vendredi 26 juin 2009

Les formules magiques de Christine Lagarde

Lors du récent remaniement gouvernemental, Christine Lagarde a été reconduite comme ministre de l'Économie. Une bonne nouvelle, puisque nous aurions été attristés de ne plus pouvoir relever les expressions acrobatiques de la ministre.

À propos des chiffres du chômage du mois de mai (36400 chômeurs de plus qu'en avril), Christine Lagarde a lancé toutes sortes de formules pour tenter d'en tirer des conclusions rassurantes, sans toutefois y parvenir.

C'est ainsi qu'hier France-Info annonçait que les résultats de mai seraient, d'après la ministre, “meilleurs que ceux d'avril”. Comme “meilleur” signifie, faut-il le rappeler, “plus bon”, et qu'en avril on avait compté 58500 chômeurs de plus qu'en mars, ce qui était loin d'être “bon”, la formule ne veut rien dire. Seule l'expression “moins mauvais” aurait été recevable.

Sur le site de France-Info, il est indiqué que la ministre “se réjouit de la décroissance de l'augmentation” du chômage. Quel langage ampoulé ! Elle aurait pu aussi hésiter entre “diminution de la croissance”, “baisse de la hausse”, “réduction de la croissance” voire, soyons fous, “décroissance de la croissance”. Ce sera pour les prochains mois !

Enfin, le texte du communiqué publié sur le site du ministère utilise une ultime expression bizarre : “Christine Lagarde estime que la décélération du nombre de chômeurs constitue un signal relativement encourageant…” Malheureusement pour elle, un “nombre” n'accélère ou ne décélère pas, il se constate à un moment donné. Seul un mouvement peut s'accélérer ou se ralentir. Il s'agissait en réalité de la décélération des “inscriptions” auprès du Pôle Emploi.

Qui a dit “ce qui se conçoit bien s'énonce clairement” ?

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