jeudi 10 décembre 2009

Une foi(s) n'est pas coutume

Une “tribune” du président de la République a été publiée en première page du Monde daté du 9 décembre, anniversaire de la loi de séparation Église(s)-État, rappelons-le.

La faute de français (au sens de “langue française”) commise par l'auteur est à trouver dans la conjugaison. Quand le président de la République écrit “respecter ceux qui arrivent / ceux qui accueillent”, il commet l'erreur d'employer le présent. Mieux aurait valu écrire “ceux qui sont arrivés” quitte à préciser “pas toujours légalement, parfois contraints”, et écrire “ceux qui ont accueilli” en précisant “le plus souvent très mal”. Ainsi les choses seraient plus claires. La confusion entre le passé et le présent est trop fréquente dans notre société qui néglige l'enseignement de l'Histoire, du Temps qui a passé, qui passe et passera, qui n'est pas qu'une instantanéité du présent.

Sinon, une fois n'est pas coutume, reconnaissons que le dernier paragraphe de la tribune ne peut que recueillir l'assentiment du blogueur, pourtant volontiers irascible à l'endroit dudit président :
Chrétien, juif ou musulman, homme de foi, quelle que soit sa foi, croyant, quelle que soit sa croyance, chacun doit savoir se garder de toute ostentation et de toute provocation et, conscient de la chance qu'il a de vivre sur une terre de liberté, doit pratiquer son culte avec l'humble discrétion qui témoigne non de la tiédeur de ses convictions mais du respect fraternel qu'il éprouve vis-à-vis de celui qui ne pense pas comme lui, avec lequel il veut vivre.
Il reste à espérer (1) que le président pense ce qu'il écrit (2) qu'il a écrit ce texte lui-même, ce qui n'est pas sûr, et en tire des conclusions cohérentes et non contradictoires comme il en a la détestable habitude.

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