mardi 24 novembre 2009

Madame Sarkozy

Madame Sarkozy vient de déclarer aux médias que “globalement” elle était ”totalement contre toute censure”. Nous voilà rassurés en dépit de l'adverbe ”globalement” qui rappelle un peu trop le “bilan globalement positif” des Démocraties populaires, dixit Marchais.

C'est l'excellent Daniel Schneidermann (Libé d'hier) qui évoque une autre Madame Sarkozy, ce en quoi je suis assez d'accord avec lui (au point de l'avoir évoqué dans ce blog le 6 mars 2008). Qui imite Sarkozy en adoptant le “parler cash” ? Qui cède au people, “ouvrant à Match les portes de sa chambre d'hôtel, jetant bas les garde-fous entre vie publique et vie privée, s'autorisant des pétages de plomb esthétiques, accordant une confiance absolue à ses intuitions et ses aspirations, volant d'une transgression à l'autre” ?
Non, il ne s'agit pas de Carla, mais de Ségo. Schneidermann pronostique non pas un cas de “psychiatrie lourde” (Peillon, pas fair-play) mais que Ségo “mime depuis longtemps, consciemment ou non, le comportement sarkozyste”.

samedi 21 novembre 2009

Tricheur !


Les hasards de l'actualité sont riches en symboles. Ainsi cette équipe de France qui se qualifie au moyen d'une “main” tricheuse… Mais ce ne sont que babioles en comparaison des tricheries de notre directeur-général.
  • Il triche en ne respectant pas la règle des règles, la Loi suprême : la Constitution. Inutile de s'appesantir, le gouvernement fantôme (son cabinet), le choix des lois à voter, l'influence sur la Justice, j'en passe et des meilleures.
  • Il triche en prétendant être l'arbitre de nos institutions alors qu'en réalité il joue lui-même les matchs, non sans avoir neutralisé au préalable les autres joueurs.
  • Il triche en prétendant recruter des ministres d'ouverture alors que ce ne sont que des traîtres ambitieux qui abandonnent leurs convictions une fois nommés.
  • Il triche en tentant de pistonner son fiston à un poste pour lequel il n'était pas qualifié.
  • Il triche en disant le contraire de ce qu'il fait dans les médias, inversant la formule de Lionel Jospin : “je ne dis pas ce que je vais faire et je ne fais pas ce que je dis”.
  • Il triche en s'appropriant des symboles de notre Histoire à bon compte.
  • Il triche en prétendant renoncer à des hypocrisies (la nomination des présidents des chaînes de TV) alors qu'au contraire il institutionnalise des pratiques honteuses.
Et il lui sera aisé de se qualifier pour la Coupe de France des directeurs-généraux, en 2012. Exactement comme les Bleus. En France, nous n'avons même plus d'arbitre – ah si, quand même : les électeurs. Espérons qu'ils seront assez lucide pour repérer ces “fautes” et, surtout, siffler la fin de l'odieuse partie commencée en 2007…

J'arrête là : on va dire que j'exagère !

Allez, pour vous remettre, écoutez donc Charlotte Gainsbourg, en  particulier sa version de Just Like A Woman. Elle au moins, elle ne triche pas !


Find more music like this on Charlotte Gainsbourg

vendredi 20 novembre 2009

La colère des imbéciles

La chronique de Jean-Claude Guillebaud est la seule page du Nouvel Obs Télé Ciné que je lise régulièrement car elle nous aide à réfléchir – une activité indispensable. Dans le dernier numéro, Guillebaud parle du Web et des commentaires parfois sans nuances qu'il compile. J'ai pensé à mes coups de gueules, forcément exagérés par définition, même s'il y a de ça. Le titre est sans ambigüité : La colère des imbéciles. Guillebaud ne diabolise pas Internet, il s'interroge seulement sur les risques d'aplatissement des statuts et des paroles, conduisant à mettre sur le même plan analyses lucides et diatribes haineuses, en raison notamment de la spontanéité permise par le Web 2.0 (collaboratif).

De quoi réfléchir à ma rubrique “humeurs” !

En essayant de trouver une version web de la chronique précitée sur le site du Nouvel Obs, j'ai appris que la régie publicitaire de la RATP venait d'interdire l'affiche reproduite ci-contre. S'agit-il de la colère des imbéciles ou de la conjuration des imbéciles ? Je vous laisse juge, ne voulant pas céder à ma colère… imbécile !

Enfants prodiges ?

Le blog de JCFrog, que je consulte régulièrement pour l'intérêt de ses découvertes, a récemment présenté une vidéo d'une sorte d'enfant prodige, Tommy Laban, capable à 11-12 ans d'interpréter Roxanne du groupe Police non seulement en chantant mais aussi en jouant de tous les instruments, à la manière d'un Paul McCartney : guitare, basse et batterie.

La vidéo force l'admiration, visionnez-là, c'est touchant et impressionnant à la fois.

Certains commentateurs du blog émettent des doutes, nous aidant à réfléchir en se posant la question suivante : s'agit-il d'un gamin qui aime vraiment la musique de Police… ou bien s'est-il laissé manipuler par ses parents, trop fiers de se tailler un franc succès sur le Web grâce à leur rejeton ? On pense au cas emblématique du petit Jordy, ou encore de ce groupe vocal de gamins des années 70, les Poppys. Dans les deux cas d'ailleurs, les droits de ces jeunes artistes ont été confisqués par des adultes profitant de leur jeunesse, et des procès en ont résulté. À des âges aussi précoces, il est vrai, la distinction entre “faire plaisir aux parents” et “faire ce qu' l'on aime au fond de soi” ne va pas toujours… de soi !

[Je n'ai pas réussi à en savoir plus sur ce Tommy Laban. Si vous avez des infos, n'hésitez pas à les transmettre par un commentaire.]

Identité et appartenances

Dans son numéro d'hier, Libération avait convié une soixantaine de philosophes à évoquer la question de l'identité nationale. Parmi eux, Michel Serres s'est attaché aux mots et à leur sens, d'une façon qui m'a parue instructive. Il distingue en effet d'un côté l'identité et de l'autre les appartenances (au pluriel).

Lorsqu'il affirme que “confondre l'identité et l'appartenance est une faute de logique”, il s'appuie sur le sens quasi mathématique des mots. L'identité nous définit tout entier et de façon exclusive. L'une des acceptions d'identité est “égalité”, non au sens républicain du terme, mais au sens de “est égal à”. Si l'on ne se définit que par l'identité, on s'enferme dans une définition unique alors que nous sommes par essence “multiples”. L'identité concerne le “je” (moi) tandis que “les” appartenances sont plurielles. La théorie des ensembles illustre parfaitement cela : il y a par exemple l'ensemble des Français, l'ensemble des chrétiens, l'ensemble des bretons, l'ensemble des fumeurs, celui des non-fumeurs, etc.

Les maths utilisent d'ailleurs un symbole différent pour désigner l'appartenance : soit x appartient à l'ensemble A (ci-dessus à gauche), qui n'a rien à voir avec x = A.

Si l'on confond l'identité et une appartenance, on s'enferme dans une définition réductrice et la folie nous guette. Si l'on n'est que français, on devient vite nationaliste et agressif (les guerres l'ont démontré). Si l'on n'est que breton, on devient régionaliste avec les excès que l'on connaît. Si l'on n'est que supporter du PSG, on devient rapidement un crétin avec ses banderoles insultantes. Si l'on n'est que chrétien, on voudra interdire à tout le monde l'avortement, la contraception et inscrire dans la loi l'obligation d'assister à la messe le dimanche…

C'est ce que Éric Dupin appelait dans un ouvrage “l'hystérie identitaire”. C'est aussi ce que relevait Alain-Gérard Slama dans son livre La Société d'indifférence (évoqué dans un article de ce blog du 13 avril dernier) :
La notion d’identité est totalitaire : elle enferme le sujet dans une appartenance, une religion, une différence qui le totalisent, qui prétendent le définir tout entier et dont il doit à tout instant répondre.
“Réduire quelqu'un à une seule de ses appartenances peut le condamner à la persécution” estime Michel Serres. Je dirais même plus : cela le condamne non seulement à être persécuté mais à persécuter les autres qui, par définition, ne sont pas de son identité et enfin à se persécuter lui-même en se rendant en quelque sorte imperméable à d'autres appartenances, enfermé dans sa solitude. Éric Dupin, à propos de son livre précité, le résume bien :
Or l’individu seul face à lui-même, lié aux autres seulement par l’argent et le marché, se trouve sérieusement en manque. La quête identitaire, plus ou moins artificielle, vise précisément à combler cette solitude. Pour retrouver une certaine harmonie, il vaudrait mieux que l’individu se réinvestisse plus dans la société – comme citoyen par exemple – ce qui lui permettrait de relativiser ses appartenances identitaires.
L'hystérie identitaire résulte en effet de la quasi-schizophrénie que constitue la confusion appartenance/identité : on peut devenir fou si l'on doit être à la fois défini tout entier par plusieurs appartenances… identitaires. Eh oui : l'être humain est multiple, c'est ce qui fait sa richesse. Ne nous laissons donc jamais définir par une seule identité, fût-elle nationale.

mercredi 18 novembre 2009

En quête d'orange

Orange m'a envoyé ce message (non, ce n'est pas un psychanalyste qui est représenté à droite) :


Dommage ! Mais l'annonce était exacte : cela ne m'a pas pris beaucoup de temps. Moins de 30 secondes, promesse tenue.

Information intéressante : le technicien, très compétent, que j'ai eu au bout du fil pour ce dépannage, m'a précisé à mots couverts que de telles enquêtes servaient à les noter en fonction des réponses des clients. On déplorera, une fois encore, que des entreprises telles qu'Orange ne soient même pas fichues d'assumer leurs défaillances, les reportant sur les êtres humains, comme si la faute devait leur être imputée personnellement – et non à l'entreprise dans sa globalité, qui est, en réalité, responsable de leur éventuelle mauvaise formation. On comprend encore mieux le désarroi des salariés : nombre d'entre eux sont envoyés au casse-pipe… puis morigénés pour leurs difficultés.

S'il fallait avoir un exemple concret de la nouvelle organisation du travail déplorée ici ou là, en voici un. Isoler les salariés dans leur culpabilité et dans la peur d'être sanctionnés, voilà des méthodes hautement répréhensibles.

mardi 17 novembre 2009

Big Brother est ton ami

Quand on évoque l'éventualité d'une dictature écologiste, votre interlocuteur trouve que vous “exagérez”. Comme la vocation de ce blog est, entre autres choses, d'exagérer (à bon escient s'entend), voici un exemple tout frais.

Aux Pays-Bas, un projet, baptisé avec un bon goût admirable, “Big Brother” (ci-contre, G. Orwell) prévoit de pister au GPS tous les automobilistes afin de les taxer au kilomètre parcouru. Le porte-parole du gouvernement promet que la facture ne détaillera pas les itinéraires, se contentant des kilomètres. La facture, certes, mais quid des ordinateurs qui auront enregistré les données ?

L'article du Monde indique que “seuls les populistes et les ultra-libéraux osent se montrer critiques”. Eh ben merde, alors ! Moi qui me croyais ni l'un ni l'autre, voilà qu'on me “classifie” à mon insu. Cette affaire est l'illustration exemplaire de la dérive écologiste. Car si vraiment il ne s'agissait que de taxer au kilomètre, il suffirait de placer des compteurs plombés (ou équivalents) dans les voitures et de les relever chaque année.

Mais non. On préfère installer une surveillance des déplacements. Il me semblait que la liberté d'aller et venir figurait parmi les libertés fondamentales. Trop simple, peut-être, pour être désormais garantie. À quand une taxation des litres d'air inspirés, ou, mieux, des caméras de vidéo-surveillance dans les chiottes pour vérifier qu'on ne consomme ni trop de papier-cul, ni trop d'eau de chasse (d'eau) ?

J'exagère ? Eh oui, encore une fois. Mais il y a de ça, non ? Imaginez les tentations des gouvernements autoritaires, comme celui de notre directeur-général, face à une telle base de données. Les exceptions pleuvraient pour autoriser la lecture des lieux fréquentés par les automobilistes, évidemment !

dimanche 15 novembre 2009

Royal caprice

C'est l'histoire d'un pauvre gars, Vincent, qui avait eu l'idée – folle ! – d'organiser un rassemblement de copains pour discuter politique et essayer de diffuser des idées. Seulement, il avait oublié d'inviter sa cousine, la grande pimbêche. Et la voilà qui rapplique tandis que les projecteurs se braquent sur elle. Très en colère, elle tape du pied, pousse une gueulante, se dit “chez elle quand même” et, pointant un doigt grondeur sur le petit Vincent, le prévient charitablement : “Que ça ne se reproduise pas, vilain !”

Le petit Vincent ne comprend pas ce qui se passe, se rappelant qu'elle n'avait pas voulu venir à un rassemblement à Marseille, quelques mois plus tôt, auquel elle avait pourtant été invitée.

Voilà comment une tentative de dialogue entre des rouges (décrépis), des roses (pâles), des verts (pomme) et des oranges (pas mûrs) se termine en scène de Guignol. Au moins n'aura-t-on pas évoqué le fond. Une réussite !

Addendum du 17 novembre
Remarque pertinente de Peillon (Libé) :
C'est tout le problème de ce qu'est le ségolénisme en France. Le vrai débat public […] est effacé par quelque chose qui est de l'ordre de la pipolisation.
Pipolisation, médias, ça ne vous rappelle pas un certain Nicolas ?

Addendum du 18 novembre
Ségolène Royal “licencie” Vincent Peillon. La fatalité de la personnalisation de notre vie politique tout entière axée sur l'élection du directeur-général de la République, est à l'œuvre. Une sorte de fascination pour le désastre, tel le vertige qui attire ses proies dans la chute, s'est emparée de la royale ségo. Une fois qu'elle aura licencié tous ses partisans, l'intégralité du PS, que sais-je encore, elle sera seule, drapée dans sa fierté victimaire. Et alors ?

Pour ma part, je ne souhaite qu'une chose : qu'elle ne soit pas réélue à la tête de “sa” région et qu'on en soit débarrassés, enfin, et qu'une chance soit offerte à un candidat de gauche de qualité pour 2012. Mais là, je rêve !

vendredi 13 novembre 2009

Une France monstrueuse ?


Extrait de Libération de ce vendredi 13
Plusieurs centaines de “niches” encombrent notre système fiscal. En supprimer est un objectif salutaire. Or à laquelle s'attaque-t-on en priorité ? À celle dont bénéficient les victimes d'accidents du travail. Pour un sarkozysme qui se veut protecteur des victimes et défenseur des valeurs du travail, voilà un “signal symbolique fort” adressé au pays.


Eric Woerth qualifie cette initiative de “juste et courageuse”. Il en faut, en effet, du courage pour s'attaquer aux plus faibles, aux accidentés de la vie…
  • surtout en plein débat sur le stress au travail et le harcèlement moral,
  • surtout après la vague de suicides à France-Télécom,
  • surtout au moment où s'engage un débat sur les valeurs qui fondent notre identité nationale,
  • surtout, ajouterons-nous, en pleine “journée de la gentillesse”.
N'y a-t-il pas quelque chose de monstrueux dans cet implacable cynisme, ainsi que le relevait Marie NDiaye ?

Cette fois, ce n'est pas l'auteur de ces lignes qui exagère. Car s'il existe un devoir de réserve, il en existe un autre, encore plus impérieux : le devoir d'indignation – exerçons-le sans relâche.

Éléments complémentaires
Extrait de la définition du mot “Monstre” dans le dictionnaire Le Robert : “Personne effrayante par son caractère, son comportement, spécialement sa méchanceté”.

L'équité consisterait-elle à additionner les injustices ? C'est probablement la différence entre l'équité et l'égalité.
La mesure de l'UMP est censée rapporter 150 millions d'euros. La défiscalisation des heures supplémentaires en coûte 4 milliards. Les études réalisées par la Sécurité sociale démontrent que la multiplication des heures supplémentaires engendre une augmentation des accidents du travail.
Patrick Roger dans Le Monde

Ajout du 14 novembre : consultation du site du Monde


Ah, le choc des publicités ! Les commentaires outrés ajoutés par les internautes méritent une lecture (lien vers l'article). NB : et une coquille sur le mot “accidentes” sans “é”.

Celui de Gipsy2, par exemple : “C'est sûr que les victimes d'AT sont des privilégiés. Pour mon cas 1 mois et demi de coma, paralysée pendant des mois, rééducation 6 jours sur 7 que je dois continuer moins souvent mais sans arrêter, traitement obligatoire et à vie que j'aurais aimé arrêter, mais que je ne peux pas, radios, examens selon mon état. En ce moment je n'ai rien d'autre que le traitement et je ne suis pas remboursée intégralement : TOUS LES JOURS JE PAIE POUR AVOIR ETE VICTIME.”

Ou le commentaire d'Yvette M. : “Quelle ignominie! De la part d'un gouvernement qui vote un bouclier fiscal pour les nantis et taxe les victimes d'accidents du travail. Si on taxait l'injustice les caisses de l'UMP seraient vides. Ont-ils rayé "égalité" et "fraternité" de la devise de la République? Regardez-vous bien dans une glace mesdames et messieurs les députés qui avez voté cette loi "monstrueuse"”

Et enfin celui de Jean : “L'UMP a choisi la journée mondiale de la gentillesse et, qui plus est, un vendredi 13 qui, comme chacun sait, porte chance, pour faire ce cadeau fiscal aux accidentés du travail ! La droite décomplexée et fière d'elle même depuis le Fouquets !”

Je suis cependant d'accord avec la remarque de Bigstop : “Il serait temps de supprimer toutes les exceptions et toutes les niches qui compliquent notre droit fiscal et mettent à mal le principe d’égalité devant l’impôt. Pourquoi celle-ci plutôt qu’une autre ? Il faut tout remettre à plat. Tout le monde doit être imposé suivant les mêmes règles. Si la fiscalité doit baisser, elle doit baisser pour tout le monde dans les mêmes proportions et vice-versa. Je suis convaincu que nous gagnerions en efficacité avec un système plus lisible.”

Mais, bien entendu, il faudrait une réforme globale, seule susceptible de rétablir l'égalité.

jeudi 12 novembre 2009

On n'arrête pas Le Progrès (de Lyon)

Ah, les coquilles, bugs et autres erreurs informatiques… Elles produisent d'amusants carambolages comme celui-ci, à la Une du Progrès de Lyon daté du 11 novembre.


Bigre ! Qu'allait donc faire le “couple de l'exécutif” le 16 novembre à Berlin ? Qu'ont-ils adopté de jour-là ? Une nouvelle loi ?

mercredi 11 novembre 2009

Pourquoi ?

Tous les enfants sont passés par là, vous et moi y compris, je veux parler de la période des “Pourquoi ?”
Aujourd'hui, grâce à l'innocence (?) des algorithmes de Google, il est possible de savoir sur quoi s'interrogent le plus fréquemment les internautes.

Vertige métaphysique ! Il semble donc que les internautes francophones se demandent en priorité pourquoi les musulmans ne mangent pas de porc, puis les raisons de la salinité de la mer et de la couleur bleue du ciel, ce qui est plus romantique.

Côté réponses, c'est sur “Pourquoi vivre” que le World Wide Web est le plus disert, avec un score de près de 12 millions, suivi de “Pourquoi pas”, une sorte de réponse à la question précédente qui ne manque pas d'humour !
En dernière ligne, avec tout de même plus de 6 millions de réponses, une question d'actualité : “Pourquoi travailler ?” J'ai la réponse, car je vis en France, la patrie dont Nicolas Sarkozy est le directeur-général et qui s'interroge sur son identité nationale : pour gagner plus, bien sûr !

Nos amis anglophones sont plus terre à terre si je puis dire. Voici ce que donne la requête “Why” sur le Google américain :


La couleur du ciel et celle de la peau de feu Michael Jackson sont les deux seuls points communs avec le pourquoi francophone. Le reste est plus “pipi-caca” avec l'étrange question “pourquoi ma merde est-elle verte”, qui laisse perplexe, moult interrogations sur les chiens (qui mangent de l'herbe ou leurs déjections), les chats (pourquoi ronronnent-ils, c'est une question fondamentale en effet) sans oublier la question philosophique essentielle : pourquoi les hommes ont-ils des mamelons (nipples).

De quoi être tenté de tester d'autres idiomes, comme l'espagnol :


Décidément ! Le ciel et la mer sont toujours au programme (salada signifie en effet salée et non salade), ainsi que le regretté Michael Jackson. On appréciera le romantique “Porque te quiero” (pourquoi je t'aime) . Nos amis hispanophones se distinguent en revanche avec les moustiques (mosquitos) et s'interrogent sur les rapports hommes-femmes, le classique (repris dans moult livres) “Pourquoi les hommes n'écoutent pas et que les femmes ne comprennent pas les cartes (géographiques, hein, pas “à jouer”).

Nous conclurons avec l'humoristique “Porque por que”, qui reçoit le prix de la requête.

lundi 9 novembre 2009

L'idéal de l'homme-marchandise

Serge Portelli est vice-président au Tribunal de Paris, président de la 12e chambre correctionnelle. Il est aussi essayiste. Dans “Le sarkozysme sans Sarkozy”, c'est en procureur qu'il dresse un véritable réquisitoire.
Le titre peut étonner, tant Sarkozy est présent à chaque page du livre. La thèse de l'auteur l'explicite : l'idéologie sous-jacente du sarkozysme, à ses yeux, dépasserait largement l'homme et… survivrait à son quinquennat. Bon…


La place nous manque pour rendre compte dans le détail de ce livre sévère. Nous mettrons l'accent sur la conception de l'homme qui résulte des gesticulations sarkozystes…

Travailler plus pour penser moins
À force de privilégier l'action, il est devenu impossible de penser. Le slogan du sarkozysme ressemble plutôt à “Travailler plus pour penser moins.” (p. 21), confirmé par une sortie maladroite de Christine Lagarde à l’Assemblée en juillet 2007 : “Mais c’est une vieille habitude nationale : la France est un pays qui pense. C’est pourquoi j’aimerais vous dire : assez pensé maintenant, retroussons nos manches.”

Une véritable haine de la pensée est distillée insidieusement : “La réflexion, qui permet d’appréhender un minimum la complexité de l’individu, est toujours évoquée comme une perte de temps, une soumission, une défaite du politique.” (p. 59) L'omniprésence médiatique de l'hyper-président a une raison évidente : “Le sens profond de ces excentricités est de réduire la pensée politique à de simples vignettes autocollantes, laisser croire que toutes les idéologies se valent, que les hommes sont interchangeables, que seule l’action compte.” (p.90)

Il nous reste à tenir bon : “Il faut s’habituer à cette occupation incessante de l’espace et du temps et savoir s’extraire à toutes forces de ce maelström fou qui interdit de penser.” (p. 8)


Et l'homme, dans tout ça ?
À propos des services publics, Portelli observe que “Le sacrifice donc, comme toujours, porte sur la composante humaine.” (p.77) Un phénomène général, souvent évoqué dans ce blog. C'est un fait, “L’humanité, c’est vrai, devient un luxe.” (p. 59)

Le plus grave, c'est que de tels errements se diffusent dans la société tout entière : “Si tout est possible avec le sarkozysme, rien n’est hélas impossible. Il ouvre la voie au pire, en installant des réflexes, des habitudes de pensée” (p. 192), ne serait-ce que par l'exemple qu'il donne :  “Triste modèle d’homme d’État que ce modèle de l’ubris que nous donne Nicolas Sarkozy. […] Ses gestes, son vocabulaire, son attitude deviennent non seulement une possibilité, mais, pour beaucoup, un exemple. Ses colères, son autoritarisme vont migrer dans l’ensemble de la société.” (p. 153)

Un exemple vite imité par les entreprises : “Il se trouve […] aux côtés d’hommes raisonnables, d’innombrables chefs, petits ou grands, persuadés que la férocité avec laquelle ils transmettent les ordres les plus absurdes les protégera de l’arbitraire du pouvoir dont ils les reçoivent.” (p. 233)

Mais de quel homme s'agit-il, en définitive ?
Avant tout chose, de l'étalon-fric – et malheur aux pauvres ! “Si l’homme riche, celui qui réussit, est le nouveau héros du sarkozysme, l’homme pauvre, le perdant, en est le paria. Non seulement il n’a pas de Rolex, mais il demande qu’on l’aide. […] Le sarkozysme est profondément inégalitaire, sans pitié pour les plus faibles, ceux qui n’ont pas réussi.” (p. 80)

Et si l'on dénonce les excès du président, il clame qu'il se contente de mettre fin à l'hypocrisie, mais sans bien sûr changer sur le fond : “Tous les progrès récents de la démocratie consistent, il est vrai, à passer de l’hypocrisie au cynisme.” (p.118)

Où se trouve l'explication finale ? Dans la notion de “marchandise” : “Ce modèle est celui de l’homme-marchandise : il se lève tôt pour travailler plus, être encore plus performant, plus rentable. Il veut gagner plus et consommer correctement. Obéissant, il ne perd pas son temps à contester ou à faire grève.” (p. 251)

Sordide lapsus
Un sordide lapsus révélateur avait d'ailleurs conduit le candidat à la présidentielle, dans son discours du 9 novembre 2006 à Saint-Étienne, à dire ceci : “Mais je suis également un humaniste au sens où je crois […] que l’homme a une destinée […] qu’on ne fait pas n’importe quoi avec l’homme qui n’est pas une marchandise comme les autres.” Ça vous paraît hénaurme ? La vidéo est en ligne sur dailymotion.

Portelli confirme : “On comprend mieux tout l’intérêt de l’homme-marchandise. Il se tait. Penché sur son ouvrage, attelé à sa tâche, il ne dit rien, il ne proteste jamais. Même le dimanche […] il se rend au supermarché pour pouvoir sans relâche consommer. […] La liberté n’est pas sa préoccupation. Son bonheur, il le trouve ailleurs.” (p. 253)


Vous trouvez que Serge Portelli exagère ?
 Il y a pourtant de ça. Et si nous ne nous en rendons pas compte, c'est que nous sommes comme la Grenouille ébouillantée :
“Une métaphore résume la façon dont les Français vivent le sarkozysme : plongée d’un coup dans une casserole d’eau bouillante, la grenouille tente de se débattre et de s’enfuir ; plongée dans de l’eau tiède dont la température monte lentement, elle s’engourdit et meurt sans presque s’en rendre compte.” (p. 249)

Ce tableau peut sembler outrancier. La lecture d'un livre permet de réfléchir lentement, de se faire une opinion à l'écart des turbulences médiatiques. Force est de reconnaître que le constat de Serge Portelli est pertinent – et rejoint d'ailleurs celui d'un Bayrou dans son récent essai, malheureusement occulté par la campagne des élections européennes. Il n'y a pas à dire : si nous ne sommes pas encore ébouillantés, au moins sommes-nous d'ores et déjà anesthésiés…

vendredi 6 novembre 2009

Dernier entrant

Petites réflexions toutes simples

Épisode 1
Votre téléphone mobile sonne, vous répondez et entamez une conversation.
Quelques secondes plus tard, c'est au tour du téléphone fixe de sonner.
Que faites-vous ?
Réponse à 95% : je mets en attente le correspondant du mobile et je réponds sur le fixe.

Épisode 2
Vous recevez quelqu'un dans un bureau et discutez de choses importantes.
On frappe à la porte.
Que faites-vous ?
Si l'on en croit l'épisode 1, vous virez comme un malpropre celui (ou celle) avec qui vous êtes en train de discuter et vous recevez immédiatement la personne qui vient de frapper à la porte.

Le dernier entrant a toujours priorité. Normal ?

Êtes-vous sûr(e) ? Oui - Non - Annuler

jeudi 5 novembre 2009

Paul McCartney : Highway

Voilà qui fait plaisir à voir et à entendre. De quoi avoir la pêche pour la journée.


Hein ? N'a-t-il pas la pêche, notre cher Paul, à plus de 67 ans ? Ce Highway live témoigne d'une highway life (Ha, Ha !)

dimanche 1 novembre 2009

Je suis riche !

On parle souvent d'inflation ces temps-ci, qu'elle pourrait nous aider à dévaluer nos dettes par exemple. Attention cependant : quand elle s'emballe, ça peut faire mal !


Ce billet de 100 millions de marks allemands datant des années vingt…


…et ce billet à la valeur faciale fantasmagorique de 5 milliards de marks, montrent que l'hyper-inflation est encore plus dangereuse que l'hyper-présidence. C'est peu dire !

Me voilà riche !