mercredi 22 juillet 2009

English shells

Étant en train de suivre une formation par correspondance à la correction de textes, je ne peux m'empêcher de relever des coquilles dans mes lectures. En voici une absolument magnifique, découverte dans l'amusant roman de Stephen Clarke, God Save les Françaises, sous-titré A (New) Year In The Merde.


La rue “J'y baise” n'a rien d'une coquille : il s'agit en réalité de la rue Eugène Gibez (Paris) dont Paul West, en bon Anglais, ne comprend pas la double signification et s'étonne qu'on éclate de rire à chaque fois qu'il mentionne son adresse.


Non, la vraie coquille est ce très étrange “saut” du é accent aigu de “s'était”, passé subrepticement dans le mot “enfermé”, transformé en “enferémée” (enfer aimé ?). Il n'est pas impossible qu'un bug informatique ne soit à l'origine de cette contrepèterie typographique car on n'imagine guère la personne ayant saisi le texte commettre pareille inversion – à moins d'un “glisser-déposer” particulièrement nerveux…

Qu'on ne se méprenne pas : il ne s'agit en aucune façon de “le prendre de haut”, moi qui laisse aussi des coquilles dans ce blog. Juste un petit plaisir de collectionneur, si l'on veut…

Le roman de Stephen Clarke est très drôle, se lit avec plaisir et joue avec talent sur les ambiguïtés franco-anglaises, que ce soit dans la langue ou les mœurs ! L'accent approximatif des Français qui tentent de s'adresser au personnage, Paul West, dans la langue de Shakespeare, cause des contresens que l'auteur souligne avec gourmandise. Exemples.

Reçu par ses futurs colocataires, l'Anglais a quelque peine à comprendre ce qu'ils lui proposent :
Come into ear. Habitué aux accents français, heureusement, j'ai compris que Marie m'invitait à passer au salon et non à éjaculer dans son oreille.[…] You on drink ? J'ai supposé que Théo ne me demandait pas si j'étais un alcoolique chronique mais me proposait simplement une boisson. (p. 263) Good, I like earring Hingliche. Qu'il aime les boucles d'oreilles anglaises, c'était un plus. (p. 264)
Sur le franglais, l'auteur se défoule avec raison et talent :
Je grince des dents chaque fois qu'un francophone appelle “un sweet” – littéralement “un bonbon” – un sweatshirt. (p. 333)
Une lecture conseillée pour l'été, éventuellement à voix haute pour parfaire votre anglais !

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