mardi 19 mai 2009

Quitter le monde : très “collé-monté”

Douglas Kennedy sait tenir son lecteur en haleine. Captivé par la plupart de ses romans (voir cet article de novembre 2008), je me suis précipité sur Quitter le monde le jour même de sa sortie en librairie. L'histoire de Jane Howard m'a, encore une fois, passionné et j'ai lu les 492 pages du volume en quelques soirées.

L'auteur excelle à donner corps à un personnage, à le rendre attachant, à décrire les mœurs nord-américaine avec un talent incisif et un “scénario” soigneusement construit. C'est pourtant d'une déception dont je dois faire état ici. Quitter le monde est un condensé des précédents romans, comme si l'écrivain avait piqué çà et là ses morceaux de bravoure préférés pour les recoller ensemble. Les excès mélodramatiques font que l'on songe, en le lisant : “là, vraiment, il en fait trop !”

Le pire est la quatrième de couverture. L'intérêt des romans de Douglas Kennedy réside en grande partie dans les surprises que ménage l'histoire. Or le texte rédigé par l'éditeur se permet de raconter l'histoire jusqu'à la fin. On croit que seul le début du roman est résumé, afin de nous inciter à entamer la lecture. Eh bien non : il révèle l'intrigue jusqu'au début de la cinquième partie, page 417 (sur 492, rappelons-le). Ayant déjà remarqué ce travers, je m'étais abstenu de le lire, heureusement. C'est trop bête !

Enfin, l'éditeur conclut en proclamant : “son roman le plus ambitieux à ce jour”. Peut-être était-il ambitieux… En tout cas, le résultat est son moins bon roman – et je les ai tous lus (à l'exception du premier).

Pour terminer sur une note humoristique, je suis tombé sur une amusante coquille : un homme est décrit comme “collé monté” (au lieu de “collet monté”). C'est un peu de cela qu'il s'agit en définitive : un roman collé-monté, à l'instar des “copiés-collés” informatiques et des films “montés” à la va-comme-je-te-pousse.

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