dimanche 10 mai 2009

Audimat

Marc Welinski publie chez Fleuve Noir Indices, un roman sous-titré “intrigues et manipulations au royaume de l'audimat”. Une grande chaîne de télévision, TVF, règne sur l'audience, calculée par l'institut Médiastat. Mais des doutes sur l'exactitude des scores annoncés entraînent Julien Weber dans des aventures mouvementées, surtout qu'il vient d'être bombardé directeur des programmes en remplacement du Cardinal, Vittorio Salvatorelli. Le tout jeune Premier ministre, Emmanuel Stern, a été choisi il y a seulement un an par le président de la République Norbert Silvert. Ses audiences spectaculaires au Vingt-heures ne sont pas étrangères à sa promotion politique. Le voici qui séduit l'animatrice vedette de l'émission “Contrechamps”, Odile Saint-Léger…

L'auteur connaît le milieu de la télévision, c'est évident. Son roman arrive à point nommé : TF1 a connu une chute de ses recettes publicitaires de 27% au premier trimestre 2009, tandis que son audience ne cesse de régresser. Après un quart de siècle de domination sans partage – et de formatage des esprits – serait-ce la fin annoncée de la “télé-poubelle” et de ses obsessions “médiamétriques” ?

L'affaire récente de l'employé de TF1 licencié pour avoir professé des opinions négatives à l'égard du projet de loi Hadopi ressemble étrangement au contenu du roman. Comme quoi la (télé)réalité dépasse souvent la fiction !

Voici les paroles que l'auteur met dans la bouche d'un des ingénieurs officiant à l'institut Médiastats :
Tout le monde dans ce métier a le nez rivé sur les audiences, à l'heure, au quart d'heure, à la minute. La profession entière épluche les chiffres chaque matin comme s'il s'agissait de signes divins.
Ces “signes” ont-ils pour autant une utilité économique ? Rien de moins sûr, poursuit le personnage “de fiction” :
On élève un culte à des statistiques obscures qui ne signifient absolument rien. […] Tout est mensonge en télé. […] Est-ce que les annonceurs vendent plus parce qu'ils font de la pub ? Personne ne le sait. Seulement ça fait quarante ans qu'ils déversent des flots d'argent et qu'ils n'ont pas le courage d'arrêter pour vérifier l'utilité de tout ça.
La fin du roman semble prémonitoire :
À partir de 2008, les audiences des chaînes de télévision chutent brusquement et durablement, surtout chez les jeunes. Internet, les jeux vidéo, le DVD et les autres médias ont sapé le fondement sur lequel la télévision se croyait encore solidement campée. On ne le voit pas encore, mais le système est rongé de l'intérieur.
On peut toujours rêver !

Selon la méthode du recyclage, le blogueur met en vente le roman, acheté 18 € au prix attrayant de 5 € sur PriceMinister. Lu avec le plus grand soin (ah, l'amour des livres !) il ne présente pour ainsi dire aucun défaut notable. Profitez-en pour visiter la “boutique professionnelles des éditions AO André Odemard” à l'adresse : http://www.priceminister.com/boutique/ao-editions.

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