jeudi 22 octobre 2009

Des chiffres et des lettres

Des nombres et des textes glanés çà et là.

Le déficit du budget de l'État
L'unité de mesure – un pourcentage du PIB – peine à illustrer son ampleur. 3% maxi selon les critères dits de Maastricht, plus de 8% chez nous actuellement (mais 12% en Grèce ou en Grande-Bretagne). Les valeurs absolues sont plus parlantes et font froid dans le dos : 141 milliards d'euros de déficit prévus pour 2009, à comparer aux 212 milliards de recettes fiscales. Il en résulte que l'on “dépense” environ 350 milliards en couvrant seulement… 40% de celles-ci, sans oublier le projet de grand emprunt (une grande bêtise ?) D'après Wikipédia, les dépenses de l'ensemble des régimes de Sécurité sociale représentent quelque 400 milliards d'euros. Si donc le déficit des comptes sociaux atteignait le même niveau que celui du budget de l'État, il serait non pas de 20 milliards, mais de… 160 !

Le salaire de Louis Gallois
Autre chiffre, intéressant lui aussi. Louis Gallois, président d'EADS (et ancien président de la SNCF) gagne 2,3 millions d'euros par an (Portrait publié dans Libé du 21 octobre). Contrairement à nombre de ses homologues des hautes sphères économiques, il a reversé la part variable de sa rémunération, soit 1,4 millions d'euros, à une œuvre caritative. Comme quoi il existe des hommes qui ont le sens des proportions. D'autres auraient pleurniché que leurs revenus insuffisants les décourageaient et leur donnaient envie d'aller exercer leurs talents dans d'autres contrées.

Des bulles encombrantes
En page 2 du Monde daté 20 octobre, Gérard Courtois livre une analyse lucide du débat public, rebondissant sans cesse de “bulle” en ”bulle” au lieu d'évoquer l'essentiel. En clair : les polémiques sur Polanski, Frédéric Mitterrand, Jean Sarkozy ou le procès Clearstream occultent la loi sur les jeux d'argent sur Internet, le redécoupage électoral, la réforme du Conseil supérieur de la magistrature ou l'explosion du chômage. Le chroniqueur conclut ainsi :
Le pouvoir est pris à son propre jeu : à occuper la galerie du matin au soir, à sortir une réforme de son chapeau tous les trois matins (*), à organiser son action comme un feuilleton télévisé (**), à brouiller les cartes politiques comme un joueur de bonneteau, il a fini par énerver le pays en le privant d'une vue claire et un tant soit peu partagée des problèmes et de leur hiérarchie.
Raton-laveur
Libé relève avec humour les métaphores animales employées dans les débats du procès Clearstream : pétoncle, serpent, poule, corbeau, pigeon, morpion, éléphant et, pour conclure, le raton-laveur de l'inventaire de Prévert. Quoi qu'il en soit, de Villepin sera peut-être le dindon de la farce. Attention : l'ancien Premier ministre n'a pas été condamné à 18 mois de prison avec sursis et 45000 euros d'amende. Ah bon ? Eh bien oui : il s'agissait de la réquisition du procureur de la République et non du verdict des juges. N'allons pas trop vite en besogne.

Un article rondement bouclé ?
Terminons cet article rondement bouclé par la citation d'une phrase extraite du roman (amusant) de Marion Ruggieri, Pas ce soir, je dîne avec mon père :
Une affaire rondement bouclée qui m'était restée au-travers de la gorge.
Il semblerait que les affaires, comme Clearstream, soient généralement “rondement menées” plutôt que bouclées, et que la réquisition du procureur soit restée “en travers” de la gorge du “pauvre” de Villepin (et non au travers, sinon il aurait été transpercé et aurait dû “rendre gorge”).

(*) Amusant : pour ma part, je suis plus habitué aux “quatre matins” qu'aux trois ! Mais il est vrai que le rythme médiatique ne cesse de s'accélérer. Tous les quatre matins, ce serait insuffisant pour occuper la scène.
(**) Reste à espérer que nous ne connaîtrons pas la “saison 2”.

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