vendredi 3 avril 2009

1, 2, 3… Le Monde !

Après Le Monde 2, voici que le célèbre quotidien du soir lance un nouveau supplément. Étrangement, il n'a pas de titre bien précis, à part la lettrine M, initiale du quotidien. Serait-ce un Monde 3 ? On ne sait. C'est en tout cas un monde grand format puisqu'il mesure à peu près 45 cm sur 31, soit encore plus qu'une page A3 (42 x 29,7 cm). Une débauche de papier ! 48 pages, soit 24 feuilles de 45 x 62 cm mesurant au total près de 7 mètres carrés… Recto-verso, il y aurait de quoi tapisser l'intégralité du sol d'une grande chambre.

On reste dubitatif face à tant d'images géantes, à tant de papier gorgé d'encres colorées, à l'accumulation des publicités et des photos de mode, sans oublier – bling-bling oblige ! – les cadrans géants de montres de luxe. À croire que le M de la couverture fait référence aux mots “mode” ou “montre”. Difficile à dire !


Et puis on découvre une sorte d'alibi culturel sous la forme d'un entretien avec Elisabeth Badinter. La couverture est l'objet d'un gag involontaire puisqu'elle présente l'une des figures du féminisme au-dessus de la photo d'un mannequin masculin, avec la mention : “styles homme : bleu intime”. Que doit-on en déduire ?

Dans l'entretien des pages 12 à 14, Élisabeth Badinter aborde en particulier la question du voile islamique :
Dans une démocratie, l'égalité des sexes est un droit non négociable. […] On ne peut transformer les femmes en fantômes. Je me sens assez solitaire dans ce combat, car si on juge cette situation intolérable, on est immédiatement montré du doigt comme islamophobe. Et, finalement, on tolère l'intolérable pour ne pas être accusé d'intolérance. Quand les religions veulent s'imposer dans l'espace public, c'est une catastrophe pour la démocratie.
Ces opinions n'engagent que leur auteur(e), à rebours des conventions d'aujourd'hui, selon lesquelles le voile est considéré, de plus en plus, comme le summum du féminisme identitaire. Un peu plus haut dans le texte, Élisabeth Badinter regrettait ceci :
Si l'ère des Lumières s'éteint, vers quoi irons-nous, sinon vers les ténèbres dont on eut tant de mal à se libérer ?
Espérons juste que ce petit rayon de lumière viendra illuminer ce Monde troisième du nom, au-delà des photographies racoleuses de la publicité dont les flashes sont plus aveuglants qu'éclairants…

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