mardi 29 juin 2010

Et lui ?

La lettre adressée par le président de la République au Premier ministre à propos des dépenses de fonctionnement comporte quelques mesures intéressantes… si elles étaient appliquées aussi au Président (voir son texte à ce lien) :
Il a été décidé l'assujettissement à l'impôt sur le revenu et à la taxe d'habitation de l'usage de leurs logements de fonction.
Et le palais de l'Élysée ? Voilà un avantage en nature et une taxe d'habitation intéressants à chiffrer, sans oublier le pavillon de la Lanterne à Versailles…
Il est également impératif que tous les frais liés à leur vie privée soient acquittés sur leurs deniers personnels et non sur des budgets publics.
Eh bien, M. et Mme Sarkozy, il ne vous reste plus qu'à vous appliquer à vous-mêmes cette règle bienvenue !

vendredi 25 juin 2010

Des pourcentages et des déficits

Les échelles employées pour exprimer le déficit budgétaire sont trompeuses.
Le fameux seuil de 3% du PIB, critère de Maastricht, donne l'impression que le déficit est relativement peu important, et l'actuelle proportion, 8%, ne donne pas l'ampleur du phénomène.

Didier Migaud, président de la Cour des comptes, cite un autre chiffre dans ses interviews récentes. Un pourcentage : 52%. Les dépenses de l'État ne sont couvertes par les recettes qu'à hauteur de la moitié. En clair : nous dépensons 2 quand nous prélevons 1 d'impôts. C'est énorme !

La raison en est simple : le budget de l'État n'est pas égal au PIB (ce qui serait curieux !) Un point de déficit équivaut à 20 milliards d'euros (un PIB de l'ordre de 2000 milliards d'euros).
160 milliards de déficits, pour donc… 320 milliards de dépenses.

On comprend mieux le débat. Et n'oublions pas que les autres déficits (collectivités locales et comptes sociaux) sont moindres en ampleur, même si les quelque 30 milliards de déficit sociaux demeurent préoccupants – tout en représentant 1,5 point de PIB “seulement”.

dimanche 20 juin 2010

Un “Monde” sans pitié

Quel ton sévère ! Le Monde a publié en Une du 19 juin un éditorial titré “Chronique d'une déroute annoncée”, dont le ton m'a surpris par sa virulence. Deux extraits :
Il serait de mauvais goût de pousser le parallèle jusqu'à comparer “l'étrange défaite” de l'équipe de France de football en Afrique du Sud à celle d'un autre mois de juin, qui, il y a soixante-dix ans, avait conduit le pays à la catastrophe. Mais tout de même.
C'est de mauvais goût, sans aucun doute ! Si les excès médiatiques du foot ne laissent pas de m'irriter, jamais je n'aurais osé un tel rapprochement.
Comment ne pas voir dans cette équipe, à l'inverse de celle de 1998, un miroir de la société française d'aujourd'hui. Dominé par des ego tourmentés et des salaires de stars, coupé de la réalité du pays et de ses supporteurs, fractionné en de multiples clans – Noirs d'origine antillaise, Noirs d'origine africaine, Blancs, musulmans, expatriés de luxe ou restés en France, issus des cités de banlieue et revanchards ou venus de la modeste province et “triquards” –, ce football épouse les contours du pays.
Le constat, toujours aussi sévère, est cette fois plus troublant, quoique cinglant.
Voilà donc que Le Monde exagère… même s'il y a de ça, malheureusement. Qui l'eût cru ?

samedi 19 juin 2010

Dix de der !

PriceMinister vient d'être racheté par un groupe d'e-commerce japonais. Bellotte, rebellotte et… dix de der !
On comprend mieux, dès lors, la manip des frais de gestion d'il y a quelques semaines. Il fallait donner des gages au repreneur.
Quelle tristesse ! Même si le message prétend que PriceMinister se donne ainsi “les moyens de son développement”, comment ne pas regretter amèrement qu'un fleuron du commerce électronique français soit ainsi vendu ? Que ce serait-il passé si, quatre ou cinq ans après sa fondation, Google avait été cédé à un autre pays ? Les États-Unis auraient perdu ce qui est devenu la plus grande et forte entreprise d'Internet.

Au moment où le foot français capitule en rase campagne, voilà une nouvelle et triste illustration de notre incapacité à développer nos propres entreprises. Et si le si fameux Grand Emprunt (avec moult majuscules) avait pu être affecté à développer des entreprises comme PriceMinister ?

À méditer !

vendredi 18 juin 2010

L'esprit d'escalier

Encore les retraites !
Petite remarque : le message proclame “retraite à 62 ans”,  “taux plein à 67 ans” ou “+3% de cotisations pour les fonctionnaires”. Mais avez-vous noté les échéances de ces mesures ?
2018 pour les deux premières et 2020 pour la seconde (!!!). D'ici là, nous aurons connu deux élections présidentielles (2012 et 2017), voire serons en campagne pour la troisième (2022). Cela change tout de même la portée des mesures !
La méthode des sauts de puces, pour le départ à la retraite, a aussi un inconvénient majeur, elle accroît l'injustice en créant autant de “marches d'escalier” arbitraires. L'esprit d'escalier institutionnalisé ?
Quand au relèvement de la tranche d'impôt sur le revenu d'un point, cela ressemble à une plaisanterie, tellement son niveau est faible. Nous ne sommes pas loin de l'euro symbolique*. J'exagère, mais il y a de ça.

* La tranche à 40% démarre à 70000 euros environ. Un contribuable déclarant par exemple 100000 euros (après déductions) devra donc payer 300 euros de plus. Admettons que cela reste symbolique.

vendredi 11 juin 2010

Cotisations virtuelles de retraite

Un mot encore sur les retraites.
Il est question d'augmenter les “cotisations retraites” des fonctionnaires d'environ 3%.
Pour comprendre le sens de la mesure, rappelons qu'il n'existe pas de caisse de retraite des fonctionnaires. C'est le budget de l'État qui les paye (ligne “pensions”). Les bulletins de salaire des fonctionnaires sont calculés à l'envers : le brut virtuel est obtenu à partir du net réel.
Si l'augmentation de ces pseudo-cotisations n'est pas compensée par une hausse du traitement, alors il s'agit tout simplement d'une baisse de rémunération de 3% (soit la rigueur prônée par les marchés).
Si, en revanche, elle était compensée (totalement ou partiellement), cela reviendrait à augmenter les traitements sans qu'un seul centime ne soit gagné pour le paiement des pensions.

Voir à ce sujet mon précédent article : http://jeanluctafforeau.blogspot.com/2007/11/paradoxeretraites.html

Pascal Gobry, dans un livre au titre exagérément polémique, La Grande Duperie, expliquait dans le détail ces questions de cotisations fictives (éditions Plon, 2003, ISBN 2-259-19881-3).

Lire à ce propos :
http://www.sauvegarde-retraites.org/dossiers/retraite-101.html

jeudi 10 juin 2010

Coffee Avenue

Boire un café espresso en passant, discuter cinq ou dix minutes avec le barman, repartir avec un surcroît d'énergie vers ses obligations professionnelles, voici les ingrédients d'une convivialité toute citadine que l'on oublie trop souvent de valoriser.

Combien de vieux ronchons, touchant leur confortable pension de retraite (c'est un thème à la mode), affectent-ils de critiquer “les jeunes” et déplorer leur manque d'initiative ?

Mélangez ces deux paragraphes – en inversant le sens du second – et vous avez la recette de Coffee Avenue. Une idée tout simple, encore fallait-il y penser. Une minuscule camionnette charriant une authentique machine à café – au gaz, s'il vous plaît, autonomie oblige – et voilà que, place Charles Hernu à Villeurbanne, on peut passer un agréable moment avant de s'engouffrer dans le métro.


Pourquoi Coffee Avenue ? Pour une fois, l'anglais est de circonstance, puisque l'un des fondateurs de l'enseigne a travaillé à Londres (il connaît Hugh Grant pour l'avoir fréquenté à Notting Hill), et que même la camionnette vient d'Outre-Manche (comme l'indique le volant placé à droite).

La carte ne se limite pas au café espresso – pourtant digne des meilleurs caffé d'Italie (attention à la décharge de caféïne !) – et propose toutes sortes de cocktails : cappuccino agrémentés d'une kyrielle de parfums, versions “frappées” (le choc !) ou thé glacé, c'est l'embarras du choix.
Dès lors, tout est possible, même d'écouter un chanteur amateur reprenant un succès de Julio Iglesias. Quant à la carte de fidélité, elle réserve des surprises, qu'il vous appartiendra de découvrir (sinon, ce ne sont plus des surprises, eh, banane !) Attention cependant à ne pas rater votre rendez-vous !

Rigueur footballistique

Comme vous le savez, je suis un passionné de foot. Aussi écoutais-je à l'instant France Info avec intérêt. J'y ai appris avec surprise que l'équipe d'Angleterre souffrait d'un handicap : elle ne dispose pas de gardien de but (sic). Le journaliste n'en précisait pas la raison. À mon avis, le nouveau gouvernement britannique a dû décider de supprimer ce poste dans le cadre de sa politique de rigueur.

Idée de génie ! Supprimons tous les gardiens de but. Cela fera un salaire princier de moins à payer, et il y aura beaucoup plus de buts marqués, ce qui sauvera les matches de l'ennui – je ne déteste rien tant que de regarder courir pendant une heure et demie tous ces types sans qu'aucun but ne soit marqué…

mardi 8 juin 2010

Les jeux DU hasard

Le hasard des jeux, les jeux du hasard…
C'est aujourd'hui, mardi 8 juin :
  1. Que sont libéralisés les paris en ligne, qui vont susciter des vocations
  2. Que s'ouvre le procès de Jérôme Kerviel, qui a beaucoup joué, avec le succès que l'on sait
A propos, peut-on parier sur le montant de l'amende (et éventuellement de la peine de prison) du trader ?
Oui ? Non ?

Quelques idées à propos des retraites

Quelques remarques sur la question des retraites.

La multiplicité des situations et des critères, en Europe notamment, conduit les politiques à faire des comparaisons faussées. C'est ainsi que les âges minimum de départ, les âges de retraites à taux plein, les nombres d'années de cotisations, les modalités de calcul des pensions, tout cela diffère énormément selon les pays.

Aussi, comparer un seul et unique élément est-il malhonnête. Exemple : “en Allemagne ils partent à tel âge”, sans mentionner que la pension complète est obtenue avec 35 ans seulement de cotisation.

Je trouve que la position du PS, arc-bouté sur le symbole des 60 ans, manque de subtilité. Pour ma part, je préférerais des propositions permettant d'éviter que les pensions ne plongent en montant mensuel. Garder à toute force l'âge de 60 ans alors que la durée de cotisation excède ce seuil théorique (plus de 40 ans) n'est pas raisonnable.
Observons le cas du Japon. Curieusement, l'âge de la retraite étant fixé à 60 ans, les Japonais partent en moyenne à… 69 ans et demi ! Pourquoi ? Parce que ce sont des forcenés du boulot ? Non : simplement parce que les droits à pension continuent à s'accroître, sans butoir comme en France.

Nous serions bien inspirés de proposer des réformes un peu plus subtiles, au lieu de rester dans le sommaire, le succinct, nous contentant, selon la formule technocratique ampoulée, de “déplacer les curseurs”. Ce ne sont pas les potentiomètres de volume, de graves ou d'aigus qu'il faut tourner, c'est le préampli qu'il faut démonter et réviser entièrement.

A mon modeste niveau, je serais preneur de mesures de ce genre :
  • Augmenter l'âge minimum de départ à la retraite, mais faiblement (62 ans maxi)
  • Offrir un départ anticipé, même sans les 40 ou 41 années de cotisation, aux professions pénibles, de façon plus sûre que ce que propose le gouvernement
  • Ne pas repousser l'âge de la retraite à taux plein (65 ans)
  • Donner une prime de pension à ceux qui cotisent plus que les 40 ou 41 ans.
  • Commencer d'ores et déjà à inclure les années d'études dans les trimestres, avec par exemple un trimestre par année prouvable, en attendant plus (cela existe déjà pour le service militaire, ne l'oublions pas)
  • Faire tout pour offrir des trimestres à ceux qui ont eu des enfants, ce serait tout de même plus juste (ils ont enfanté des cotisants), au besoin en les offrant aux deux parents, selon des modalités à trouver.
  • Remonter le taux des pensions de reversion pour les veuves (et veufs par la même occasion)
  • Revoir l'impôt sur le revenu des retraites “de riches”, avec modération, mais avec un sens de la solidarité plus prononcé.

Ainsi, on inciterait ceux qui le peuvent à poursuivre au-delà des 62 ans, dans la mesure où la retraite à taux plein n'est pas trop éloignée (65 ans). Les plus éprouvés pourraient en revanche partir plus tôt. La disparité arbitraire des pensions (les paramètres de calcul sont lamentables et disparates) serait atténuée.

Vous voyez, les idées sont tout de même aisées à trouver pour aboutir à quelque chose de cohérent et juste. Seulement voilà : tant le gouvernement que l'opposition se crispent sur des slogans et des facilités qui déçoivent de la part de ceux qui, en principe du moins, devraient faire preuve de créativité réformatrice.

Conclusion irritée
Bon, je sais, on s'en fout, seul compte le foot.
Alors oui, laissons tomber et “communions dans le foot”. Après tout, avec des paris bien affutés, peut-être y aurait-il moyen de gagner un jackpot pour financer sa future retraite ? Bon sang, mais c'est bien sûr, pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ?

jeudi 3 juin 2010

PriceMinister : bingo… et merci !

M. Kosciusko-Morizet fête le dixième anniversaire de PriceMinister, dont il est le fondateur. Son site est devenu le numéro 1 du commerce électronique en France.

Soyons justes : l'auteur de ces lignes a toujours apprécié la qualité de PriceMinister, son efficacité et, en particulier, l'absence de charges fixes et de frais de mise en vente.
Dès l'automne 2003, j'y ouvrais une boutique d'occasion, où de nombreux livres, cassettes vidéo VHS (eh oui !) et CD audio ont trouvé preneurs. Fin 2006, “mes” éditions AO y ont créé un compte dit “professionnel”. La différence avec une boutique de particulier est qu'elle autorise la vente de produits neufs, ainsi que d'autres fonctions comme le calcul des éléments de facturation.

Toutes les entreprises ont été petites un jour
Ironiquement, le livre de souvenirs que publie ces jours-ci M. Kosciusko-Morizet s'intitule Toutes les entreprises ont été petites un jour. C'est exactement ce que je lui écrivais dans un courrier du 7 mai dernier, dont voici la citation intégrale :
Cher Monsieur Kosciusko-Morizet,

C’est au fondateur de PriceMinister que je me permets de m’adresser.

La force de PriceMinister est sa simplicité, son efficacité et l’absence de toute charge fixe. Contrairement à vos concurrents, vous avez su vous démarquer de la sorte. Prenez garde à ne pas casser ce qui fait votre succès !
 Je m’explique.

Vendeur « particulier » d’occasions depuis 2003, j’ai créé en 2009 une minuscule start-up, les éditions AO. Rien à voir avec votre start-up devenue une référence, même si je rêverais d’un tel succès !

Les éditions AO impriment leurs livres en petites quantités et profitent du web pour les diffuser. Ma boutique « professionnelle » me donnait toute satisfaction avec une commission de 15% et aucun abonnement fixe. J’avais étudié Amazon et Alapage, tous facturaient environ 20 € par mois.

Et voici que vous accomplissez un virage à 180° ! Facturation d’un abonnement de 20 € HT dès la première vente.

Le problème est que, le plus souvent, je ne vends qu’un ou deux livres par mois, au prix moyen d’une dizaine d’euros. Le calcul est vite fait ! Certes, j’espère une croissance de mes ventes, mais ce n’est pas encore le cas.

Je vous en conjure, que PriceMinister conserve sa spécificité ! Il ne devrait pas être difficile de trouver une formule plus juste. Autant 20 € ne représentent rien pour une boutique qui vend 1000 € par mois, autant, dans mon cas, c’est rédhibitoire !

Espérant que ma « bouteille à la mer » sera recueillie et son message lu, je vous prie de recevoir, Monsieur Kosciusko-Morizet, mes plus cordiales salutations.
Je n'ai reçu aucune réponse à ce courrier. Je suppose qu'il s'est noyé dans l'océan des missives reçues par le P-DG. En revanche, j'ai pu échanger par mail et recevoir un appel téléphonique d'une chargée de clientèle, qui n'a malheureusement pu remédier à cette décision unilatérale mal calibrée. Relevons – et apprécions – qu'au moins il existe encore des êtres humains derrière la boutique virtuelle, et qu'ils soient autorisés à prendre le temps de s'occuper des demandes de leurs clients, aussi “minuscules” soient-ils !

Oui, en effet, comme le dit le P-DG, “toutes les entreprises ont été petites un jour”. Dommage de les “flinguer” avec des charges fixes qui compromettent leur démarrage ! Sans nul doute, PriceMinister a compté le nombre de vendeurs professionnels dans sa base de données, sorti la calculette et multiplié par 20 euros et par 12 mois. Bingo ! Oui, mais PriceMinister n'est pas un casino – à moins qu'il n'ait décidé d'en ouvrir un… en ligne !

ANNEXE
Pour être exact et précis, ma (défunte) boutique professionnelle a encaissé depuis le 1er janvier, 266 euros, nets de la commission PriceMinister de 15%. Une moyenne de quelque 53 euros mensuels. Si les frais forfaitaires de 20 euros avaient été appliqués sur cette période, j'aurais dû amputer les 266 euros de 100 euros, soit près de 40%, venant s'ajouter aux 15%. Total : 55% Là, est-ce moi qui “exagère”… ou bien ?

mercredi 2 juin 2010

Flottille

Les hasards de l'actualité mettent parfois en valeur des mots habituellement peu employés.
C'est le cas de “flottille”.
Il s'agirait, selon le dico, d'une “réunion de petits navires”, par opposition à une flotte, “réunion de navires de guerre ou de commerce se livrant à la même activité”, ou à une “armada”, un grand nombre  de navires (ou d'autres choses) ressentis comme agressifs.
Celle qui se dirigeait vers Gaza se composait de 7 navires transportant 10000 tonnes de fret. Une flottille déjà proche de la flotte par conséquent.
L'origine de cet engouement est aisé à trouver : dans les dépêches anglo-saxonnes, le mot “flotilla” est employé (avec un seul T). On comprend mieux !

mardi 1 juin 2010

La retraite d'Alain Minc

Alain Minc aime donner son avis, tant il est persuadé que l'avenir du monde et de la France dépendent de lui. Tout récemment, il a ainsi estimé que “nous devrions terminer [notre vie active] autour de 63 ans”. Pourquoi pas ?
En vérifiant la date de naissance de M. Minc sur Wikipedia, j'ai appris qu'il venait de fêter ses 61 ans. Pour ma part, je suggérerais au(x) Prince(s) qui nous gouvernent de fixer l'âge de départ à la retraite “autour de 61 ans”. En espérant que cela nous affranchirait désormais des “avis” d'Alain Minc.

Un peu, beaucoup, passionnément

Un tic de langage traverse nombre de déclarations de personnalités politiques. Il consiste à intercaler des “un peu” dans leurs petites phrases, une façon de ne pas complètement assumer leurs propos. Nous l'avions déjà noté à propos de Kouchner, qui avait dit que “le ridicule tue un peu” (voir ce billet).

La phrase-choc de Martine Aubry, comparant notre président à Madoff, n'échappe pas à la règle, trahissant sa conscience d'exagérer (même s'il y a de ça, ajouterons-nous). Voici la citation complète :
J'ai un peu l'impression que, quand Nicolas Sarkozy nous donne des leçons de maîtrise budgétaire, c'est un peu M. Madoff qui nous administre des cours de comptabilité.
Deux fois “un peu”, avec de surcroît un “j'ai l'impression”. Quand on y réfléchit bien, ces trois formules qui atténuent la comparaison auraient dû suffire à calmer les commentateurs.
Quant à Madoff et à la comptabilité, nous aurions plutôt tendance à considérer que cet escroc était, au contraire, expert en comptabilité pour avoir publié pendant des années des comptes officiels susceptibles de maquiller ses frasques. Et pas qu'un peu !