lundi 20 juillet 2009

Opel Corsa 1.2 Enjoy

Où le blogueur se prend pour un rédacteur d'essais d'automobiles, une fois n'est pas coutume !


Sa vénérable Opel Corsa 1.2 16v Century de 1999 ayant été victime d'une panne, le chroniqueur a dû recourir aux services d'un loueur et a pu ainsi la comparer à la nouvelle Corsa, d'une motorisation voisine quoique plus puissante, et vous proposer les résultats d'un test en vraie grandeur.


Selon nos recoupements, le modèle loué et testé serait une Corsa Enjoy 1.2 cinq portes, comprenant notamment une climatisation manuelle, une radio-CD, une banquette arrière fractionnable, des rétroviseurs électriques et des lève-vitres électriques à l'avant.

Comparatif de prix
D'après le catalogue de l'Auto-Journal 2010, ce modèle serait tarifé 14190 € (une rapide visite du site du constructeur conduit plutôt vers les 15000 € mais certaines options ne sont pas aisées à vérifier). L'ancien véhicule, acheté neuf en 1999, était proposé à 71200 F soit 10850 € (climatisation, rétroviseurs électriques et radio-CD compris). Il avait été négocié à 66200 F, extension de garantie à 3 ans comprise (un chouïa au-dessus des 10000 €). D'après le site l'inflation en France, les 10850 € de l'époque équivalent à un peu moins de 13000 € d'aujourd'hui. Dans ces conditions, le prix de la nouvelle auto ne dépasserait que de 9% celui de l'ancienne, ce qui est honorable compte tenu du progrès technique, de la taille supérieure et du surcroît de puissance enregistrés dans l'intervalle.


La puissance s'affiche à 80cv, la vitesse maximale à 168 km/h. Compte tenu de sa masse et de sa taille, la voiture se révèle poussive, surtout en cinquième. Mieux vaut donc être d'un tempérament calme et patient. Longue de 4 mètres, cette Corsa pèse en effet 1130 kg contre seulement 3,73 m et 875 kg pour le modèle 1999, qui ne développait pourtant que 65 cv et ne pouvait prétendre à plus de 155 km/h en pointe. Il n'empêche, sa vicacité constraste avec son lourd successeur.

Consommation de carburant
La consommation, selon le constructeur, serait de 5,0/8,0/6,1 (extra-urbaine, urbaine, mixte). Dans la réalité, nous avons parcouru près de 1000 kilomètres, pour l'essentiel sur autoroute et en utilisant la climatisation pendant les trois quarts du temps. Il a fallu verser dans le réservoir un total de 70 litres, ce qui représente une consommation moyenne de 7,1 litres aux 100 – à comparer aux 6 litres constatés dans les mêmes conditions sur notre “vieille” Opel Corsa 1.2 16v de 1999 (le constructeur, en 1999, annonçait pourtant des consommations légèrement plus élevées : 5,1/8,3/6,2). À noter que la jauge est sommaire et de petite taille, tandis qu'elle a une propension à se bloquer déplorée par le loueur lui-même. Alors que la consommation d'essence est devenue cruciale, un instrument aussi modeste ne fait guère sérieux.


L'instrumentation dans son ensemble manque d'esthétique tandis le thermomètre de température d'eau brille par son absence. Le compteur de vitesse est légèrement dégressif dans son échelle, ce qui facilite la lecture des basses vitesses, mais de ce point de vue, le compteur de la Corsa de 1999 était à la fois plus lisible et plus dégressif. On trouve toujours excessif de graduer la vitesse jusqu'aux 200 km/h alors que la probabilité d'atteindre cette vitesse est pour le moins faible (et interdite par le code de la route). Le totalisateur kilomètrique offre le minimum syndical tandis que si vous parcourez une petite distance sans ceinture de sécurité vous serez horripilé par les “bip” alarmistes qui accompagnent le mot “OPEn” affiché en lieu et place des kilomètres journaliers.


La console centrale s'orne d'un contour brillant trop clinquant pour être honnête et causant des reflets disgracieux et gênants dans le pare-brise. Plus de discrétion et de sobriété auraient été de bon aloi. La mode “bling-bling” a dû franchir la frontière franco-allemande. On apprécie en revanche les essuie-glaces efficaces, contrastant avec les balais de l'ancêtre, sommaires et laissant des traces malgré toutes nos tentatives de réglages.


La position de conduite est peut-être un peu basse (mais nous n'avons pas cherché le réglage en hauteur des sièges) ce qui fait que l'on ne voit pas l'extrémité du capot avant lors des manœuvres. Un inconvénient mineur grâce à la grande souplesse de la direction assistée. Les suspensions sont fermes, selon la tradition allemande, ce qui secoue un peu les passagers sur route cahoteuse mais facilite la négociation des virages tourmentés de la descente des Egratz (Servoz-Le Fayet, les connaisseurs apprécieront). Sur autoroute, on roule à 120 sans que le niveau sonore ne devienne gênant. De ce point de vue, la nouvelle version est plus silencieuse que celle d'il y a une décennie.


On retrouve aussi avec plaisir l'affichage de la date, de l'heure et de la température extérieure, toujours très exacte, ce qui a permis de constater qu'il régnait à Grenoble, le 14 juillet, une température dépassant les 34 degrés à l'ombre… tandis que dans la vallée de Chamonix, quatre jours plus tard, on observait de la neige vers 2000 m et une température inférieure de plus de 24 degrés !


L'habitabilité de la voiture est généreuse, y compris aux places arrière. Si les sièges, une fois rabattus, sont très épais et réduisent notablement la hauteur de chargement, il reste possible de transporter (par exemple et comme nous le fîmes) des caillebotis en bois d'un mètre de côté sans difficulté (la largeur de chargement entre passages de roues excède de peu le mètre et la profondeur est équivalente).

Conclusion
Une voiture honnête et sage, à la présentation moins soignée toutefois que sa lointaine ancêtre : on peut se demander, en effet, ce que donnerait cette automobile dans dix ans. On aurait aimé une consommation plus maîtrisée en ces temps de disette d'hydrocarbures et d'excès de CO2. Quant au rapport qualité-prix, il semble honorable tout bien considéré. Il n'empêche : au moment de remplacer notre ancien véhicule, il n'est pas sûr que nous céderons à l'appellation de Corsa, pour nous rabattre éventuellement vers un modèle plus proche en taille et en poids de celui d'il y a dix ans. À force de prendre de l'embonpoint pour nous inciter à monter en gamme, dans un siècle ou deux, la Corsa risque en effet de se transformer en poids-lourd de 40 tonnes. J'exagère mais… il y a de ça, vous ne trouvez pas ?

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