lundi 4 mai 2009

Couper-coller

Le Monde daté du 2 mai 2009 évoque le projet de Grand Paris présenté par Nicolas Sarkozy à la Cité du patrimoine et de l'architecture. Le président de la République a su reprendre habilement plusieurs propositions des architectes consultés, au point que la journaliste remarque qu'ils se sont tous reconnus dans le “coupé collé” du chef de l'État.

En tant que “conseil en informatique” et amateur de néologismes, on est plus habitué à lire “couper-coller”. Cependant, on parle des “épaulés-jetés” des haltérophiles… Délicat ! En un sens, on pourrait estimer qu'il y a deux façons d'écrire le mot : la première pour désigner l'action et la seconde pour parler du résultat. Ce serait donc bien le résultat qui aurait permis aux architectes de se reconnaître et non l'action de couper puis de coller… Pour profiter des deux orthographes, il est possible à l'inverse d'écrire que le “copier-coller” est un art que certains étudiants pressés pratiquent couramment pour remplir un mémoire à la dernière minute.


Une reproduction du “coupé-collé” perpétré dans notre exemplaire du Monde.

Le choix du verbe “couper” est plus discutable. Rappelons que l'action de “couper” supprime l'élément concerné de sa source – comme le découpage reproduit ci-dessus. Or les projets des architectes précités semblent plutôt avoir été imités, partiellement repris, voire plagiés – et donc “copiés”, d'où la préférence pour “copié-collé”.

Et comme c'est souvent le cas dans ces petits anecdotes amusantes, voici que le hasard s'en mêle : le quotidien du soir a lui-même tenté un joli “couper-coller” en annonçant sur sa “une” que le projet de Grand Paris était évoqué aux pages 13 et 25… mais il n'y a rien à ce propos page 25 ! Un “coupé” qui n'a pas encore été “collé” et subsiste donc quelque part sous le presse-papiers du rédacteur de la première page. Voici un “loupé” qui nous tiendra en haleine, fidèles lecteurs, durant quelques jours…

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