mardi 8 septembre 2009

Une taxe socialement polluante

La tribune publiée par Marie-Noëlle Lienemann sur le site de Marianne à propos de la taxe carbone est pleine de bon sens (merci à Guy, qui se reconnaîtra, de me l'avoir signalée). Les citations qui en sont extraites sont mises en évidence ci-dessous.
Cette taxe n’a rien à voir avec la taxe carbone qui doit être fondée sur le bilan global carbone des produits et s’imposer aux importations aussi bien qu’à la production nationale, ce qui favoriserait l’éco-innovation et pénaliserait les transports de longue distance comme les délocalisations infondées.
Ajoutons que la taxation des déplacements excessifs, par exemple les crevettes nordiques que l'on transporte en camion pour qu'elles soient épluchées au Maghreb (et retour), permettrait de rationaliser les emplois des humains dans nos productions.
Créer un impôt injuste pour reverser des compensations aux personnes modestes est une usine à gaz socialement polluante et absurde !
Imaginez en effet l'ampleur des opérations à mettre en œuvre : prélever la taxe sur un produit, la verser au Trésor public, la saucissonner en micro-tranches pour chaque foyer fiscal puis leur adresser un chèque (vert ou pas, il consommera du papier). Grosso modo, en moyenne, chacun va payer un supplément et se faire rembourser l'équivalent. L'effet incitatif sera médiocre. En outre, cette taxe polluerait aussi notre fiscalité, déjà ampoulée et inefficace quand elle n'est pas injuste (les niches fiscales de l'impôt sur le revenu qui le rendent dégressif par exemple).

Venant s'ajouter au bouclier fiscal, à la détaxation des heures supplémentaires et aux taxes “diverses” (publicité, fournisseurs d'accès Internet, bientôt les antennes de téléphonie mobile en attendant… les portes et fenêtres) le “bilan carbone” de notre gouvernement est largement négatif (“carbone” au sens de paperasserie administrative).

Il est capital de comprendre qu'une fiscalité doit être claire, lisible et juste, chaque impôt poursuivant un but unique et identifié par tous. Au contraire, vouloir “tout mettre dans tout” neutralise les effets recherchés tandis que le mille-feuille fiscal devient ingérable (et coûteux, ne l'oublions pas). On devrait relire la Révolution fiscale de Jack Lang, en dépit de ses fantaisies récentes…
La taxation systématique de la consommation d’énergie est injuste car elle touche des personnes qui n’ont, le plus souvent, pas d’alternative pour la réduire. 50% des habitants sont des locataires, ce ne sont pas eux qui vont pouvoir transformer la qualité thermique de leur appartement.
L'exemple est intelligemment choisi. À quoi cela servirait-il de taxer les locataires d'HLM mal isolées ? À ce qu'ils renoncent à se chauffer ?
En revanche, il faut pousser à la densité urbaine, combattre l’étalement urbain et la spéculation foncière…
Ce sera beaucoup plus difficile ! Une sorte d'union sacrée existe de fait entre les écologistes, qui détestent les villes et la densité, et les lobbies immobiliers (promoteurs, aménageurs, travaux publics, pavillonneurs).

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