jeudi 11 juin 2009

Hadopi… out


Le “retocage” cinglant de la loi Hadopi par le Conseil constitutionnel illustre les contradictions de la politique du Gouvernement : amateurisme législatif alimenté par un mépris de la séparation des pouvoirs, obsessions sécuritaires niant les principes fondateurs de notre République, soumission aux lobbies de l'argent-roi, venus pleurer dans le giron du président, relayés par les “artistes” instrumentalisant “Carla”, archaïsme paradoxal d'un pouvoir qui ne cesse de se réclamer du “modernisme”. Car cette loi fut un remède pire que le mal. Ce raté risque d'accoucher d'un monstre législatif inutile, et l'on aura perdu l'occasion d'une vraie réflexion sur les enjeux de la société numérique.

On aura remarqué, parmi les membres du Conseil constitutionnel présents à la délibération, l'ancien président de la République Jacques Chirac. Aurait-il eu envie, avec son vieil ami Jean-Louis Debré (qui préside le Conseil), de donner une leçon au petit Nicolas ? Peut-être… Il n'en demeure pas moins que les considérants de la décision sont étayés d'arguments de fond nombreux et pertinents. Tout en défendant les droits des auteurs et des interprètes, les Sages posent les principes d'une “charte de l'Internet” plus épanouissants et raisonnables que les tentations totalitaires et passéistes du pouvoir actuel.

“N'ayez pas peur, M. Sarkozy” serait-on tenté de s'exclamer. N'ayez pas peur du Progrès et de la modernité numériques, soyez imaginatif plutôt que de vous recroqueviller sur la “défense d'acquis d'un autre âge”, sortez du cadre étriqué de l'hexagone, vous qui prônez la mondialisation. Car il existe des solutions pour respecter à la fois la propriété intellectuelle et la liberté de nos concitoyens-internautes, nous en avions modestement listées quelques unes dans cet article – tandis que le Web regorge d'idées neuves et efficaces.

Alors, à quand un Grenelle du numérique ? Un de plus…

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