dimanche 3 janvier 2010

1137

Voici ce que l'on pouvait lire sur le web à propos de la Saint-Sylvestre :

M. Hortefeux est donc satisfait, le rituel du Nouvel an a battu son plein. Il aurait été décevant, en effet, qu'aucune voiture ne fût brûlée cette nuit-là.

Au-delà de la plaisanterie, la satisfaction du ministre résulterait du fait qu'il y aurait eu 10 voitures brûlées de moins. 1% de diminution, soit certainement la marge d'erreur du comptage.  S'il y avait eu 10 voitures brûlées en plus, le ministre de l'Intérieur aurait-il été désespéré ?

Cette obsession statistique est infantile et ridicule. Elle ne signifie rien. Rien d'autre en tout cas que la persistance de ce concours annuel, preuve du dévoiement de notre société. Sommes-nous tombés bien bas pour en arriver à juger positivement le fait que plus d'un millier de véhicules aient été brûlés sans raison ? En outre, le simple fait de comptabiliser de la sorte ces incendies suffit à inciter les auteurs à recommencer, ne serait-ce que pour qu'une augmentation soit observée. Le site d'Europe 1 écrit à propos de Strasbourg qu'il s'agit d'une “ville traditionnellement touchée”. Traditionnellement. On a les traditions que l'on mérite !

L'objectif du ministre pour 2010 sera certainement de passer de 1137 à 1127 voitures brûlées le 31 décembre 2010 au soir. Ah, le miracle et l'efficacité des objectifs chiffrés ! Voilà qui est moderne et efficace. Bonne année !

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