samedi 27 juin 2009

Le choc des photos

Qui l'eût cru ? À plus de cinquante ans, je viens de réussir une importante “première”, un exploit que peu de Français peuvent revendiquer. Pour la première fois de ma vie, j'ai acheté l'hebdomadaire Paris Match.

Qu'est-ce qui a bien pu me pousser à cet acte novateur ?
L'anniversaire des 40 ans de la conquête de la Lune ? Le reportage sur la modestie de la première dame s'affichant à Versailles dans une “discrète robe noire” sans aucun bijou (sauf son alliance) ? Le bonheur de Dany Boon et Yaël ? Les retrouvailles de Belmondo et Delon sous le haut patronage de Breitling-bling-bling ? Les photos (choc) de Daria, la “nouvelle reine des top” ? Aucun de tous ces reportages, pourtant essentiels à ma compréhension du monde.


Grand prix 2009 du photoreportage
Pourtant, je ne saurais trop vous recommander l'achat de ce numéro exceptionnel pour une raison et une seule : le Grand prix 2009 du photoreportage étudiant (pages 40-41). L'hebdomadaire, célèbre pour ses photos de choc (1), vient de décerner ce prix à Guillaume Chauvin et Rémi Hubert, étudiants en Arts décoratifs à Strasbourg. Quatre photos sur les “étudiants précaires”, plus vraies que nature… et pour cause, puisqu'il s'agit en réalité d'un subterfuge, comme l'ont révélé leurs auteurs en recevant le prix à la Sorbonne. Ces clichés (2) ont été entièrement fabriqués avec le concours d'amis ! Leur pari, gagné avec éclat, consistait à dénoncer “les rouages d'un discours médiatique qui a pour ingrédients la complaisance et le voyeurisme dans la représentation de la détresse”.

Chapeau les artistes !

PS : Mauvais joueurs, les responsables de Paris Match ont inséré sur leur site cette “dernière minute” :
Selon l’article 10 du règlement déposé chez Maître Venezia, huissier de justice, stipulant que « l’organisateur se réserve le droit de modifier le concours… », il a été décidé d’annuler le trophée du Grand Prix dans cette catégorie. La somme de ce prix augmentera la dotation 2010.
Le poids des photos est parfois lourd à porter ! Quant à maître Venezia, qui existe bel et bien, il n'est pas loin de porter un aptonyme (3) dans ce contexte, Venise étant la ville du Carnaval et des masques…

(1) Les rédacteurs du site dessillons.net ont trouvé une jolie formule pour traiter de cette affaire réjouissante : “le choc des fauxtos”. Bravo !
(2) On peut voir les photos sur le site www.melty.fr
(3) Voir la signification du terme aptonyme sur Wikipédia et cette liste amusante d'aptonymes compilée par nos amis canadiens.

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