mardi 27 janvier 2009

La compta publique pour les nuls

L'avantage d'avoir été "adhérent du PS à 21 euros" de 2006 à 2007 est de recevoir encore, trois ans après, L'hebdo des socialistes. J'avais appris dans la presse que le PS proposait un plan de relance alternatif. Je l'avais trouvé exclusivement conjoncturel, sans une seule mesure structurelle. Dans son éditorial, Martine Aubry précise ceci :
Nous savons que nous ne réglerons pas, avec ce plan, les problèmes fondamentaux et de structure du système actuel. […] Cette première étape en appelle une seconde bien plus essentielle […] le système doit être totalement repensé. Nous y travaillons déjà.
Dont acte par conséquent, et rendez-vous dans quelques mois.


Un peu plus loin, dans un article intitulé La culture au Kärcher, le PS imite la célèbre collection pour brocarder "la culture par un nul". Il est vrai que les déclarations de notre président au sujet de la culture témoignent du peu d'attrait qu'il semble ressentir pour ce pan de notre "civilisation" – à la poubelle La princesse de Clèves, les études de Grec, de Latin ou de psychologie, la Comédie Française, que sais-je encore. Mais attention, les amis, la blague peut très vite se retourner contre vous. Car, page précédente, que voit-on ?


Un superbe tableau à deux entrées, titré Un financement cohérent et équilibré (cliquez dessus pour voir les détails). Il m'a attiré l'œil immédiatement. Ainsi on allait savoir comment le PS financerait son plan de relance. Aïe ! Aïe ! Même le plus débutant des comptables sait que les deux colonnes sont en principe titrées Emploi et Ressources ou Dépenses et Recettes. Là, non. L'équilibre du plan repose sur deux jambes (dixit Martine Aubry) : le soutien aux revenus (dépenses) et le soutien à l'investissement (autres dépenses, même si productives à moyen terme).

J'aurais plutôt tendance à parler d'un plan cul de jatte que d'un financement "solide et réaliste". C'est donner des verges pour se faire fouetter, selon l'expression populaire. On accuse tout le temps le PS de ne penser qu'aux dépenses… le voilà donnant des arguments à ses ennemis !

Les recettes, parlons-en. Je suis très étonné que, dans une période aussi exceptionnelle que celle que nous traversons, le PS n'ait même pas imaginé quelques mesures fiscales tout aussi exceptionnelles, comme – mais ce n'est qu'un exemple – une tranche supplémentaire et provisoire de l'impôt sur le revenu pour les très hautes rémunérations (genre bonus pharamineux) ainsi que l'a décidé la Grande-Bretagne. Mais non. Même cela, le PS n'ose le proposer.

En matière de plans de relance, je suggère donc à Martine Aubry et Nicolas Sarkozy de suivre ensemble un stage d'initiation aux finances et à l'économie et… on en reparlera ! Je sais que j'exagère. Néanmoins, non seulement je le fais sciemment mais, en plus, je trouve qu'il y a vraiment de cela.

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