vendredi 10 avril 2009

Les usuriers sont de retour

La crise inspire les usuriers, c'est bien connu. L'offensive est menée à la fois dans les boîtes aux lettres virtuelles et réelles. À plusieurs reprises, j'ai ainsi reçu des “offres” d'organismes pratiquant des taux d'intérêt frisant le seuil de l'usure, défini par la Banque de France (voir ici). La marge de manœuvre est importante puisque les taux peuvent dépasser les 20%, alors que le loyer de l'argent n'a cessé de baisser ces derniers mois (c'est ainsi que le taux du livret A, encore à 4% en décembre, a été divisé par deux en février et tombera à 1,75% prochainement).

Ah, les p'tits taux, les p'tits taux !
Sous la forme d'un quasi-spam, une société située à Roubaix joue sur le thème du film Bienvenue chez les Ch'tis pour annoncer des “p'tits taux” de tout de même 20,33% (les 3 mois à 4,5% étant en pratique négligeables).

Exemple : si l'on emprunte 4000 €, expliquent-ils à l'aide de l'astérisque habituel, le coût du crédit sur 34 mois frise les 1000 € hors assurance facultative.

Le texte se termine par une mention pleine de sagesse : “Souscrire un crédit est un acte réfléchi”. C'est certainement la seule chose à retenir de ces propositions !

Une ch'tite cafetière en prime
Dans ma boîte aux lettres réelles a été déposé un volumineux document du même tonneau, provenant cette fois d'une société basée à Villeneuve d'Ascq, toujours le Nord par conséquent. Leur taux est encore plus élevé puisqu'il dépasse carrément 21%.
Ils appâtent le chaland en accordant généreusement “deux mois sans rien payer” et… en offrant une cafetière électrique en cadeau – quelle générosité, mon Dieu ! Attention cependant : la photo est, bien sûr, “non contractuelle”.

Bienvenue chez les p'tits caractères
Comme toujours, la lecture des “p'tits” caractères des conditions contractuelles permet d'apprendre beaucoup de choses…


…par exemple que, en cas de défaillance, non seulement le capital dû est immédiatement exigible mais une indemnité complémentaire de 8% est demandée, portant le taux de 21 à presque 30%. Voilà qui est très très loin d'un “p'tit taux” et risque de mettre le souscripteur dans une situation critique en cas de problèmes financiers.

Qui a dit qu'il fallait “moraliser” le système ?

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