mardi 1 juin 2010

Un peu, beaucoup, passionnément

Un tic de langage traverse nombre de déclarations de personnalités politiques. Il consiste à intercaler des “un peu” dans leurs petites phrases, une façon de ne pas complètement assumer leurs propos. Nous l'avions déjà noté à propos de Kouchner, qui avait dit que “le ridicule tue un peu” (voir ce billet).

La phrase-choc de Martine Aubry, comparant notre président à Madoff, n'échappe pas à la règle, trahissant sa conscience d'exagérer (même s'il y a de ça, ajouterons-nous). Voici la citation complète :
J'ai un peu l'impression que, quand Nicolas Sarkozy nous donne des leçons de maîtrise budgétaire, c'est un peu M. Madoff qui nous administre des cours de comptabilité.
Deux fois “un peu”, avec de surcroît un “j'ai l'impression”. Quand on y réfléchit bien, ces trois formules qui atténuent la comparaison auraient dû suffire à calmer les commentateurs.
Quant à Madoff et à la comptabilité, nous aurions plutôt tendance à considérer que cet escroc était, au contraire, expert en comptabilité pour avoir publié pendant des années des comptes officiels susceptibles de maquiller ses frasques. Et pas qu'un peu !

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