mercredi 9 décembre 2009

Woerth le justicier

Le grotesque le dispute à l'obscène. Lors du débat sur la fiscalisation des indemnités d'accidents du travail, au Sénat, voici comment Éric Woerth a argumenté (sic, confer article du Monde) :
Le trader qui au volant de sa Porsche se casse un doigt de pied parce qu'il a un accident de trajet sera arrêté pendant trois semaines et ne va pas payer d'impôt sur le revenu…
a-t-il observé, au cas où sa loi ne serait pas votée. Le Chevalier de la Justice Fiscale part à l'assaut des citadelles des traders. Ce n'était pas la peine de gravir l'aiguille de la République cet été, monsieur le ministre, pour fouler aux pieds les valeurs de notre République une fois de retour dans la vallée…

Dans Marianne, cependant, Edwy Plenel publie une tribune intitulée “l'amendement ignoble”. Voilà qui tranche avec l'entrefilet discret dans la presse gratuite reproduit ci-contre. Il s'indigne avec raison :
On ne pouvait imaginer symbole plus explicite d'une politique de violence sociale […] [L'amendement] exprime, comme un lapsus bavard, le cauchemar d'un capitalisme sans freins, mangeur d'hommes et de richesses, saccageant l'humanité et la nature.

Dans le tourbillon médiatique, ces quelques mots disparaîtront à la faveur de l'information suivante. On efface tout et on continue…

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