dimanche 15 février 2009

Des urgences qui n'en sont plus

Une revue d'architecture fait peau neuve, L'Arca International. Dans son éditorial, Cesare Maria Casati décrit un phénomène qui devrait, je crois, inspirer notre réflexion.
Nous avons commencé à lier inconsciemment et de plus en plus fréquemment notre corps à certaines prothèses de mouvement et de communication tout à fait nouvelles.
Des prothèses qui ont réduit les temps d'information et de décision au point de nous faire perdre le contact avec notre capacité biologique d'élaborer la pensée et l'analyse critique de nos actes.
Voilà une définition claire et pertinente de ce mal qui ronge notre époque : l'obsession de l'urgence, qui pollue et trouble l'enchaînement des choses et, surtout, détériore leur qualité sous couvert d'instantanéité. Dans ma vie professionnelle, je constate par ailleurs un paradoxe : l'embrouillamini des urgences conduit nombre de mes clients à privilégier les "petites" urgences secondaires et, portés par la vague, à accroître dans des proportions considérables la période dite de "réflexion" durant laquelle, en réalité, celle-ci est impossible. Et soudain, au bout de plusieurs mois d'attente, on s'entend dire : “Depuis le temps qu'on en parle, maintenant, il faut aller vite…” alors que si l'on avait décidé au lieu “d'en parler” l'affaire serait achevée depuis longtemps !

L'Arca International est une revue bilingue anglais-français. La présentation est somptueuse et le prix reste jouable pour une revue d'architecture (13,70 €) bimestrielle, celles-ci étant souvent proposées à des prix impossibles comme AMC (le Moniteur Architecture) à plus de 20 €. Citons aussi la revue D'Architecture (d'A) qui reste abordable, parution mensuelle pour une dizaine d'euros.
Voir : www.arcadata.com et www.info-presse.fr.



À propos du “juste à temps” – ou plutôt du “pile à la bourre” – j'ajoute un codicille à cet article en reproduisant le courrier publicitaire d'un fournisseur de cadeaux d'affaires qui me propose, quelques jours après la fin de la période “officielle” des vœux, de commander 50 stylos gravés de ma raison sociale (en l'occurrence mes nom, prénom, code postal et ville). Je dois dire que je trouve l'objet sans grand intérêt, mais ce n'est qu'une affaire de goût. Voilà une entreprise qui est… dans les urgences, car j'ai reçu ce courrier le 16 février (alors qu'il mentionne un dépôt le 3 février), de toute façon beaucoup trop tard pour que j'y donne suite !

Chers internautes, le premier qui m'adresse un courriel aura le plaisir de recevoir ce superbe cadeau ! À bons entendeurs, salut !

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