lundi 22 juin 2009

Le lapsus trahit-il la pensée ?


L'un des sujets de la toute récente épreuve de philo du bac était “le langage trahit-il la pensée ?” Bonne question ! Les lapsus révélateurs sont souvent délicieux. Ainsi cette magnifique coquille en “une” de Libération de ce lundi 22 juin.
Le président souhaite relancer son septennat en prononçant, pour la première fois, un discours devant le Congrès réuni à Versailles.
Ce lapsus révèle que le quinquennat de l'actuel président semble désespérément long aux journalistes de Libé – ils ne sont pas les seuls, à dire vrai. Encore trois ans, c'est déjà pas mal, huit si un second mandat devait suivre celui-ci, ce serait beaucoup. À moins qu'un scoop ne se profile, M. Sarkozy ayant prévu d'annoncer cet après-midi qu'il démissionnait pour se représenter aussitôt, ce qui, effectivement, conduirait à un total de sept ans. Mais c'est peu probable !

Pour le blogueur qui traque ses coquilles – sans toujours y parvenir – voilà en tout cas qui est réconfortant : même les plus grands, à commencer par les relecteurs des quotidiens, en oublient parfois.

Des subjonctifs bourboniens
On appréciera aussi l'éditorial de Laurent Joffrin. Il adopte un ton volontiers solennel, probablement pour coller à son titre : “Bourbonien”. C'est ainsi qu'on y relève par deux fois le conditionnel passé deuxième forme, suivi d'un subjonctif imparfait dans un cas, présent dans l'autre. La phonétique de ces verbes n'est pas déplaisante – du moins à la troisième personne du singulier :
Mais il eût fallu pour justifier un tel geste que la présence de Nicolas Sarkozy devant le parlement constituât une entorse…
Imaginez la même phrase à la première personne du pluriel par exemple : “Mais il eût fallu pour cela que nous constituassions…”
On eût aimé, au contraire, qu'un fier orateur vienne lui porter la contradiction.
Pour aller jusqu'au bout, encore eût-il fallu écrire “vînt” au lieu de “vienne”. Mais on n'en voudra pas à l'éditorialiste !

Les lapsus de Google
Sur le site de Libé, où l'on recherchait en vain un rectificatif (mais “le lecteur aura rectifié de lui-même”), des liens sponsorisés de Google s'ajoutaient à la page concernée.


Que Google “associe”, dans sa grande sagesse, avec l'ouverture ou avec l'épouse du président passe encore. En revanche, qu'il parle d'assurance vie, on ne voit guère le rapport, non plus d'ailleurs qu'avec… le psoriasis ! On eût préféré que le moteur de recherches associât des thèmes plus sérieux à cette page.

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