dimanche 7 mars 2010

Fantômes littéraires

Magistral, merveilleusement réalisé, magnifiquement interprété, ce film ! Le titre, déjà, est parfait. THE GHOST-WRITER (en français, le “nègre littéraire”). Reconnaissons que la formule anglo-saxonne est autrement plus réussie : “écrivain fantôme” veut tout dire.
Quand Pierce Brosnan, ex-Premier ministre britannique, accueille Ewan McGregor, il lui demande :
– Hello, who are you ?
– Your ghost, s'entend-il répondre.
Voilà qui fait rêver : pour remettre d'aplomb le manuscrit des mémoires (memoirs en VO) de l'ancien premier ministre, le ghost se voit proposer 250000 dollars pour un mois de travail. Hé, hé !
Le film est aussi une illustration spectaculaire de la formule de Paul Auster choisie pour “mes” éditions AO : “Il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir des livres”. Quel pouvoir, en effet, que ce livre ! Il va entraîner toutes sortes de drames, de meurtres et de bouleversements, et même fournir la clé de l'énigme, cachée dans son texte.


Une actrice à ne pas oublier : la maison. Pas moyen de trouver le nom de l'architecte qui l'a conçue. Quel décor ! Ces vastes baies vitrées donnant sur la plage installent une ambiance de menace permanente, comme si McGregor était sans cesse exposé aux regards de tous… y compris quand il prend un bain.
L'ambiance est hitchcockienne à souhaits, jusque dans la musique du film, inspirée de celles de Bernard Herrmann (1911-1975), compositeur attitré du célèbre réalisateur. Le rythme du film est lent (il dure 2 heures 8 minutes), la violence est sous-jacente – et non exhibée. Pas de montage hystérique, ni d'effets 3D envahissants, ni d'exagérations, encore moins de ralentis ou de coups de feu. Bref, un film comme je les aime…

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