vendredi 18 septembre 2009

C'est pas gagné…


Les hasards de la mise en pages d'un journal, comme le quotidien gratuit 20 minutes, conduisent à des rapprochements malheureux.


Dans le numéro du 17 septembre, une publicité pour le Grenelle de l'environnement voisine avec un article sur les transports urbains qui indique : (1) que le prix des transports collectifs va augmenter fortement dans les années qui viennent (2) que “la voiture coûte moins cher à la collectivité”, selon Rémy Prud'homme, professeur à l'Institut d'urbanisme de Paris.


On a beaucoup parlé du “signal prix” à propos de la taxe carbone : augmenter les prix inciterait le consommateur à réduire sa consommation de carburant. En revanche, à propos des transports publics, ce serait… le contraire. Le GART* suppose en effet que “l'enjeu n'est pas forcément le prix, mais la qualité de service.” Voici qui tombe à pic : l'élasticité de la demande de transports collectifs aux prix serait donc inverse de celle des carburants…

Pas facile, la politique économique !

A propos d'élasticité des prix
Un lecteur du Nouvel Observateur observe (Ha, ha !) que la hausse du prix du tabac a fait baisser la consommation et fait le rapprochement avec la taxe carbone. Il fournit l'adresse du tableau publié par l'INSEE. Le malheureux oublie que l'ampleur de la hausse du prix du tabac n'a rien à voir avec celle qu'entraînerait la taxe carbone : de 1991 à aujourd'hui, le prix relatif du tabac est passé de 75 à 225, soit une multiplication par 3. Que se passerait-il si le prix du litre d'essence passait de 1,30 à 4 euros ? Je vous laisse l'imaginer… On sent poindre ici l'état d'esprit “ayatollah” qui se développe dans notre société, complété par un cynisme social aigu : on augmente les prix, les plus aisés s'en accommodent et les plus modestes trinquent. Peu importe ! L'ordre moral nouvelle manière est sauf.

* GART = Groupement des Autorités Responsables de Transport

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