mercredi 28 octobre 2009

Ombre et Lumières

Le Monde daté d'aujourd'hui n'a pas pu paraître pour cause de grève des ouvriers du Livre. Les abonnés du quotidien peuvent le lire sur leurs écrans, ce qui, soit dit en passant, est désagréable en dépit des considérables efforts consentis par les concepteurs du site Web.

Je voulais juste citer ici quelques phrases d'une tribune d'Erik Orsenna publiée à la page “Décryptages” qui me paraît intéressante au regard de l'usage du Web. Les voici :
L'obscurantisme n'est pas mort. On dirait même qu'il renaît. […]
Aujourd'hui tout savant, tout sachant doit passer devant une sorte de tribunal où il doit présenter ses excuses de tant savoir. On le conteste, on le discute. Pourquoi pas ? Mais souvent on le soupçonne. Vous imaginez bien qu'en tant que romancier je n'ai rien contre la magie de la fiction et son pouvoir irremplaçable pour expliquer le monde. Mais avouons que je m'inquiète quand je vois tant de gens tenir pour vrai le Da Vinci Code.

Plus besoin de compétence, ni d'expérience, ni d'aucune preuve à ce qu'on avance. La Toile, alias le Net, vous ouvre grand ses bras. Vous pensez que les attentats du 11-Septembre n'ont jamais eu lieu ? Bienvenue dans mon émission, développez votre point de vue devant des millions de téléspectateurs. Vous avez la certitude qu'aucun homme n'a jamais marché sur la Lune mais que la scène a été reconstituée par la NASA ? Quelle stimulante idée ! Venez donc nous en parler. Bref, les Lumières sont malades. J'aimerais vous dire que les dernières nouvelles de l'ombre sont meilleures. Hélas.

Voilà qui devrait vous inciter à lire l'intégralité du texte, disponible à l'adresse ci-dessous.

http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/10/27/c-est-de-l-ombre-qu-il-faut-faire-l-eloge-par-erik-orsenna_1259318_0.html

Je complète cet article d'une anecdote illustrant les conflits de “savoirs” et les contestations gratuites et sans fondement.

Il y a de cela de nombreuses années, je jouais au tennis de table dans un club, participant à des compétitions officielles organisées par la FFTT. En visite chez des amis, nous avions disputé un match en double (deux fois deux joueurs). Parmi les joueurs, un professeur de dessin. Au moment de changer de service, j'applique par réflexe une règle habituelle. Voilà le prof qui conteste ma façon de faire. Je lui précise sans forfanterie particulière que je ne fais qu'appliquer une règle officielle et connue, et que ça ne me dérange aucunement d'y déroger si vraiment cela l'ennuie. Or que me répond-il ? Que la règle que j'invoque n'a jamais existé et que lui, “le prof”, sait mieux que moi, modeste pratiquant licencié, ce qu'il en est.

Ce coup-ci, c'était le “sachant” qui, sachant chasser sans son chien, affirmait gratuitement qu'il détenait un savoir alternatif pourtant sans aucune validité, mais dont il était entièrement convaincu, au point de le défendre mordicus au mépris de toute rationalité…

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