lundi 20 juillet 2009

Écologie punitive


Cet article remet le couvert sur le thème du tri sélectif des ordures et des dos d'ânes “ralentisseurs”, déjà (mal)traités dans un article du 20 octobre 2008.

Un mammouth pas si bête…
Claude Allègre n'inspire guère de sympathie à l'auteur de ces lignes en raison de ses prises de position volontiers pachydermiques – l'héritage du “mammouth”, de sa suffisance tout aussi éléphantesque et… de ses insistances répétées pour entrer à tout prix au gouvernement. Pour autant, il faut avouer que son article publié dans Libération du 17 juillet contient quelques formules que nous partageons même si elles ont tendance à “exagérer”. Convenons en effet qu'il y a de ça.

Écologie dénonciatrice et punitive
C'est ainsi qu'il fustige “une écologie dénonciatrice et punitive, qui ne voit l'écologie que comme l'annonce de catastrophes, la multiplication de taxes, des interdictions diverses et l'arrêt du progrès” et précise plus loin sa vision de l'écologie, plus proche de celle que nous défendrions :
La vision positive et humaniste que je défends […est] celle d'une vision optimiste de l'homme qui sait s'adapter à son environnement constamment changeant, et dont le ressort du progrès est dans l'innovation et l'optimisme et non la punition et la peur.
Le mot qui retient l'attention dans ces deux citations est celui de “punition”.

De façon anecdotique, on en retrouve cet état d'esprit dans de petits détails du quotidien. Ainsi ces containers de tri sélectif des ordures réservés aux papiers et cartons, dont l'orifice est conçu de telle manière qu'il faut passer un temps fou à déchirer en étroites lamelles les cartons de déménagement dont on souhaite se débarrasser.

Le message subliminal que nous entendons est le suivant :
“Vous avez des déchets ? Vilain pollueur ! Eh bien vous passerez une heure à les déchirer, na, bien fait pour vous !”
Dans la pratique, les derniers cartons se retrouvent dans le container tout venant, tant la lassitude nous gagne, surtout sous la pluie…

La raison d'être de ce format “tirelire” proviendrait de la crainte de récupérer des déchets trop volumineux, et voudrait inciter les généreux trieurs à se rendre à une déchetterie (dans l'exemple, distante de 12 km aller-retour, et à laquelle il faudrait se rendre au moins deux fois compte tenu du volume du coffre de la voiture, ce qui est bien peu efficace au regard des émissions de CO2).

Ralentisseurs dangereux
Même motif, même punition pour les éventuels excès de vitesse dans les rues du même village : vous roulez à plus de 10 km/h en abordant les ralentisseurs ? Eh bien vous serez puni en détériorant votre véhicule dont le chassis heurtera les trop gros dos d'ânes.

Harcèlement
Il y a dans ce parti pris quelque chose d'irritant et de stupide à la fois. Serait-ce le paradoxe d'une société qui se veut “libertaire” mais ne cesse de placer des garde-fous de plus en plus harceleurs à chaque coin de rue ? Mieux vaudrait compter sur la responsabilité des individus plutôt que de revenir à une société punitive que le XIXè siècle le plus rigoriste ne désapprouverait pas.

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