vendredi 17 septembre 2010

Patates chaudes

L'Union européenne vit sous le permanent paradoxe d'une “libre circulation” des capitaux et des hommes et d'une absence d'autorité centrale et de coordination efficaces.

De récents événements illustrent avec éclat l'impasse dans laquelle cela conduit les Européens.

L'affaire des “roms” bien sûr.
Dans l'idéal, que faudrait-il ? Que chacun accueille dignement et dans l'apaisement une part de la population pour l'instant reléguée au rang de “patate chaude” (*). Chaque pays se renvoie la balle, si l'on ose l'expression, en se voilant la face, espérant que “les autres” se débrouilleront. Car si un pays européen décidait d'accueillir dignement les roms, alors ils afflueraient dans ce pays, étant libres de circuler. Les bonnes intentions ne seraient donc pas récompensées, puisque la nation “généreuse” devrait contribuer plus que les autres et serait vite débordée.
L'attitude actuelle de la France consiste à expulser cette population en passant la patate chaude au voisin, en songeant “qu'il se débrouille”, et ainsi de suite. Un cercle vicieux !

Les capitaux et les sièges de sociétés ensuite.
Là, c'est l'inverse. Autant nous répugnons collectivement à accueillir, par exemple, les roms, autant nous ne rêvons que d'une chose, accueillir l'argent. Chacun tire son épingle du jeu, comme le Luxembourg, qui est le siège d'une banque virtuelle comme PayPal, ou l'Irlande, où s'est installé Google Europe. Cela permet à ces deux exemples de réussites sur Internet de payer le moins d'impôts possibles en Europe, et donc de contribuer le moins possible à la prospérité de l'Union.

On le voit avec éclat : tant que nous resterons dans une situation de libre circulation sans aucun contrôle ou, du moins, sans politique d'ensemble s'imposant aux membres, et sans coordination, chacun ne cessera de tirer la couverture à soi, dans le plus parfait égoïsme, et nous tournerons en rond…

(*) Extrait de Wikipedia
« Se renvoyer (ou se refiler) la patate chaude » : se renvoyer l'un l'autre un problème embarrassant, se renvoyer la balle. Cette expression récente, apparue au Québec dans les années 1970, en Europe dans les années 1990, est un calque d'une expression anglaise plus ancienne : to drop something like a hot potato.

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