dimanche 21 février 2010

Tics de langage (suite)

Grâce à Franck Nouchi, chroniqueur au Monde, j'ai le plaisir d'ajouter un épisode au feuilleton des “tics” de langage.
J'ai envie de dire que le vocabulaire, c'est un sujet. Et un sujet incontournable. Au jour d'aujourd'hui, le monde des affaires impacte notre langage. C'est juste hallucinant ! Il faudra bien changer de logiciel si l'on veut rester gagnant-gagnant. Ah, la lecture du Monde : que du bonheur ! Ce quotidien est décidément très culte – que dis-je, cultissime.
À vous de repérer les 12 termes et expressions à la mode que contient ce paragraphe !
C'est juste assommant, comme le remarquait Franck Nouchi, au point de choisir cette formule pour le titre de sa chronique.

samedi 20 février 2010

Les perles du spam

Le spam nous apporte chaque jour une brassée d'humour et d'actes manqués. Quel bonheur !
J'ai a-do-ré ce message d'une entreprise de traduction qui proclame avoir “la volonté de bien traduire” et affiche sans vergogne un bandeau indiquant CLICKEZ-ICI.
“Ça begin mal !”, serait-on tenté de leur répondre…

Faire part de naissance

Eh oui : une nouvelle personne… morale vient de naître, les éditions AO – André Odemard sont désormais une SARL en bonne et due forme, hébergeant les activités d'édition et de conseil informatique de votre serviteur. L'incontournable “matricule” de la société est le numéro de RCS 520192121.

Le site des éditions AO évolue à cette occasion : une visite s'impose !
L'adresse ? www.ao-editions.com et en particulier les pages des actualités et des services.

Le CAC40 n'a qu'à bien se tenir : profits mirobolants, rémunérations astronomiques – que dis-je, stratosphériques –, retraites chapeau et couvre-chef, parachutes dorés ou même en platine, bling-bling assourdissant, stoque-options, rien ne vous sera épargné (oui, je sais, j'exagère, comme toujours, mais attention, il y a de ça !)

vendredi 19 février 2010

Juste diagnostic

Mon copain Daniel a publié sur son blog un billet quelque peu désabusé. Je dois dire que je partage son diagnostic lorsqu'il dit par exemple :
Les Français comprendront après coup qu'ils ont perdu leur France lorsqu'on arrêtera de leurs asséner quotidiennement des infos ponctuelles qui effacent le souvenir de celles de la veille.

[…] Certains s'émeuvent encore de la détresse d'autrui quant il sont plongés dans le malheur médiatisé et, pourquoi ne pas le dire, lointain [à propos d'Haïti].
Je suis pour ma part frappé de constater combien la détresse de nos concitoyens indiffère :
Mais chez nous, les chômeurs pullulent, arrivent en fin de droit, les travailleurs sans papiers, même parfaitement intégrés, sont mis dans des camps, les écarts de salaire se creusent, la protection des gens recule, le nombre des garde à vue explose, et tout le monde se retrouve seul à gérer ses problèmes au quotidien.
Il exagère peut-être, mais, franchement, il y a de ça !

Petit ajout à propos de René Belletto, auteur du slogan de ce blog : il sort dans les semaines qui viennent un nouveau roman, Hors la loi, que je suis impatient de lire. L'auteur, qui avait publié dans les années quatre-vingt un roman intitulé Le Revenant nous revient donc, c'est un événement !

mardi 16 février 2010

Coca forever

L'interview du président pour l'Europe de Coca-Cola Enterprises, Hubert Patricot, est un modèle de subtilité (Le Monde, supplément économie du 16 février). En voici un résumé.

Il se boit dans notre beau pays 1 milliard 700 millions de litres de Coca-Cola par an. Si l'on tient compte des (rares) Français qui n'en boivent pas (bébés, vieillards séniles et quelques hurluberlus dont l'auteur de ces lignes) et qu'on y ajoute les concurrents du soda, une moyenne d'un litre par personne et par semaine semble un ordre de grandeur vraisemblable.
Mais qu'on ne s'y trompe pas, “le marché hexagonal est encore sous-développé” (sic), dans un rapport de 1 à 2 comparé au Royaume-Uni par exemple (gageons qu'aux États-Unis la consommation doit être encore plus “développée”).
Quid des risques d'obésité ? “Nous avons déjà réduit de 15% le poids calorifique de nos produits” nous rassure le président. Et si nous avions un ultime regret, on nous rappelle en conclusion que Coca-Cola emploie 2700 salariés en France. À bon entendeur, salut ! Boire ou chômer, il faut choisir. En cas de chômage, cependant, il reste toujours la possibilité de s'accorder des “petits plaisirs abordables comme le Coca-Cola” (re-sic), le chiffre d'affaires de la firme ayant continué à progresser malgré (ou grâce à) la crise…

vendredi 5 février 2010

Tics de langage

La lecture de l'Openspace m'a tuer s'impose. Le livre est drôle, quoique d'un humour cruel, il décrit avec une précision d'entomologiste le monde de l'entreprise et détaille avec gourmandise les absurdités du jargon en vigueur, en particulier dans les secteurs du conseil et de l'informatique. J'y reviendrai peut-être dans un prochain billet…


Le courriel reçu d'Orange ce matin y fait écho. Vantant une lettre d'information, il accumule les poncifs et termes ronflants tels que “entreprise 2.0”, “nomadisme”, “résilience” (technique !), “focus” et autres tics de langage. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard, ce bimensuel s'intitule mediaTICnews et est destiné aux “acteurs des TIC”. Flatté de l'honneur qui m'est fait, à moi, acteur majeur des tics, j'ai consulté quelques-uns des articles indiqués.

L'article sur le nomadisme est révélateur du vocabulaire employé. On y trouve par exemple “le paramètre criticité”, le conseil de ne pas “transformer la problématique métier en débat d'experts”, une “population au combien disparate” (ô combien). On y apprend que l'utilisateur nomade “possède au minimum un laptop très généralement couplé à un smartphone évolué”, qu'il est “en situation d'hyperconnectivité” au travers de nombreux “canaux d'interco”. Utilisant souvent des “guest access”, il se situe dans “la problématique des équipements trusted/untrusted”. Parmi les mesures à prendre, on note avec intérêt la “granularité en terme applicatif”, le “shared folder/repository”, sans oublier de préserver “l'applicatif patrimonial”. Le nomade présente des dangers car, je cite encore : “il ne maitrise pas ni les équipements, ni les logiciels qui lui sont fournis”. Last but not least (ben oui, moi aussi je connais des mots d'anglais) un internaute a laissé un commentaire qui fournit de précieux conseils, comme de s'assurer que “tout ceci [soit] finement accolé à une approche sans doute NAC*”.

Comme quoi les TIC sont des techniques simples lorsqu'elles sont si clairement “décryptées” par des experts !

* Selon Wikipédia, NAC peut signifier Nouveaux Animaux de Compagnie, être le sigle d'un club de football néerlandais, de Nanjing Automobile Group ou de Network Access Control. À vous de choisir la définition adéquate.