jeudi 18 juin 2009

Jack Lang : la forme et le fond


Sur la forme
Dans une interview au Monde, Jack Lang offre un florilège de ses expressions imagées – dont je suis, je le confie ici, un grand amateur (voir cet article). Ainsi son envolée sur la culture “gratuite” :
Selon une conviction diffuse, le monde la culture s'en mettrait plein les poches, il n'aurait pas besoin de droits d'auteur, il pourrait vivre d'amour et d'eau fraîche, et l'art devrait être gratuit. Jouissons de la culture sans entraves et sans frontières…
Un peu plus bas, c'est le retour de la métaphore canine, chère à Mitterrand :
On ne doit pas sacrifier ses convictions à la mode du moment, au dernier chien qui passe. […] Mon idée de la culture est exigeante, elle s'oppose à la consommation immédiate. J'entends dire “nous entrons dans une ère nouvelle, post-Malraux et Lang.” Pourquoi pas. Attendons que les 1000 fleurs surgissent…
Sur le fond, maintenant
Jack Lang se veut un défenseur avisé (et juriste) de ces droits d'auteur pour lesquels il a tant œuvré. Il récuse la licence globale au motif qu'elle “compenserait de façon dérisoire le pillage”, lui préférant une taxe sur les fournisseurs d'accès afin de “faire baisser le prix de l'offre légale”.

Ces arguments sont recevables. Il n'en demeure pas moins qu'il faudra trouver une autre solution que la seule interdiction pure et dure, au premier rang desquelles, en effet, des taxes de compensation – qu'elles qu'en soient les modalités exactes.

On imagine mal la situation actuelle perdurer sans que de nouveaux modes de rémunération soient mis au point. Sinon, comme nous le disions dans ce blog récemment, soit Internet devra être bridé et surveillé, soit l'économie de la culture s'écroulera. Le statu quo serait la pire des choses. Or la loi Hadopi revient à un statu quo car elle ne définit aucune nouvelle mesure de financement autre que celle, virtuelle, d'espérer que les internautes poursuivis se rendent, honteux z'et confus, dans des magasins pour acheter CD et DVD.
Est-ce crédible ? On peut en douter.

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