utilise traditionnellement le verbe devoir à l'imparfait pour gérer le décalage de temps entre sa rédaction et sa lecture, en un subtil exercice.
En effet, le journal du soir (qui paraît en début d'après-midi) est toujours daté du lendemain. C'est ainsi que le numéro daté vendredi 15 octobre a été composé jeudi 14 au matin. Du coup, le passage de Martine Aubry à l'émission “À vous de juger” de jeudi soir n'avait pas encore eu lieu quand les journalistes ont écrit le sous-titre.

En revanche, quand je l'ai lu, après réception du quotidien par la Poste vendredi matin, l'invitation de Martine Aubry s'était entre-temps concrétisée. Mais il aurait pu être annulé au dernier moment (comme cela se produisit d'ailleurs le 7 octobre, la première secrétaire étant souffrante). C'est pour cela que Le Monde utilise le verbe “devoir” (sous-entendu : “au moment où nous publions, elle doit passer à l'émission”) conjugué à l'imparfait puisque, au moment où nous lisons, cette supposition est… passée car datant de la veille !

Vertigineux, non ?

Martine Aubry est bel et bien passée à l'émission “À vous de juger”. Le Monde (le journal) et le monde (politique et médiatique) peuvent être rassurés ! Je déplorerai juste la remarque désobligeante et un brin abjecte d'Arlette Chabot, qui a demandé à la première secrétaire si son problème ophtalmologique pourrait l'empêcher d'être candidate à la présidentielle. Franchement pas très malin !

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