mercredi 29 juillet 2009

Usines a gaz

La taxe carbone ou contribution climat énergie tourne à l'usine à gaz comme le titre avec raison Libération d'aujourd'hui (le jeu de mots est pertinent). Nous ne disserterons pas ici sur ce sujet éminemment complexe, nous contentant d'une remarque en passant à propos du barème kilométrique applicable aux travailleurs indépendants (dont votre serviteur) dans le cadre de ce qu'on appelle les BNC (Bénéfices Non Commerciaux).


Lorsqu'un professionnel indépendant utilise son véhicule personnel pour effectuer des trajets professionnels, il peut déduire une charge forfaitaire calculée à partir d'un barème. Or celui-ci se révèle bien peu écologique puisqu'il croît fortement selon la puissance du véhicule. Exemple.


Vous roulez dans un énorme 4x4 rejetant quelque chose comme 300 grammes de CO2 par kilomètre, consommant une quinzaine de litres aux 100 et d'une puissance administrative dépassant les 13 CV fiscaux. Certes, vous avez dû payer un malus de 2600 € à l'achat. Soyez rassuré cependant, la déduction fiscale en termes de charges sera avantageuse. Si vous avez parcouru 10000 km à titre professionnel, vous pourrez en effet déduire 5600 € de frais.
10000 x 0,424 = 4240 + 1363 = 5603.


En revanche, si vous êtes un professionnel “écolo” préférant se plier en deux dans une Smart de 3 CV fiscaux, consommant 4 litres aux 100 et rejetant 88 grammes de CO2 par kilomètre, soit trois fois moins que le “monstre” précité, voici votre traitement fiscal. Un bonus de 1000 € à l'achat et, toujours pour 10000 kilomètres parcourus dans l'année, une déduction ramenée à seulement 3100 €.
10000 x 0,232 = 2320 + 778 = 3098.

Ne serait-il pas plus logique de n'appliquer qu'un seul et unique barème afin d'avantager les comportements dits “vertueux” ? Situé au milieu de la fourchette, il accorderait une “prime” aux véhicules les moins polluants et une sorte de malus aux plus producteurs de CO2.

Cet exemple parmi d'autres montre que notre usine à gaz fiscale gagnerait à être considérablement simplifiée. Plutôt que d'empiler un nombre considérable de taxes, bonus, déductions et autres niches fiscales, au risque d'une illisibilité et d'une inefficacité totales, mieux vaudrait simplifier et recentrer.

Ce n'est pas dans l'air du temps – peut-être parce que, pollué, il altère l'intelligence.

Le mont Blanc trente ans après


Les blogs pèchent fréquemment par nombrilisme. J'exagère ? Aujourd'hui, il y a de ça puisque me voici célébrant un anniversaire très personnel.

Le 29 juillet 1979, il y a donc trente ans (bigre), je m'étais levé tôt, très tôt : une heure du matin. Grands dieux, mais pour quelle raison bizarre ? En montagne, l'été, la neige a la fâcheuse tendance à se ramollir sous l'action du soleil. Si l'on souhaite gravir un versant glaciaire, on est contraint de partir de nuit, lorsque la température consent à descendre. Le guide de haute montagne Gilbert Pareau, grâce auquel j'avais pu réussir plusieurs ascensions, m'avait proposé la face nord de l'aiguille de Bionnassay. Sur la photo ci-dessus, c'est le sommet qui commence tout juste à s'illuminer, à droite. Pris il y a quelques jours à 7 heures du matin, ce cliché correspond par conséquent à l'heure à laquelle nous étions parvenus au sommet en 1979, à 4052 mètres d'altitude, après cinq heures et quelque de montée.


Voici à quoi ressemblait ce sommet. Les internautes sont priés de ne pas ironiser sur l'équipement, certes désuet. Ils noteront qu'un seul piolet avait été employé durant cette ascension de mille mètres sur des pentes frôlant parfois une inclinaison de cinquante degrés. Contraste saisissant : après cette face, ce sera une arête, l'une des plus effilées et vertigineuses du massif du Mont-Blanc (dixit François Damilano) que nous suivrons pour rejoindre le col de Bionnassay, puis le piton des Italiens et, plus haut, le voisinage du Dôme du Goûter.


En cliquant sur cette image, vous l'afficherez en grand format. De gauche à droite sont indiqués le Dôme (flèche au centre), l'arête Bionnassay-Dôme et la face nord. Le refuge de Tête Rousse (où l'on dormit brièvement) est indiqué par la flèche située à droite de l'aiguille du Goûter, cette pyramide noirâtre au centre du panorama.

À 9 heures du matin (heure à laquelle cet article est rédigé), c'est une halte à proximité du sommet du Dôme du Goûter. Excellente occasion de se restaurer. Gilbert, le guide, a une idée derrière la tête. Le programme initial prévoyait de descendre sur l'aiguille du Goûter puis de rejoindre Tête Rousse et enfin le terminus du TMB, le petit train à crémaillère capable de nous ramener sur le plancher des vaches. Voilà qu'il me montre le sommet du mont Blanc, qui semble tout proche. Jamais je n'ai été aussi près du Toit de l'Europe. “Réfléchis bien” me souffle-t-il pendant que je mastique quelques provisions. Il est vrai que la réflexion s'impose ici. C'est l'occasion rêvée. Pourtant, avec déjà sept heures de marche depuis notre départ matinal, je ne suis pas à proprement parler frais comme un gardon (si tant est que les gardons circulent sur la voie normale du mont Blanc).

La décision est prise : je suivrai mon guide en direction de ce sommet mythique. Il faudra trois heures pour l'atteindre (contre un horaire habituel de deux heures), via le refuge Vallot et les fameuses Bosses. Ce mont Blanc n'a pas l'habitude de se rendre sans que les prétendants n'en bavent quelque peu. Ce fut mon cas. Peu après 13 heures, après douze heures d'efforts, nous étions enfin là-haut.


À gauche, les derniers mètres avant d'arriver au sommet du mont Blanc. À droite, Gilbert imite avec humour les clichés “victorieux” des expéditions himalayennes. J'avais ajouté à l'époque sur un tirage papier un slogan vantant les mérites du matériel Charlet-Moser (marque des piolets et crampons qui nous équipaient).


Pour ma part, j'avais adopté une posture nettement moins héroïque mais plus propice au repos. En arrière-plan, on peut identifier sur la gauche l'aiguille Verte et à droite les Grandes Jorasses. Pas à dire : nous sommes bien à 4807 mètres d'altitude, seuls en raison de l'heure tardive : un luxe inouï quand on connaît la fréquentation du mont Blanc un 29 juillet !

Pour la suite, ce sera comme dans les vidéos de TVMoutain : la descente ne sera pas détaillée. Sachez juste qu'il faudra effectuer la traversée des Trois monts à l'envers jusqu'au refuge des Cosmiques (à l'époque laboratoire des Cosmiques) où nous arriverons vers 17h30.

mardi 28 juillet 2009

Euréka : Schwarzy a trouvé !

La Californie est l'État le plus peuplé des États-Unis et aussi l'un des plus riches – même si la crise frappe son économie. Le Golden State est cependant incapable de boucler son budget et ce malgré les efforts de son “gouvernator”, Arnold Schwarzenegger. La raison principale de ces difficultés est avant tout le refus systématique de toute hausse d'impôts dans un État où les grandes fortunes et les hauts revenus sont pourtant légion…

Heureusement, la devise de la Californie est “Euréka”. Eh bien, Schwarzy a trouvé !

Les récentes mesures prises pour rééquilibrer le budget sont d'une justice et d'une équité soigneusement étudiées. Elles consistent à réduire drastiquement des dépenses choisies :
- Réduction du budget de l'éducation (9 milliards de dollars sur environ 50)
- Réduction des crédits pour la santé des plus démunis (moins 1,3 milliard)
- Réduction du budget des prisons (moins 1 milliard) sans toutefois donner suite au projet de libération anticipée de 27000 prisonniers – ce qui aurait obligé Terminator à reprendre du service
- Réduction de 15% du salaire des fonctionnaires au moyen de congés sans solde obligatoires et fermetures exceptionnelles des tribunaux.
La seule recette fiscale envisagée consistait à taxer la marijuana, une “shit tax” très moderne et très verte.

Voilà de saines mesures qui pourraient inspirer notre gouvernement dans les mois à venir, lorsqu'il commencera à envisager de réduire les déficits !

lundi 27 juillet 2009

Télépathe

Le gag du jour. Le téléphone sonne. Une voix enregistrée m'indique qu'un célèbre voyant-télépathe souhaite entrer en communication avec moi, à condition que j'appuie sur je ne sais quelle touche “étoile” ou “dièse”.

Je crains que ce télépathe ne soit un arnaqueur. Comment, à votre avis, suis-je arrivé à cette conclusion étonnante ? C'est très simple : s'il était vraiment télépathe, il n'aurait pas besoin de me téléphoner pour prendre contact avec moi.

Pour ma part, je lui conseille de me télépather au 0872123456, numéro télépathique surtaxé (100 euros la minute à mon profit).

À bon télépatheur… salut !

mercredi 22 juillet 2009

English shells

Étant en train de suivre une formation par correspondance à la correction de textes, je ne peux m'empêcher de relever des coquilles dans mes lectures. En voici une absolument magnifique, découverte dans l'amusant roman de Stephen Clarke, God Save les Françaises, sous-titré A (New) Year In The Merde.


La rue “J'y baise” n'a rien d'une coquille : il s'agit en réalité de la rue Eugène Gibez (Paris) dont Paul West, en bon Anglais, ne comprend pas la double signification et s'étonne qu'on éclate de rire à chaque fois qu'il mentionne son adresse.


Non, la vraie coquille est ce très étrange “saut” du é accent aigu de “s'était”, passé subrepticement dans le mot “enfermé”, transformé en “enferémée” (enfer aimé ?). Il n'est pas impossible qu'un bug informatique ne soit à l'origine de cette contrepèterie typographique car on n'imagine guère la personne ayant saisi le texte commettre pareille inversion – à moins d'un “glisser-déposer” particulièrement nerveux…

Qu'on ne se méprenne pas : il ne s'agit en aucune façon de “le prendre de haut”, moi qui laisse aussi des coquilles dans ce blog. Juste un petit plaisir de collectionneur, si l'on veut…

Le roman de Stephen Clarke est très drôle, se lit avec plaisir et joue avec talent sur les ambiguïtés franco-anglaises, que ce soit dans la langue ou les mœurs ! L'accent approximatif des Français qui tentent de s'adresser au personnage, Paul West, dans la langue de Shakespeare, cause des contresens que l'auteur souligne avec gourmandise. Exemples.

Reçu par ses futurs colocataires, l'Anglais a quelque peine à comprendre ce qu'ils lui proposent :
Come into ear. Habitué aux accents français, heureusement, j'ai compris que Marie m'invitait à passer au salon et non à éjaculer dans son oreille.[…] You on drink ? J'ai supposé que Théo ne me demandait pas si j'étais un alcoolique chronique mais me proposait simplement une boisson. (p. 263) Good, I like earring Hingliche. Qu'il aime les boucles d'oreilles anglaises, c'était un plus. (p. 264)
Sur le franglais, l'auteur se défoule avec raison et talent :
Je grince des dents chaque fois qu'un francophone appelle “un sweet” – littéralement “un bonbon” – un sweatshirt. (p. 333)
Une lecture conseillée pour l'été, éventuellement à voix haute pour parfaire votre anglais !

lundi 20 juillet 2009

Opel Corsa 1.2 Enjoy

Où le blogueur se prend pour un rédacteur d'essais d'automobiles, une fois n'est pas coutume !


Sa vénérable Opel Corsa 1.2 16v Century de 1999 ayant été victime d'une panne, le chroniqueur a dû recourir aux services d'un loueur et a pu ainsi la comparer à la nouvelle Corsa, d'une motorisation voisine quoique plus puissante, et vous proposer les résultats d'un test en vraie grandeur.


Selon nos recoupements, le modèle loué et testé serait une Corsa Enjoy 1.2 cinq portes, comprenant notamment une climatisation manuelle, une radio-CD, une banquette arrière fractionnable, des rétroviseurs électriques et des lève-vitres électriques à l'avant.

Comparatif de prix
D'après le catalogue de l'Auto-Journal 2010, ce modèle serait tarifé 14190 € (une rapide visite du site du constructeur conduit plutôt vers les 15000 € mais certaines options ne sont pas aisées à vérifier). L'ancien véhicule, acheté neuf en 1999, était proposé à 71200 F soit 10850 € (climatisation, rétroviseurs électriques et radio-CD compris). Il avait été négocié à 66200 F, extension de garantie à 3 ans comprise (un chouïa au-dessus des 10000 €). D'après le site l'inflation en France, les 10850 € de l'époque équivalent à un peu moins de 13000 € d'aujourd'hui. Dans ces conditions, le prix de la nouvelle auto ne dépasserait que de 9% celui de l'ancienne, ce qui est honorable compte tenu du progrès technique, de la taille supérieure et du surcroît de puissance enregistrés dans l'intervalle.


La puissance s'affiche à 80cv, la vitesse maximale à 168 km/h. Compte tenu de sa masse et de sa taille, la voiture se révèle poussive, surtout en cinquième. Mieux vaut donc être d'un tempérament calme et patient. Longue de 4 mètres, cette Corsa pèse en effet 1130 kg contre seulement 3,73 m et 875 kg pour le modèle 1999, qui ne développait pourtant que 65 cv et ne pouvait prétendre à plus de 155 km/h en pointe. Il n'empêche, sa vicacité constraste avec son lourd successeur.

Consommation de carburant
La consommation, selon le constructeur, serait de 5,0/8,0/6,1 (extra-urbaine, urbaine, mixte). Dans la réalité, nous avons parcouru près de 1000 kilomètres, pour l'essentiel sur autoroute et en utilisant la climatisation pendant les trois quarts du temps. Il a fallu verser dans le réservoir un total de 70 litres, ce qui représente une consommation moyenne de 7,1 litres aux 100 – à comparer aux 6 litres constatés dans les mêmes conditions sur notre “vieille” Opel Corsa 1.2 16v de 1999 (le constructeur, en 1999, annonçait pourtant des consommations légèrement plus élevées : 5,1/8,3/6,2). À noter que la jauge est sommaire et de petite taille, tandis qu'elle a une propension à se bloquer déplorée par le loueur lui-même. Alors que la consommation d'essence est devenue cruciale, un instrument aussi modeste ne fait guère sérieux.


L'instrumentation dans son ensemble manque d'esthétique tandis le thermomètre de température d'eau brille par son absence. Le compteur de vitesse est légèrement dégressif dans son échelle, ce qui facilite la lecture des basses vitesses, mais de ce point de vue, le compteur de la Corsa de 1999 était à la fois plus lisible et plus dégressif. On trouve toujours excessif de graduer la vitesse jusqu'aux 200 km/h alors que la probabilité d'atteindre cette vitesse est pour le moins faible (et interdite par le code de la route). Le totalisateur kilomètrique offre le minimum syndical tandis que si vous parcourez une petite distance sans ceinture de sécurité vous serez horripilé par les “bip” alarmistes qui accompagnent le mot “OPEn” affiché en lieu et place des kilomètres journaliers.


La console centrale s'orne d'un contour brillant trop clinquant pour être honnête et causant des reflets disgracieux et gênants dans le pare-brise. Plus de discrétion et de sobriété auraient été de bon aloi. La mode “bling-bling” a dû franchir la frontière franco-allemande. On apprécie en revanche les essuie-glaces efficaces, contrastant avec les balais de l'ancêtre, sommaires et laissant des traces malgré toutes nos tentatives de réglages.


La position de conduite est peut-être un peu basse (mais nous n'avons pas cherché le réglage en hauteur des sièges) ce qui fait que l'on ne voit pas l'extrémité du capot avant lors des manœuvres. Un inconvénient mineur grâce à la grande souplesse de la direction assistée. Les suspensions sont fermes, selon la tradition allemande, ce qui secoue un peu les passagers sur route cahoteuse mais facilite la négociation des virages tourmentés de la descente des Egratz (Servoz-Le Fayet, les connaisseurs apprécieront). Sur autoroute, on roule à 120 sans que le niveau sonore ne devienne gênant. De ce point de vue, la nouvelle version est plus silencieuse que celle d'il y a une décennie.


On retrouve aussi avec plaisir l'affichage de la date, de l'heure et de la température extérieure, toujours très exacte, ce qui a permis de constater qu'il régnait à Grenoble, le 14 juillet, une température dépassant les 34 degrés à l'ombre… tandis que dans la vallée de Chamonix, quatre jours plus tard, on observait de la neige vers 2000 m et une température inférieure de plus de 24 degrés !


L'habitabilité de la voiture est généreuse, y compris aux places arrière. Si les sièges, une fois rabattus, sont très épais et réduisent notablement la hauteur de chargement, il reste possible de transporter (par exemple et comme nous le fîmes) des caillebotis en bois d'un mètre de côté sans difficulté (la largeur de chargement entre passages de roues excède de peu le mètre et la profondeur est équivalente).

Conclusion
Une voiture honnête et sage, à la présentation moins soignée toutefois que sa lointaine ancêtre : on peut se demander, en effet, ce que donnerait cette automobile dans dix ans. On aurait aimé une consommation plus maîtrisée en ces temps de disette d'hydrocarbures et d'excès de CO2. Quant au rapport qualité-prix, il semble honorable tout bien considéré. Il n'empêche : au moment de remplacer notre ancien véhicule, il n'est pas sûr que nous céderons à l'appellation de Corsa, pour nous rabattre éventuellement vers un modèle plus proche en taille et en poids de celui d'il y a dix ans. À force de prendre de l'embonpoint pour nous inciter à monter en gamme, dans un siècle ou deux, la Corsa risque en effet de se transformer en poids-lourd de 40 tonnes. J'exagère mais… il y a de ça, vous ne trouvez pas ?

Écologie punitive


Cet article remet le couvert sur le thème du tri sélectif des ordures et des dos d'ânes “ralentisseurs”, déjà (mal)traités dans un article du 20 octobre 2008.

Un mammouth pas si bête…
Claude Allègre n'inspire guère de sympathie à l'auteur de ces lignes en raison de ses prises de position volontiers pachydermiques – l'héritage du “mammouth”, de sa suffisance tout aussi éléphantesque et… de ses insistances répétées pour entrer à tout prix au gouvernement. Pour autant, il faut avouer que son article publié dans Libération du 17 juillet contient quelques formules que nous partageons même si elles ont tendance à “exagérer”. Convenons en effet qu'il y a de ça.

Écologie dénonciatrice et punitive
C'est ainsi qu'il fustige “une écologie dénonciatrice et punitive, qui ne voit l'écologie que comme l'annonce de catastrophes, la multiplication de taxes, des interdictions diverses et l'arrêt du progrès” et précise plus loin sa vision de l'écologie, plus proche de celle que nous défendrions :
La vision positive et humaniste que je défends […est] celle d'une vision optimiste de l'homme qui sait s'adapter à son environnement constamment changeant, et dont le ressort du progrès est dans l'innovation et l'optimisme et non la punition et la peur.
Le mot qui retient l'attention dans ces deux citations est celui de “punition”.

De façon anecdotique, on en retrouve cet état d'esprit dans de petits détails du quotidien. Ainsi ces containers de tri sélectif des ordures réservés aux papiers et cartons, dont l'orifice est conçu de telle manière qu'il faut passer un temps fou à déchirer en étroites lamelles les cartons de déménagement dont on souhaite se débarrasser.

Le message subliminal que nous entendons est le suivant :
“Vous avez des déchets ? Vilain pollueur ! Eh bien vous passerez une heure à les déchirer, na, bien fait pour vous !”
Dans la pratique, les derniers cartons se retrouvent dans le container tout venant, tant la lassitude nous gagne, surtout sous la pluie…

La raison d'être de ce format “tirelire” proviendrait de la crainte de récupérer des déchets trop volumineux, et voudrait inciter les généreux trieurs à se rendre à une déchetterie (dans l'exemple, distante de 12 km aller-retour, et à laquelle il faudrait se rendre au moins deux fois compte tenu du volume du coffre de la voiture, ce qui est bien peu efficace au regard des émissions de CO2).

Ralentisseurs dangereux
Même motif, même punition pour les éventuels excès de vitesse dans les rues du même village : vous roulez à plus de 10 km/h en abordant les ralentisseurs ? Eh bien vous serez puni en détériorant votre véhicule dont le chassis heurtera les trop gros dos d'ânes.

Harcèlement
Il y a dans ce parti pris quelque chose d'irritant et de stupide à la fois. Serait-ce le paradoxe d'une société qui se veut “libertaire” mais ne cesse de placer des garde-fous de plus en plus harceleurs à chaque coin de rue ? Mieux vaudrait compter sur la responsabilité des individus plutôt que de revenir à une société punitive que le XIXè siècle le plus rigoriste ne désapprouverait pas.

mercredi 15 juillet 2009

Une France version 2.0

Parti en week-end prolongé du 14-juillet, au lendemain de la Fête Nationale, me voici de retour dans une autre France, version 2.0 :
- Une France dans laquelle on travaille désormais le dimanche.
- Une France dans laquelle les courriers électroniques seront “ouverts” par les autorités (en attendant l'ouverture des plis postaux, des fois qu'ils contiennent des CD piratés ou des textes protégés abusivement recopiés par des “moines copistes”).
- Une France dans laquelle la grippe va “désorganiser la vie économique et sociale” à la rentrée (à moins qu'une loi sur le travail durant les congés-maladie ne permette de la réorganiser opportunément, merci Frédéric Lefebvre).

Il est toujours délicat de faire la part des choses dans ces déferlantes médiatiques volontairement alarmistes. Elles exagèrent, certainement. Mais y aura-t-il de ça ou bien la réalité sera-t-elle en deçà des prévisions ? L'avenir le dira ! En attendant, passez de bonnes vacances…

mardi 14 juillet 2009

Surprises au Vaccivier

La version imprimable (PDF) de cet article est téléchargeable à partir de la page des téléchargements du site des éditions AO • André Odemard. Vous trouverez aussi une galerie de photos complète sur le site d'Olivier Rousseau, ainsi que le compte rendu de Benoît sur CampToCamp à cette adresse.


Le refuge du Pigeonnier et le pic du Vaccivier.

Ceux qui connaissent l’auteur de ces lignes s’étonneront qu’il ait envisagé d’aller en montagne sans consulter au préalable force topos et notes techniques, d’autant qu’il s’aventurait en dehors des limites du massif du Mont-Blanc – tel le parisien se rendant soudain compte qu’un autre monde existe au-delà du boulevard périphérique. Eh bien croyez-le ou pas, il partit sans disposer d'aucune information sur l'ascension projetée, au point d'ailleurs que celle-ci évolua en cours de route, mais n'anticipons pas…


Surprises sur prises
L’instigateur de cet audacieux projet n’était autre que Benoît (orthoptiste, deuchiste et inscrit à CampToCamp entre autres références) qui avait déjà réussi l’exploit d’entraîner son ami Jean-Luc au mont Aiguille, au Grand Paradis et à la pointe de la Réchasse. Passant du statut de “projet” à celui de réalité le 14 juillet, cette nouvelle ascension se révéla riche en surprises.


De gauche à droite : Jean-Luc, Françoise, Pascal et Benoît.

À la façon des Trois Mousquetaires, la caravane se composa non de trois personnes mais de quatre. Pascal, le guide, avec qui Benoît et votre serviteur avaient déjà gravi les deux premiers sommets précités, avait proposé de monter aux Rouies dans le massif des Écrins. Il avait eu aussi l’idée d’associer son épouse à la cordée. Et de quatre !

Les deux monchus n’eurent pas à regretter la présence de Françoise, métronome de référence pour la montée au refuge du Pigeonnier, infirmière diplômée prodiguant conseils et pharmacopée (Aspirisucre® pour les uns, génépi pour les autres), créant de fait une nouvelle profession para-alpine, joyeuse compagne de course enfin, capable de redonner de l’allant aux clients de son mari y compris dans les pentes les plus raides et les tempêtes les plus décoiffantes.

La météo, capricieuse selon son habitude, avait accumulé tous les signes d’une dégradation susceptible de compromettre la course – et d'occasionner une mauvaise surprise, que ce soit mardi 13 au soir, avec l’arrivée de nuages sinon noirs du moins gris (très) sombre, ou mercredi 14 au matin : à 4 heures, déjà, les mêmes nuages stationnaient obstinément du côté des Rouies tandis que la température restait trop clémente pour un petit matin à 2400 m d’altitude.


« Ravoures du matin… chagrin ! »

Si de telles conditions rendaient la cigarette fumée en catimini à l’extérieur plus confortable, elles pouvaient aussi décourager le départ. Il n’en fut rien puisque Pascal, assumant la décision comme savent le faire les guides professionnels, n’en parut aucunement préoccupé et eut une intuition juste, confirmée par la dissolution des signes avant-coureurs de mauvais temps tandis que nous montions. L’orage serait pour le lendemain. Durant la première heure de marche, il fallut veiller à ne pas se déconcentrer en tentant (de tête et sans succès) une traduction simultanée du babil de deux anglaises trop jeunes pour être essoufflées. When I was younger, so much younger than today, I never needed anybody's help in any way…


Pascal médite : fera-t-il beau demain ?

Surprise aussi quant à la nature du cheminement
Le lecteur objectera que sans aucune documentation préalable, la surprise n'avait pas lieu d'être. Ce serait compter sans l’imagination, qui faisait fantasmer la voie normale des Rouies comme un long glacier presque horizontal conduisant sans obstacle particulier à un débonnaire sommet. Il s’agissait en réalité d’un vaste névé bordé de murailles abruptes, à la pente prononcée puisque flirtant avec les trente degrés, s’achevant par une écharpe à gauche plus proche des quarante (dixit CampToCamp). Il y avait même un étroit couloir plus raide qui aurait pu servir de voie d’accès au plateau glaciaire sommital, auquel l’écharpe précitée fut préférée pour de compréhensibles motifs d’efficacité et de ménagement des mollets des monchus – ce qui n’empêcha pas Pascal de retenir d’une seule main sûre une brève glissade de l’un des membres de la cordée (le plus lourd pour ne pas le nommer et pour souligner la vigueur de la parade).


Le pic du Vaccivier, 3 312 m (flèche). On distingue à sa gauche l'étroit couloir au-dessus de la pente de neige (masquée ici par l'éperon rocheux).

Surprise enfin sur le point culminant
Ci-dessous, de gauche à droite, les Rouies, le blogueur et le guide au sommet du pic du Vaccivier (merci Françoise pour la photo).

Vers 8h30, après quelque 3h45 de marche, alors que la cordée venait d’achever l’ascension de l’écharpe et se trouvait en plein vent (du sud mais frais), une rapide expertise du moral des troupes par le guide (et son assistante) conduisit à abandonner l’objectif initial pour se replier sur un “sommet de remplacement”, le Pic du Vaccivier (non, pas “vacciné”, rien à voir avec la médecine), tout proche sur notre droite, au sommet principal duquel nous pûmes nous tenir à 9 heures très précises, tandis que le soleil daignait enfin faire sa complète apparition.


Benoît sera agréablement surpris, pour sa part, d’expérimenter la douceur de la neige bien transformée à la descente, incomparablement plus confortable que la neige molle et profonde du Grand Paradis l’année précédente. Ce qui demanda 2h30 à la montée fut avalé en une heure à la descente (hors arrêt pour ôter les crampons).

On aurait pu encore être surpris en découvrant la personnalité de Georges, gardien du refuge du Pigeonnier. Fort heureusement, Pascal nous avait prévenus. Sage précaution : sachez, chers internautes, que cet homme est capable de vous proposer aux repas la carte suivante : tête de choucas aux graviers (Pihu, mon copain choucas, en tremble encore d’indignation), sandwich à la marmotte et œuf de shangrila à la coque, une cuisine politiquement incorrecte quelques semaines après les élections au parlement européen ayant vu la (quasi) victoire des écologistes. Après un véritable one man show de Georges pendant le dîner et quelques verres (obligatoires) de génépi-sur-sucre, de tels scandales furent vites oubliés – et passés par pertes et profits dans les toilettes sèches (cela existe, nous vous le confirmons) ou dans les poches à eau des sacs, beaucoup moins sèches par la force des choses.

Que de plaisir donc pour ces deux journées et 3400 mètres de dénivelés, au gré de surprises qui, convenez-en, auraient pu décourager les plus aguerris des alpinistes – mais pas la cordée ci-dessus ! D’amicaux remerciements sont par conséquents adressés ici à toutes les personnes qui ont contribué à la réussite de cette expédition.
Ci-contre : le docteur Taff' ausculte sa motivation matinale (photo Benoît).

Fiche-horaire
Le déroulement de la course est récapitulé dans la “fiche-horaire” ci-dessous, calquée dans sa présentation sur celle des horaires de chemin de fer du temps du Chaix (les amateurs apprécieront). Il fallait bien ajouter une touche “ferrovipathe” à cet article !


Les internautes intéressés par ce tableau, réalisé sous Excel, peuvent le télécharger gratuitement sur le site de “mes” éditions AO André Odemard (et pourquoi pas, chemin faisant, commander un des ouvrages figurant au catalogue !)

samedi 11 juillet 2009

France Info

Quand on écoute France Info assez longuement, en voiture par exemple, on entend de nombreuses fois la même information qui, de quart d'heure en quart d'heure, se précise. L'urgence dans laquelle travaillent les journalistes donne parfois aux annonces un ton surréaliste.

Ainsi de cette mère roumaine qui avait abandonné des enfants dans un square. La radio indiquait qu'on ne savait pas si ces enfants étaient les siens et que des tests ADN étaient en cours. Elle précisait ensuite que, selon des témoins, les deux enfants étaient “âgés de 18 et 24 mois”. Si ces âges avaient été réels, pensait-on tout en doublant un poids-lourd sur l'autoroute, une chose au moins était sûre : seul l'un d'entre eux pouvait être le fils (ou la fille) de ladite mère (nous vous laissons réfléchir quelques secondes pour déduire cette constatation des âges indiqués !)

La solution sera donnée plus tard dans la soirée : ces deux enfants, un garçon et une fille, étaient bien ceux de la jeune femme, et avaient le même âge. Il s'agissait donc de jumeaux…

vendredi 10 juillet 2009

Un Index majeur

Le site TVMountain met en ligne régulièrement des vidéos d'alpinisme toujours passionnantes. On y trouve une ascension de l'aiguille de l'Index, dans les aiguilles Rouges, qui mérite le voyage. Jean Afannasieff conduit sa cliente sur l'arête sud, classique parmi les classiques.


Le film est un vrai bonheur d'humour et de qualité technique. Les angles de prises de vues, très bien choisis, donnent une ampleur inédite à l'escalade. Jean Afannasieff n'hésite pas à prononcer quelques aphorismes bien sentis, tel celui-ci : “la paroi, déjà verticale, se redressait encore…” citation fleurant bon la période héroïque de l'alpinisme dont Afannasieff est l'un des représentants, malgré son jeune âge. Avec Pierre Mazeaud, Kurt Diemberger et Nicolas Jaeger, il parvint au sommet de l'Everest en 1978, lors de sa première ascension française. On consultera sur son site Web tous les détails de ses impressionnantes réussites en alpinisme ainsi que sa copieuse filmographie (il est aussi cinéaste de montagne).

jeudi 9 juillet 2009

Méga-connerie

L'actualité va vite. Nouvel exemple d'hypocrisie flagrante, l'affaire des “méga-camions”. Issu, paraît-il, du Grenelle de l'environnement, un projet consisterait à autoriser la circulation de camions de fort tonnage (60 tonnes contre 40 au maximum actuellement). Heureusement, des voix se sont élevées contre cette initiative paradoxale et le secrétaire d'État aux transports botterait en touche en soumettant le projet à une “commission” (en attendant une décision en catimini via les institutions européennes pour, une fois encore, se défausser sur l'Europe ?)


Les méga-camions ou mega-trucks ou méga-machins…

L'excuse consiste à affirmer que l'augmentation du tonnage (+50%) permettrait des économies d'échelle. Économies sur les êtres humains, comme d'habitude (un seul chauffeur pour plus de tonnes transportées), c'est incontestable. Quant aux économies sur les émissions de CO2, elles sont sujettes à caution, pour une raison simple et connue : l'usure des routes et la consommation de carburants s'accroissent exponentiellement dans le cas des poids-lourds. En conséquence, les économies vantées risquent au contraire de tourner aux “déséconomies” en pollution mais aussi en travaux d'entretien d'infrastructures. Or ces derniers consomment eux-aussi du CO2. Sans parler de l'accroissement du trafic résultant des économies en frais de personnel, l'entretien étant payé par l'ensemble des usagers via les impôts et les péages d'autoroutes.

Énième hypocrisie donc : au nom de l'environnement, voici que l'on en viendrait à prendre des mesures accroissant la pollution. Pas mal, dans le genre ! Une méga-connerie osera-t-on rétorquer…

Symboles de réformes

La proposition de loi sur le travail dominical, actuellement en cours de discussion au Parlement, serait pour le président de la République “le symbole de sa capacité à réformer”. Elle constitue surtout un nouvel exemple de mauvaise réforme, tant dans le fond que dans la forme, venant s'ajouter aux précédentes – les heures supplémentaires et la loi hadopi pour ne citer qu'elles.

Une chose et son contraire
Voici donc, encore une fois, une réforme hypocrite proclamant une chose et son contraire : le repos dominical demeure “la règle” tandis que le nombre d'exceptions s'accroît. On retrouve cette “fauculterie” déjà à l'œuvre à propos de la loi sur les heures sup, qui proclame que l'horaire hebdomadaire reste fixé à 35 heures, ou à propos de la réforme des retraites, qui maintient l'âge de départ à 60 ans tout en accroissant la durée de cotisation (ce point changera bientôt). Tout le contraire du “courage politique”. Pour un homme qui ne cesse de vouloir “mettre fin aux hypocrisies” en officialisant des pratiques douteuses (la nomination des dirigeants de l'audiovisuel public par exemple), voilà qui est paradoxal.

Sur la procédure, toutes les astuces sont employées pour “noyer le poisson”, ainsi le recours à une proposition de loi pour contourner l'obligation de consulter les partenaires sociaux tandis que le calendrier met à profit… les congés d'été pour adopter vite fait le nouveau texte.

In fine, il va en résulter une nouvelle législation bâclée, difficile à appliquer, inégalitaire en diable, comme toutes ces réformes alambiquées – on pense (encore) à hadopi version 2.02 release 34… Pour un homme censé s'opposer à la bureaucratie, il est étonnant de voir combien il tombe dans le piège des textes technocratiques de piètre qualité juridique. Ah, certes, le “symbole” sera sauf, mais pas l'honneur, comme c'est la règle dans un mode de gouvernance fondé sur l'apparence et la médiatisation. N'importe quoi, pourvu que “ça passe”.

La loi “Mme Obama”
Et enfin l'on doit une fois encore endurer les arguments de notre président, dignes du plus mauvais “café du commerce” dont le Monde donne un florilège affligeant (page 12 de son édition datéedu 7 juillet) :
Pourquoi continuer d'empêcher celui qui le veut de travailler le dimanche ? [Pourquoi empêcher les gens de faire des bêtises, hein ? Comme… porter des habits bizzaroïdes par exemple] Il faut quand même penser aux familles qui ont le droit, les jours où elles ne travaillent pas, d'aller faire leurs courses dans des magasins qui sont ouverts et pas systématiquement fermés. [On imagine mal faire ses courses dans des magasins fermés, effectivement. Et comment les “familles” iront-elles faire leurs courses si, justement, leurs membres travaillent ?] Est-il normal que le dimanche, quand Mme Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je dois passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir ? [Non, ce n'est pas normal qu'un président de la République téléphone pour faire ouvrir des magasins, nous sommes d'accord. Quant au marché du siècle du shopping de Mme Obama, c'est vrai, il justifie une loi.]
Au risque de l'absurde
Gérard Courtois, dans sa chronique page 2 de l'édition précitée du Monde, le dit avec éloquence :
[Nicolas Sarkozy] revient à la charge, au risque de l'absurde. Sous prétexte de modernité, l'on va rendre plus illisible encore l'organisation hebdomadaire du travail.
Quelles que soient les opinions que l'on a sur le fond, on préférerait, à tout prendre, que les choses soient claires, les textes de loi lisibles et les objectifs assumés. Si le travail dominical est un symbole, eh bien qu'il soit franchement banalisé, point à la ligne. S'il faut cotiser 50 ans pour partir à la retraite, alors repoussons l'âge de départ à 70 ans, au moins ce sera cohérent. Ces réformes ambivalentes sont pires que tout. Elles brouillent les repères, créent la confusion et contribuent à dégouter les Français de la politique.

lundi 6 juillet 2009

Voyages dans le temps

Les voyages dans le temps sont-ils possibles ?
Eh bien la réponse est… oui : j'en ai fait l'expérience ;-)

Vous pouvez demander le texte complet du document dont le début figure ci-dessous à la page téléchargements du site des éditions AO - André Odemard.
Comment j’ai prouvé que les objets voyageront dans le temps…
L’expérience que j’ai vécue aujourd’hui est si étonnante que je n’ai pu me résoudre à la rendre publique malgré les révélations qu’elle a entraînées. Il me fallait néanmoins me libérer du poids de son étrangeté en la relatant par écrit dans le détail.
Il y a de cela un mois je venais d’achever la lecture d’un de ces recueils de nouvelles de science-fiction consacrées aux voyages dans le temps. Personne ne peut dire aujourd’hui si de tels voyages seront un jour possibles ou si, au contraire, ils sont impossibles par construction. Allez savoir pourquoi, une idée m’est soudain venue. Elle pouvait me permettre de répondre rapidement à cette question.
Voici comment j’ai procédé…
La suite dans le PDF !

Taxe carbone : qui va payer ?

Depuis l'ouverture des travaux de la commission présidée par Michel Rocard sur la contribution climat-énergie, le débat va bon train sur ce qu'on appelle désormais une “écotaxe”. Comme le souligne Hervé Kempf dans le Monde (daté 5-6 juillet), il s'agit bel et bien d'un impôt – le mot qui fâche ! Notre gouvernement, peu enclin à vanter la fiscalité, s'abrite derrière un argument-écran : l'écotaxe sera “compensée”. Pourquoi pas ! La question est de savoir et pour qui et par quoi.

L'une des pistes explorées par la commission apparaît désolante : compenser les taxes écologiques par une baisse des cotisations sociales. Décidément, tous les prétextes sont bons pour mettre à bas notre système de protection sociale. Et au nom de quoi les assurés sociaux devraient-ils payer (indirectement) les écotaxes ? Les malades et retraités seraient-ils des polluants susceptibles d'être taxés ?

Le même Hervé Kempf expliquait pourtant que “réduire la consommation d'énergie se fera en orientant une part de la consommation des biens matériels vers des services sociaux” (moins consommateurs d'énergie). Mais si les recettes de ces services sociaux sont rognées d'autant par le contrecoup des écotaxes, le serpent risque fort de se mordre la queue !

Il n'est guère raisonnable, une fois encore, d'opposer les êtres humains (le social) à l'écologie (la protection de notre planète).

vendredi 3 juillet 2009

Poujadisme présidentiel

Interviewé dans le Nouvel Obs, le président de la République nous sert une bonne vieille formule éculée et poujadiste à propos des impôts et des charges. En voici la superbe citation.
Cela signifie que du 1er janvier au 30 juin les gens qui sont soumis à cet impôt vont travailler pour l'État, alors que du 1er juillet au 31 décembre ils travailleront pour eux.
Aujourd'hui, 3 juillet 2009, je travaille par conséquent “pour moi” depuis trois jours seulement. Me voilà soulagé de l'apprendre !

En tant que travailleur indépendant, nous connaissons bien ce raisonnement artificiel. Au passage, notons que, le plus souvent, la formule est inversée : on entend dire qu'à partir du 1er juillet on bosse “pour l'État”.

Ce qui est détestable dans cette phrase est le sous-entendu que les impôts et charges sont en quelque sorte “avalés” par un État glouton, sans bien sûr que nous n'en bénéficiions. Quid des études des enfants, qu'ils soient d'ailleurs à l'école publique ou à l'école privée subventionnée ? Quid des routes que nous empruntons avec notre automobile de représentant de commerce “indépendant” ? Quid des soins que l'on nous paye ou nous rembourse ? Quid de la retraite des parents ? La liste serait longue.

Le président de la République, qui devrait au contraire encourager le “consentement à l'impôt”, ce ciment civique, ferait mieux d'expliquer que “travailler pour l'État” c'est en réalité travailler pour toute une gamme de services collectifs – et donc pour soi-même en grande partie. Certes, dans l'absolu, il serait envisageable de supprimer toute dépense collective. Dans ce cas, on ne travaillerait plus “pour l'État” mais on payerait tout au détail ou par l'intermédiaire de compagnies d'assurances privées. Aux États-Unis, curieusement, on commence à prendre conscience qu'un système de santé privé coûte plus cher qu'un système public pour une raison simple : la marge bénéficiaire des acteurs privés renchérit le prix à payer aux compagnies d'assurances (ce point était développé dans un article du Monde dont je n'ai pu retrouver la source).

jeudi 2 juillet 2009

Qui est le Premier geek de france ?


On connaissait le “premier flic de France” – que fut notre actuel président de la République sous la présidence Chirac. Mais voici une toute nouvelle fonction créée récemment au sein de l'Exécutif : le “premier geek de France”.

Qui est-ce ? Eh bien François Fillon, cette question ! Le Nouvel Obs le confirme dans sa dernière édition :
Le Premier ministre confesse sa passion pour les nouvelles technologies [dans SVM ndlr]. Il a tout un tas de joujoux techno, de l'iPhone 3G à l'iPod Nano, et a “épuisé 30 PC”.
Une bonne nouvelle, qui rend d'autant plus inexcusables les ratés de la loi Hadopi, désormais en version 2.0, tout aussi buggée d'ailleurs que la précédente, ne serait-ce que d'un point de vue technologique. Quelques interrogations parmi d'autres :
  • Comment reconnaîtra-t-on avec certitude (juridiquement parlant) qu'un fichier téléchargé est sans doute aucun protégé par la loi ?
  • Comment interprétera-t-on la notion de “négligence” relative à la connexion Internet que l'on se sera fait pirater ?
  • Lorsque des “pirates” téléchargeront depuis des “hotspots” Wifi en libre-service, coupera-t-on l'abonnement Internet au gestionnaire de ce point d'accès public ?
  • Comment prouvera-t-on, par ses propres moyens (limités) d'internaute moyen justement, que sa propre adresse IP a été usurpée ?
Notre premier geek de France serait bien inspiré d'organiser des séminaires avec ses ministres pour leur expliquer tout cela. Au moins servirait-il à autre chose que d'être le “premier muet de France”. Et peut-être acceptera-t-il d'affecter quelques crédits du Grand emprunt à la recherche de solutions réellement novatrices pour assurer dans de meilleures conditions la rémunération des ayants droits de films et de musiques.

Au fait, sur l'iPod de M. Fillon… on peut espérer qu'il ne figure que des titres “réglo”. Enfin, après avoir “épuisé des PC”, voici qu'il a décidé d'épuiser des Macintosh, bien plus Politiquement Corrects (PC) que les ordinateurs tournant sous Windows. Bravo !