mardi 25 août 2009

Vive la rentrée !

Nos médias ne peuvent s'empêcher de céder aux clichés rebattus afin de coller à ce qu'ils supposent que leurs auditeurs souhaitent, en une sorte de perversité involontaire. En cette fin de mois d'août, la “rentrée” se profile. Or qui dit rentrée dit nostalgie des vacances si vite achevées, tristesse à la perspective de recommencer le “travail”, inquiétude quant à l'avenir, etc. Les médias s'engouffrent dans la brèche et nous brossent de sombres perspectives avec gourmandise.

En voici un florilège…
Selon toutes vraisemblance, nous allons (presque) tous attraper la grippe – et éventuellement en mourir. Le macabre décompte est commencé, il accapare les ondes et les images.
Dans le même temps, la crise économique continuant à faire des ravages, des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes vont perdre leur emploi et aller pointer au “Pôle” (pas le pôle nord, le pôle emploi).
Comme si cela ne suffisait pas, le péril écologique, qui menace notre santé et l'avenir de nos enfants (sinon le nôtre), justifie des mesures fiscales susceptibles de réduire encore plus ce pouvoir d'achat qui ne cesse de baisser.
Enfin, pour faire bonne mesure, les désormais “habituelles” menaces terroristes rôdent tranquillement, la relation précise de tous les attentats et autres cruautés abjectes que l'on rencontre un peu partout sur notre sinistre planète donnant l'impression d'être littéralement cernés.
Mais ce serait compter sans les enlèvements d'enfants (une fausse alerte ces jours-ci), les accidents d'autocar ou les crashs d'avions… N'en jetez plus !

Vous trouvez que j'exagère ? À l'évidence, oui, et c'est délibéré ! Mais je ne fais en cela qu'une synthèse des sommaires des journaux des radios et des télévisions. Comment, dans ces conditions, espérer que la population – nous tous – ayons le cœur d'aborder cette “rentrée” avec énergie et espoir, afin notamment de juguler la crise économique ? Seuls les “loosers” de la crise, justement, ont été récompensés (nos banquiers-traders et leurs bonus) tandis que les véritables perdants n'ont, eux, que leur yeux pour pleurer.

Quand je dispose d'un petit interstice de loisirs, je poursuis la saisie du texte écrit par mon père pendant la période 1939-1945. J'en suis arrivé à la relation des terribles bombardements qu'il subit à Rouen, le 19 avril 1944, où il s'en fallut de peu qu'il ne soit victime des bombes. Outre qu'un tel récit donne une tout autre idée de ce qu'est un “dommage collatéral”, il me force à essayer de regarder autrement le paysage de cette rentrée – quand bien même les Oracles Médiatiques finissent par avoir raison et que je doive envisager de figurer au nombre des victimes de la grippe…

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