lundi 31 mai 2010

Tous pour l'euro !

Vendredi, dans la voiture, j'écoutais France Info. Surprise ! Je n'en croyais pas mes oreilles.
On disait (et je l'ai répercuté ici) que l'euro était rejeté par les Français, qu'ils ne seraient pas choqués de le perdre, que même le président de la République aurait (conditionnel) menacé Angela Merkel de le quitter si elle n'aidait pas l'euro, que nombre de personnalités politiques se réjouissaient des difficultés de l'euro.
Et là, sur France Info, j'entendais la France entière communier sur l'euro, le président de la République sauter dans un avion pour le défendre, bref, tout le monde s'enthousiasmer pour l'euro, l'euro, encore l'euro.
Super ! Inespéré !
Y'a juste un détail qui m'a échappé : pourquoi parlaient-ils tous de rallier l'euro en 2016, alors qu'on l'a déjà rejoint depuis l'an 2000 ? Là, j'avoue avoir eu un doute. Un doute qui s'est confirmé en voyant qu'on écrivait cet Euro avec une majuscule. Et une majuscule à la monnaie, aussi unique soit-elle, non, ce n'est pas dans nos habitudes…
Il reste à espérer que, quand l'Euro viendra en France, la France n'aura pas quitté… l'euro.
(Qui a dit que les majuscules ne servaient à rien ?)

vendredi 28 mai 2010

Retraites : la double peine

Après les élucubrations du 27 mai… des réflexions plus sérieuses, inspirées par l'article de Louis Chauvel dans Le Monde daté du 27 mai et intitulé “Le débat sur les retraites occulte celui sur l'horizon bouché de le jeunesse”.

La difficulté rencontrée sur la question de la retraite par répartition a trait au temps qui passe. Deux logiques s'affrontent :
1. Une logique considérant que les droits acquis durant la période d'activité justifient à eux seuls le niveau de la pension de retraite reçue. Elle ressemble à une logique d'assurances.
2. Une logique plus proche de la notion de répartition, mettant en balance le poids des cotisations des actifs et celui des pensions versées, et ce à un instant T.

Aujourd'hui, une grave rupture d'égalité s'est produite, sous l'influence de deux évolutions :
1. La baisse tendancielle des pensions : au fur et à mesure que les années passent, les nouveaux retraités bénéficient de retraites de plus en plus basses, surtout quand les retraités quittent la vie active avant d'avoir atteint le nombre de trimestres nécessaires à une retraite à taux plein (soit avant 65 ans).
2. La hausse tendancielle des cotisations des actifs, combinée à une baisse de leurs revenus nets, voire de leurs salaires bruts, auxquelles s'ajoutent les périodes de chômage et une entrée plus tardive dans la vie active.

Il en résulte que l'écart entre les deux générations – actifs et retraités – ne cesse de se creuser de façon dramatique. La génération qui, aujourd'hui, travaille, devra à la fois cotiser plus, gagner moins, avoir plus de difficulté à acheter un logement, et toucher une retraite minorée le moment venu. C'est la double peine.

Pour mieux le comprendre, illustrons cet exemple avec d'autres prestations sociales, celles de la santé.
Un cotisant en bonne santé aura versé ses cotisations afin de financer les prestations de ceux qui sont malades. Jusque-là, rien que de très normal. En revanche, les mesures de rognage des remboursements décidées au long des années font que ledit cotisant en bonne santé, quand il sera malade, bénéficiera de remboursements largement amoindris. Encore une rupture d'égalité, dans l'autre sens cette fois, ayant trait à la logique “assurances”.

C'est pourquoi les cris d'orfraie poussés par diverses personnalités quand on hasarde des mesures rétablissant un tant soit peu cette égalité des générations sont à écouter avec méfiance. Si l'on envisage de supprimer la déduction pour frais professionnels des retraités, ou leur taux préférentiel de CSG, c'est aussi pour redonner un peu d'oxygène aux actifs – que les retraités, bien souvent, doivent aider à survivre. C'est substituer une solidarité officielle à une solidarité privée fondée sur le bon vouloir des personnes et leurs moyens, autrement dit la charité à l'ancienne…

mardi 25 mai 2010

23 joueurs

Heureusement que Le Monde m'envoie des “dernières minutes” pour les informations importantes. Breaking News comme disent les Américains : “à tout casser”.

C'est vrai : passionné de foot, j'avais cru que les 23 joueurs en vacances à Tignes ne participeraient pas à la Coupe du monde, que c'était une diversion, et que 23 autres joueurs attendaient sagement dans un endroit tenu secret.

Donc, si j'ai bien compris, les 23 joueurs sont bien les 23 joueurs. Information capitale en effet !

lundi 17 mai 2010

Tous les malheurs du Monde

Ça s'affole autour de l'euro. Même le quotidien Le Monde, qu'on croyait plus serein et mesuré, ne cesse de titrer sur une possible disparition de notre monnaie unique (…au Monde, ha, ha !) Serait-ce l'inconscient collectif qui manipule les plumes des éditorialistes ? À se demander. Paraît-il que 69% des Français seraient pour la fin de l'euro. Cela traduit une dramatique inconscience.

Que se passerait-il si l'on revenait au Franc ?
Tout d'abord, la vieille monnaie commencerait par se dévaluer brutalement, en particulier face au dollar, mais pas seulement. 10 à 15%. Autant d'augmentation de tous les produits importés, et plus encore des carburants. À la pompe, le litre d'essence aurait vite fait de dépasser les 11 (onze) francs. Ben oui.
Ensuite, si on retrouverait nos “chers francs”, les yeux mouillés par les larmes de l'émotion, on ne retrouverait évidemment pas les francs de 2000 ou 2002. Le temps ne s'est pas arrêté. On retrouverait certes des prix libellés en francs, mais convertis depuis l'actuel euro, tenant compte de l'inflation par définition. Donc, pas de café au bar à 5 francs, mais bien à 8 francs, et, en salle, à 15 francs. Pas la peine de multiplier les exemples, entre 2000 et 2010, on a observé entre 15 et 20% d'inflation – en moyenne.
Et ce n'est pas fini. Les “chers” marchés, toujours aussi inquiets de nature, auraient vite fait d'orienter à la hausse les taux de refinancement de notre dette. Déjà que ses intérêts représentent à peu près 50 milliards par an, l'addition pourrait aisément doubler. Pour situer les ordres de grandeur, les budget de l'Éducation et de la Défense représentent chacun environ 60 milliards, tandis que l'impôt sur le revenu rapporte un peu moins de 50 milliards (tous ces chiffres en euros !)
Il y aurait encore d'autres inconvénients à décliner (fuite des capitaux juste avant le retour au franc), mais c'est déjà pas mal, non ? Et qu'on ne dise pas qu'on se rattraperait en vendant mieux à l'extérieur (dévaluation compétitive), ce pseudo-avantage serait bien mince, mis en balance avec les inconvénients.

Alors réfléchissons bien avant de nous souhaiter tous les malheurs du Monde !

samedi 1 mai 2010

Pour la scission !

On parle beaucoup de scissions, ces derniers jours. Certains rêveraient d'exclure la Grèce de l'euro, d'autres envisageraient d'ajouter un pays à l'Union Européenne en divisant la Belgique en deux parties.

De mon côté, je suis pour la scission.

Pour la scission de France Info.
Tandis que la coupe du monde de football approche, nous ne pourrons échapper à la création de deux radios d'info. France Info… informations, d'un côté et France Info Sports de l'autre. C'est le seul moyen de pouvoir encore être informés sur, au hasard, la Grèce, la Belgique, l'Europe, la réforme des retraites et autres thèmes secondaires, tandis qu'une radio se consacrerait 24 heures sur 24 aux sports, permettant aux passionnés d'être correctement informés des nouvelles importantes.

Quel agrément ce serait !
Finis les matchs en direct, que l'on n'ose pas interrompre par le bulletin d'information; finis les titres mettant en premier le match de la veille avant la crise grecque; finies les longues interviews de joueurs ou d'entraîneurs tournant en boucle sur le registre : “euh, oui… on va, euh… faire de notre mieux et euh… on verra donc si, euh, c'est dur, mais euh…” (répéter une dizaine de fois).

On peut toujours rêver !