lundi 17 mai 2010

Tous les malheurs du Monde

Ça s'affole autour de l'euro. Même le quotidien Le Monde, qu'on croyait plus serein et mesuré, ne cesse de titrer sur une possible disparition de notre monnaie unique (…au Monde, ha, ha !) Serait-ce l'inconscient collectif qui manipule les plumes des éditorialistes ? À se demander. Paraît-il que 69% des Français seraient pour la fin de l'euro. Cela traduit une dramatique inconscience.

Que se passerait-il si l'on revenait au Franc ?
Tout d'abord, la vieille monnaie commencerait par se dévaluer brutalement, en particulier face au dollar, mais pas seulement. 10 à 15%. Autant d'augmentation de tous les produits importés, et plus encore des carburants. À la pompe, le litre d'essence aurait vite fait de dépasser les 11 (onze) francs. Ben oui.
Ensuite, si on retrouverait nos “chers francs”, les yeux mouillés par les larmes de l'émotion, on ne retrouverait évidemment pas les francs de 2000 ou 2002. Le temps ne s'est pas arrêté. On retrouverait certes des prix libellés en francs, mais convertis depuis l'actuel euro, tenant compte de l'inflation par définition. Donc, pas de café au bar à 5 francs, mais bien à 8 francs, et, en salle, à 15 francs. Pas la peine de multiplier les exemples, entre 2000 et 2010, on a observé entre 15 et 20% d'inflation – en moyenne.
Et ce n'est pas fini. Les “chers” marchés, toujours aussi inquiets de nature, auraient vite fait d'orienter à la hausse les taux de refinancement de notre dette. Déjà que ses intérêts représentent à peu près 50 milliards par an, l'addition pourrait aisément doubler. Pour situer les ordres de grandeur, les budget de l'Éducation et de la Défense représentent chacun environ 60 milliards, tandis que l'impôt sur le revenu rapporte un peu moins de 50 milliards (tous ces chiffres en euros !)
Il y aurait encore d'autres inconvénients à décliner (fuite des capitaux juste avant le retour au franc), mais c'est déjà pas mal, non ? Et qu'on ne dise pas qu'on se rattraperait en vendant mieux à l'extérieur (dévaluation compétitive), ce pseudo-avantage serait bien mince, mis en balance avec les inconvénients.

Alors réfléchissons bien avant de nous souhaiter tous les malheurs du Monde !

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