jeudi 12 mars 2009

Cadeau “gratuit” ?

Où l'on apprend que “cadeau gratuit” n'est pas un pléonasme
Nous avions déjà eu l'occasion d'examiner les formidables courriers-spams des 3 Suisses. Le tout dernier, reçu ces jours-ci, mérite d'être observé à la loupe tant sa duplicité montre la rouerie de la société de VPC.


Une lettre personnalisée de la responsable des relations clientèles, Claire Brunoy, nous annonce qu'un “colis à notre nom” est “encore en stock en [leurs] locaux”. En effet, un magnifique peignoir brodé est prêt à nous être expédié. Une “facture acquittée” est jointe à l'envoi pour que nous soyons pleinement rassurés quant à la gratuité du cadeau.


Mais nous sommes avertis (sans frais ?) que “la procédure voudrait que, faute de réclamation de votre part, ce cadeau soit attribué à une autre cliente”. Comment cela ? Pas question ! Vous dites-vous in petto. D'ailleurs, Claire s'en excuse par avance : “J'en serais désolée pour vous”.


Que faut-il faire pour recevoir le cadeau ? Très simple : “retourner dès aujourd'hui le bon de commande joint”. Pourquoi pas, après tout ? Il suffit de ne rien commander et vous recevrez le (magnifique) peignoir (de couleur chocolat ou mangue).


Pour nous encourager, Claire précise que, si l'on souhaitait “refuser le cadeau” (un cadeau ne se refuse pas) alors la procédure (facultative mais recommandée) consiste à “renvoyer la facture, barrée de deux traits rouges et revêtue de la mention refus définitif validée par votre signature.” Rien de moins, en affranchissant bien entendu l'enveloppe jointe – ce qui aura au moins le mérite de faire marcher la Poste. Rien qu'à la perspective de tout ce travail, les bras m'en tombent…


Comme Claire Brunoy conclut qu'elle “attend de [nos] nouvelles”, il serait dommage de la décevoir. Et comme c'est gratuit, pourquoi se priver ? Mais nous allons voir que, chez les 3 Suisses, l'expression “cadeau gratuit” n'est pas un pléonasme (c'est pourquoi elle est employée par Mme Brunoy, en un magnifique acte manqué).


En effet, en bas à droite du bon de commande (voir la flèche rouge dans l'illustration plus haut), une case est pré-remplie, en caractères gris clair, en face de la mention “participation forfaitaire aux frais de traitement”, pour la somme de 5,95 €. Au diable l'avarice ! D'ailleurs, n'est-il pas juste de rémunérer le temps passé par la chère Claire à écrire ce courrier et à imaginer cette “procédure” alambiquée ? Elle mérite bien ses quelque 6 euros, sans parler du prix de revient des luxueux peignoirs, qui doit atteindre des sommets.


Pour tenter de contourner la “procédure” changez votre fusil d'épaule : après tout, peut-être suffit-il de ne pas renvoyer le bon de commande et de se contenter de réclamer le cadeau, puisque cadeau il y a. Pour preuve le “bon d'expédition” joint, tamponné de labels “gratuit”.


Petits futés ! Au verso dudit bon se trouve une mention en minuscules caractères qui précise notamment que l'on peut effectivement réclamer le cadeau “sous enveloppe neutre”… mais en joignant un chèque de 5,95 €.


Cependant, vous serez puni de ne pas respecter la procédure, le délai de livraison du peignoir représentant 4 (quatre) mois. Il se peut que le livreur parte à pied de Croix (Nord) pour venir vous livrer un peignoir après avoir desservi l'Île-de-France.

Voilà une embrouille fichtrement tordue pour tenter d'obtenir des commandes ! Mais qu'importent les moyens. À ce niveau de sophistication, ce n'est plus de commerce dont il s'agit, mais bel et bien d'Art. Chapeau l'artiste !

1 commentaire:

  1. Moi je l'ai commandé ce fameux peignoir et j'ai payé les frais de port bien sûr. Déjà j'ai attendu 3 mois et l'hiver a bien sûr commencé sans le peignoir et qu'est-ce que je reçois vendredi un pauvre sac tout pourri alors que j'avais demandé ce peignoir. J'ai le temps de me peler !!!

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