jeudi 23 septembre 2010

Un petit vélo dans la tête

Vous connaissez l'expression “avoir un petit vélo dans la tête” ? C'est à ça que j'ai songé en lisant un article du Monde sur la voiture dans les villes.
 Coexistence pacifique, ou voisinage contre-nature ?

Vélos en libre-service
Parmi les mesures prises par les mairies des grandes villes, on a beaucoup (trop) parlé des vélos en libre-service. Non que ces initiatives soient inutiles – elles apportent du confort, une sorte de luxe low-cost –, mais elles sont avant tout mineures.
L'article évoquait la “semaine de la mobilité”, qui invitait à “bouger autrement”. Ses conclusions sont sans appel :
La part de la bicyclette dans les transports reste inférieure à 5 %. Surtout, peu d'automobilistes troquent leur volant pour un guidon. Le développement du vélo désengorge les transports en commun, il ne réduit pas le nombre de voitures en circulation.
On s'en doutait un peu ! Les économies de CO2 sont infimes : le cycliste épargne ce qu'il aurait généré en prenant le bus ou le métro, soit un pouillème, ces deux transports circulant malgré tout, certes avec quelques dizaines de kilos en moins dans leurs véhicules ou wagons…
L'urbanisme "vert" s'engage à construire des écoquartiers compacts, mêlant logements, bureaux et commerces, pour réduire le besoin de déplacements.
Et voilà que l'on recommence dans les contre-sens ! On l'avait déjà proclamé avec les villes nouvelles d'Île-de-France : logements et emplois rassemblés dans le même lieu. Miracle ! Du coup, voilà que des ménages vivent à Marne-la-Vallée et travaillent à la Défense pour l'épouse, à Melun-Sénart pour l'époux. À moins de lier contrat de travail et bail locatif, de contraindre au déménagement lorsqu'on change d'emploi – et de séparer les couples ! –, on ne voit pas comment cette utopie pourrait fonctionner !
Surtout si l'on inclut "l'effet barbecue", selon lequel les habitants des centres-villes annuleraient le bénéfice de leur sobriété énergétique par de fréquents week-ends à la campagne et voyages en avion, quand ceux de grande banlieue compenseraient une semaine énergivore par des week-ends au calme dans leur jardin.
Voilà qui est lucide ! Les écologistes bien-pensants étaient prompts à dénoncer les banlieusards qui circulent “trop”, en RER ou, pire, en voiture – salauds de pauvres ! – tandis que les bobos restent sagement dans le centre-ville et vont bosser en vélo… avant de partir en week-end dans le Luberon, au besoin en avion…
NB : certains écolos intégristes interdiront peut-être les barbecues au motif qu'ils dégagent, eux aussi, du CO2 (!)

Rien n'est simple. Il est crucial d'analyser lucidement les choses, au risque de rester dans l'anecdotique. Et je le maintiens, ces vélos en libre-service sont sympathiques, mais ce n'est qu'un gadget.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire