mardi 8 juin 2010

Quelques idées à propos des retraites

Quelques remarques sur la question des retraites.

La multiplicité des situations et des critères, en Europe notamment, conduit les politiques à faire des comparaisons faussées. C'est ainsi que les âges minimum de départ, les âges de retraites à taux plein, les nombres d'années de cotisations, les modalités de calcul des pensions, tout cela diffère énormément selon les pays.

Aussi, comparer un seul et unique élément est-il malhonnête. Exemple : “en Allemagne ils partent à tel âge”, sans mentionner que la pension complète est obtenue avec 35 ans seulement de cotisation.

Je trouve que la position du PS, arc-bouté sur le symbole des 60 ans, manque de subtilité. Pour ma part, je préférerais des propositions permettant d'éviter que les pensions ne plongent en montant mensuel. Garder à toute force l'âge de 60 ans alors que la durée de cotisation excède ce seuil théorique (plus de 40 ans) n'est pas raisonnable.
Observons le cas du Japon. Curieusement, l'âge de la retraite étant fixé à 60 ans, les Japonais partent en moyenne à… 69 ans et demi ! Pourquoi ? Parce que ce sont des forcenés du boulot ? Non : simplement parce que les droits à pension continuent à s'accroître, sans butoir comme en France.

Nous serions bien inspirés de proposer des réformes un peu plus subtiles, au lieu de rester dans le sommaire, le succinct, nous contentant, selon la formule technocratique ampoulée, de “déplacer les curseurs”. Ce ne sont pas les potentiomètres de volume, de graves ou d'aigus qu'il faut tourner, c'est le préampli qu'il faut démonter et réviser entièrement.

A mon modeste niveau, je serais preneur de mesures de ce genre :
  • Augmenter l'âge minimum de départ à la retraite, mais faiblement (62 ans maxi)
  • Offrir un départ anticipé, même sans les 40 ou 41 années de cotisation, aux professions pénibles, de façon plus sûre que ce que propose le gouvernement
  • Ne pas repousser l'âge de la retraite à taux plein (65 ans)
  • Donner une prime de pension à ceux qui cotisent plus que les 40 ou 41 ans.
  • Commencer d'ores et déjà à inclure les années d'études dans les trimestres, avec par exemple un trimestre par année prouvable, en attendant plus (cela existe déjà pour le service militaire, ne l'oublions pas)
  • Faire tout pour offrir des trimestres à ceux qui ont eu des enfants, ce serait tout de même plus juste (ils ont enfanté des cotisants), au besoin en les offrant aux deux parents, selon des modalités à trouver.
  • Remonter le taux des pensions de reversion pour les veuves (et veufs par la même occasion)
  • Revoir l'impôt sur le revenu des retraites “de riches”, avec modération, mais avec un sens de la solidarité plus prononcé.

Ainsi, on inciterait ceux qui le peuvent à poursuivre au-delà des 62 ans, dans la mesure où la retraite à taux plein n'est pas trop éloignée (65 ans). Les plus éprouvés pourraient en revanche partir plus tôt. La disparité arbitraire des pensions (les paramètres de calcul sont lamentables et disparates) serait atténuée.

Vous voyez, les idées sont tout de même aisées à trouver pour aboutir à quelque chose de cohérent et juste. Seulement voilà : tant le gouvernement que l'opposition se crispent sur des slogans et des facilités qui déçoivent de la part de ceux qui, en principe du moins, devraient faire preuve de créativité réformatrice.

Conclusion irritée
Bon, je sais, on s'en fout, seul compte le foot.
Alors oui, laissons tomber et “communions dans le foot”. Après tout, avec des paris bien affutés, peut-être y aurait-il moyen de gagner un jackpot pour financer sa future retraite ? Bon sang, mais c'est bien sûr, pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ?

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