samedi 31 janvier 2009

Une 2CV qui manifeste !

Poursuivons notre lecture du Monde, sur un mode plus réjouissant cette fois-ci.


La photo de la Une de l'édition du Monde datée de ce samedi 31 janvier est consacrée aux grèves et manifestations du 29 janvier. Ô divine surprise ! Que voit-on sur la gauche ? Une superbe 2CV verte ! Ce sont les lecteurs américains du Monde qui seront contents, eux qui persistent à croire que 50% au moins des Français roulent en Deuche, non sans être passés au préalable chez le boulanger acheter leur baguette, coiffés de leur traditionnel béret…

En revanche, notre président sera moins content, lui qui prône la Modernité. Le message subliminal de la photo du Monde est par conséquent plus subtil qu'on ne pourrait le croire : oui, les manifs, c'est bel et bien archaïque, cela rappelle le bon vieux temps de cette Deuche des années 70 ou 80 dans laquelle les jeunes s'entassaient, insouciants. Démodé, à l'époque du bling-bling, tout ça. Allez, ouste ! place à la Modernité. Faisons table rase du passé ringard et soixante-huitard ;-)

Appel au Peuple
Le maître-toile de l'Inventaire Utopique (et néanmoins incomplet) des 2CV fait un appel au Peuple pour disposer d'un cliché amateur de cette 2CV exceptionnellement sacrée par l'Actualité !

Tabac-realité

Au détour d'un post-scriptum ajouté par Sylvie Kauffmann à son article du Monde (31 janvier), on prend conscience avec effroi des logiques à l'œuvre aujourd'hui dans notre… monde et en particulier dans nos sociétés.


Que dit ce texte ?
Qu'un tribunal de New Delhi vient de rejeter l'interdiction de fumer à l'écran décrétée en 2005 en Inde, motivant ainsi sa décision : « Un film doit refléter les réalités de la vie, et le tabac est une réalité de la vie. »

Arrêtons-nous quelques instants sur les implications a contrario que contient cette brève.

Les interdictions liées au tabac touchent de nombreux secteurs afin de protéger tout un chacun de ses méfaits. Aux États-Unis en particulier, on ne fume plus sur les écrans dans la majorité des films. Ce qui prouve que toutes les « réalités de la vie » ne sont pas bonnes à montrer. Difficile à contester. Mais poursuivons : si l'on renonce à montrer sur les écrans des gens qui fument, qu'en est-il des meurtres, des viols, de la torture et, d'une façon générale, de toute activité répréhensible ou moralement indéfendable ?

La suite du post-scriptum de Sylvie Kauffmann, décidément très instructif malgré sa brièveté, nous donne la réponse. Qui pourrait, en effet, décider de ce qui est bon ou mauvais ? À votre avis ? Les religions, évidemment, qui sont là pour orienter nos actes vers le Bien.
En Indonésie, la question ne se pose plus : le Conseil des oulémas, autorité religieuse musulmane, a interdit aux femmes enceintes et aux enfants de fumer, ainsi qu'aux hommes dans les lieux publics.
Que trouver à redire à cette prescription ? Rien. Pourquoi autoriser les femmes à mettre en danger la vie d'un enfant à naître ? Pourquoi autoriser des mineurs à fumer ? Pourquoi autoriser des hommes à montrer le mauvais exemple dans des lieux publics ? Aucune justification n'existe, n'est-ce-pas ?

Nous sommes mûrs pour un nouvel ordre moral. Enfin ! Vous trouvez que j'exagère ?

vendredi 30 janvier 2009

Espaces insécables

Si vous utilisez Blogspot et appréciez la typographie, cette note vous intéressera certainement.

De quoi s'agit-il ?
Lorsque vous êtes amené à insérer un point d'exclamation, d'interrogation ou encore les deux points dans votre texte, vous les composez selon toute vraisemblance en les faisant précéder d'une espace. L'ennui est que si celle-ci tombe par malchance juste à la fin d'une ligne, le signe se trouve renvoyé au début de la ligne suivante, ce qui n'est pas élégant, comme dans cet exemple :



Code de l'espace insécable
Normalement, pour éviter cet inconvénient, les pages Web dignes de ce nom acceptent l'espace dite insécable (qui ne peut être coupée). Dans Word, par exemple, on l'obtient en tapant option-barre d'espacement (sous Mac OS). Le code HTML correspondant se compose des lettres N-B-S-P précédées du signe & et suivies du point-virgule. Logiquement, nous pourrions l'insérer manuellement dans le code HTML de l'éditeur de Blogspot, comme ceci :


Cependant, Blogspot ne l'accepte pas et l'efface systématiquement.

Quelle parade employer ?
J'avais évoqué cette question sur le forum de Google (propriétaire de Blogspot rappelons-le) et un internaute m'avait fourni une solution qui semblait fonctionner. Une balise permettrait d'éviter la coupure de l'espace, codée N-O-B-C. Il faudrait la placer avant le mot concerné et fermer la balise selon les règles en usage après le signe de ponctuation. Pas de chance : cette balise n'est pas standard et ne figure donc pas dans les normes récentes appliquées par les navigateurs.

Quelle est la norme ?
Une recherche sur des forums m'a permis de trouver une autre syntaxe recourant aux balises span :


J'ai testé cette astuce dans le paragraphe d'exemple et cela semble fonctionner.


La saisie s'en trouve cependant tellement alourdie qu'il faut être sacrément perfectionniste pour l'appliquer systématiquement, d'autant que la taille des caractères peut varier notablement d'un système d'exploitation à l'autre, d'un navigateur à l'autre ainsi qu'en fonction des réglages des utilisateurs (zoom), comme dans l'exemple ci-dessous. On ne peut par conséquent se limiter aux seuls défauts constatés sur notre propre navigateur, mais traiter de la sorte toutes les occurrences d'espaces susceptibles d'être coupées…



Allô, y a-t-il un pilote chez Blogger ?
Tout ceci serait superflu si les programmeurs de Blogger, le support de Blogspot, avaient prévu d'autoriser la saisie d'espaces insécables comme dans tout traitement de texte qui se respecte. Le peu d'êtres humains impliqués dans sa gestion (si tant est qu'il en existe encore) n'a semble-t-il pas permis d'inscrire cette modification sur leur feuille de route.

Bon courage aux blogueurs typographes !

jeudi 29 janvier 2009

Antonio Gomez, policier repenti

Il y avait longtemps que je n'avais pas reçu de spam de qualité et, ce jeudi 29, j'ai été enfin récompensé de ma patience. Lisez donc l'histoire fantastique et édifiante d'Antonio Gomez !

Sur les spams, hoax (mails de rumeurs et canulars) et autres tentatives d'escroqueries, consultez le site www.hoaxbuster.com.

Un policier corrompu sur le chemin de la Rédemption
Antonio Gomez est un ancien agent de police qui exerçait sur l'île Maurice. Malheureusement, cet homme a cédé aux sirènes de la corruption, n'hésitant pas à s'engager dans toutes sortes de trafics illégaux – armes et drogues notamment. Aujourd'hui, le voici atteint d'un cancer du poumon et touché par la Grâce religieuse. Son confesseur lui a conseillé ceci afin qu'il rachète son âme ô combien noircie par de si criminelles actions : faire des dons à un grand nombre de personnes dans le monde, ce qui devrait lui garantir le pardon de ses péchés.

La Sagesse d'Internet
Mais qui choisir ? L'ex-policier véreux s'en remet à la Sagesse d'Internet et envoie des courriels en masse, laissant la Providence choisir les heureux bénéficiaires de ses largesses. Et, chance inouïe, voici que j'ai été choisi pour bénéficier gratuitement d'un chèque de 85 000 euros (Quatre-Vingt Cinq Mille Euros est-il précisé en toutes lettres). Le pécheur s'adresse ainsi à moi, avec une grandeur d'âme émouvante (et une faute de français touchante) :
Au nom du seigneur créateur du ciel et de la terre, cette somme vous aidera à réglementer une bonne partie de vos problèmes financiers.
Il est probable que son ancienne profession ait induit une confusion dans l'esprit du policier entre "régler" et "réglementer" – mais on l'excusera.

Comment se procurer cette somme alléchante ?
Il suffit de contacter le notaire d'un "cabinet financier" du nom de Roger Badou. Comme l'indique Antonio Gomez dans son message :
Ce dernier ayant une bonne foie a eu à signé un contrat d'accord de partenariat financier avec moi afin de permettre à mes heureux bénéficiaires de rentrer en possession de la donation.
Voici un notaire qui n'a pas dû abuser de l'alcool, puisqu'il conserve un(e) bon(ne) foie (*). Je peux prendre contact avec cet officier ministériel au choix par courriel (adresse indiquée) ou par fax (numéro indiqué). Quant à Antonio Gomez, il part pour les USA dès ce soir afin, dit-il, de « continuer ses soins ». Nous lui souhaitons bon rétablissement.

La question qui se pose néanmoins, c'est l'ampleur du magot amassé par ledit Gomez. Y aura-t-il assez de fonds pour satisfaire les très nombreux internautes qui ne manqueront pas de se manifester ? Raison de plus pour se précipiter !

Annexe : le fac-similé du courriel



(*) Cela me rappelle la phrase que mon père employait volontiers pour rassembler les différentes versions du mot "foi" :
Il était une fois une vendeuse de foie dans la ville de Foix, qui se disait : "ma foi, c'est la première fois que je vends du foie dans la ville de Foix !"
Ah, c'est sûr, il faut avoir la foi pour retenir cette orthographe… et surtout pas avoir les foies.

mercredi 28 janvier 2009

La journée des trois sorcières

Je viens de terminer le roman de Georges Moréas, La journée des 3 sorcières, sous-titré Journal d'un trader. Je me permets de vous en recommander la lecture car non seulement il est mené avec brio mais il fournit d'intéressantes clés sur les délires des traders fous qui ont bien failli conduire notre système financier à l'implosion.

Comment ai-je eu connaissance de ce livre ?
Il se trouve que j'édite des textes à l'aide de ma petite maison d'éditions, en recourant aux services de l'imprimeur (et éditeur si on le souhaite) Lulu.com (voir mes démêlés avec eux). C'est la formule qu'a choisie Georges Moréas pour éditer son dernier roman. Moréas est un ancien policier de haut niveau, puisqu'il a dirigé l'OCRB (Office Central pour la Répression du Bandistime). Il sait de quoi il parle ! Je l'avais rencontré peu après la publication de mon roman au Fleuve Noir, qui avait par ailleurs édité une série de romans de Moréas. Un gars compétent, gentil comme tout, qui n'a absolument pas la grosse tête, et avait choisi courageusement de vivre de sa plume alerte, par exemple en écrivant des scénarios de séries TV. À cette époque, Fleuve Noir avait lancé une nouvelle série en alternant auteurs confirmés et premiers romans – dont le mien, un honneur dont je resterai à jamais fier et heureux. Moréas avait eu droit à une sorte de faveur, son roman Le flic qui n'avait pas lu Proust, étant publié en grand format contrairement aux autres volumes de la série, imprimés au format livre de poche. C'était d'ailleurs une fausse faveur car le livre était plus cher à l'achat, ce qui ne favorisa pas ses ventes.

Tout cela pour dire que j'ai eu la chance de dégoter ce Journal d'un trader, aussi tenté-je de lui donner un petit coup de pouce (mérité) à ma façon. Je vous rappelle l'adresse où l'on peut se le procurer au prix de 19 euros (258 pages, 14,81 cm x 20,99 cm, reliure dos carré collé), c'est http://www.lulu.com/content/3138687.

Bonne lecture !

Georges Moréas tient un blog sur le site du Monde.fr intitulé Police et cetera. C'est là que je l'avais retrouvé en cherchant des informations sur l'affaire Julien Dray.

mardi 27 janvier 2009

La compta publique pour les nuls

L'avantage d'avoir été "adhérent du PS à 21 euros" de 2006 à 2007 est de recevoir encore, trois ans après, L'hebdo des socialistes. J'avais appris dans la presse que le PS proposait un plan de relance alternatif. Je l'avais trouvé exclusivement conjoncturel, sans une seule mesure structurelle. Dans son éditorial, Martine Aubry précise ceci :
Nous savons que nous ne réglerons pas, avec ce plan, les problèmes fondamentaux et de structure du système actuel. […] Cette première étape en appelle une seconde bien plus essentielle […] le système doit être totalement repensé. Nous y travaillons déjà.
Dont acte par conséquent, et rendez-vous dans quelques mois.


Un peu plus loin, dans un article intitulé La culture au Kärcher, le PS imite la célèbre collection pour brocarder "la culture par un nul". Il est vrai que les déclarations de notre président au sujet de la culture témoignent du peu d'attrait qu'il semble ressentir pour ce pan de notre "civilisation" – à la poubelle La princesse de Clèves, les études de Grec, de Latin ou de psychologie, la Comédie Française, que sais-je encore. Mais attention, les amis, la blague peut très vite se retourner contre vous. Car, page précédente, que voit-on ?


Un superbe tableau à deux entrées, titré Un financement cohérent et équilibré (cliquez dessus pour voir les détails). Il m'a attiré l'œil immédiatement. Ainsi on allait savoir comment le PS financerait son plan de relance. Aïe ! Aïe ! Même le plus débutant des comptables sait que les deux colonnes sont en principe titrées Emploi et Ressources ou Dépenses et Recettes. Là, non. L'équilibre du plan repose sur deux jambes (dixit Martine Aubry) : le soutien aux revenus (dépenses) et le soutien à l'investissement (autres dépenses, même si productives à moyen terme).

J'aurais plutôt tendance à parler d'un plan cul de jatte que d'un financement "solide et réaliste". C'est donner des verges pour se faire fouetter, selon l'expression populaire. On accuse tout le temps le PS de ne penser qu'aux dépenses… le voilà donnant des arguments à ses ennemis !

Les recettes, parlons-en. Je suis très étonné que, dans une période aussi exceptionnelle que celle que nous traversons, le PS n'ait même pas imaginé quelques mesures fiscales tout aussi exceptionnelles, comme – mais ce n'est qu'un exemple – une tranche supplémentaire et provisoire de l'impôt sur le revenu pour les très hautes rémunérations (genre bonus pharamineux) ainsi que l'a décidé la Grande-Bretagne. Mais non. Même cela, le PS n'ose le proposer.

En matière de plans de relance, je suggère donc à Martine Aubry et Nicolas Sarkozy de suivre ensemble un stage d'initiation aux finances et à l'économie et… on en reparlera ! Je sais que j'exagère. Néanmoins, non seulement je le fais sciemment mais, en plus, je trouve qu'il y a vraiment de cela.

Le monde change


Le quotidien Le Monde change de maquette dans son numéro daté du mardi 27, paru lundi après-midi. Impatient d'en prendre connaissance, je l'ai acheté dans un kiosque place Bellecour à Lyon sans attendre de le recevoir dans ma boîte aux lettres le lendemain matin.


Il s'agit d'une évolution en douceur et non d'une rupture. Tant mieux ! Deux nouveautés frappent au premier coup d'œil. Un : l'abondance de traits épais, probablement pour guider le regard du lecteur. Deux : une nouvelle police de caractères, plus proche de ceux que l'on emploie sur les écrans des ordinateurs, c'est-à-dire sans empattements, ces petits piétements sur lesquels reposent les lettres de la famille du Times (dénomination venue du quotidien américain). On remarque aussi que les photos sont plus nombreuses et parfois en couleur.
Rien de révolutionnaire mais un bilan globalement positif, grâce au savoir-faire des typographes et metteurs en pages. On a cependant un peu l'impression que le quotidien du soir tente d'attirer ceux qui ont des difficultés à lire : les titres sont un peu plus gros, tout est souligné, encadré, illustré, une façon d'entériner le déclin du texte imprimé dans notre société des écrans.

eBook : une daube absolue
À propos d'écrans, je suis passé à la FNAC et suis tombé sur l'eBook de Sony, cet instrument censé fournir une alternative au livre imprimé, justement. Je l'ai manipulé durant un petit quart d'heure. C'est une daube absolue. L'objet est gris, plastiqueux, sinistre, relativement gros et tient mal en mains. Plus grave, les touches sont imprécises et le logiciel réagit avec retard. On a la sensation que l'appareil ne répond pas, ce qui entraîne des "doubles clics" involontaires et donne l'impression que la machine est lourde et empesée. Beaucoup trop de boutons sont placés sur les côtés, ce qui nuit à sa tenue car l'on risque d'appuyer par erreur sur l'une des touches. La partie inférieure est trop grande et, elle aussi, surchargée de boutons de maniement, accroissant inutilement la taille de l'objet.
Au moment où on tourne la page, c'est une sorte de flash qui vous explose au visage, un inconvénient insupportable. On ne visualise qu'une seule page à la fois, contrairement aux pages en vis-à-vis des livres. Impossible de feuilleter rapidement l'ouvrage, pour aller consulter une table des matières par exemple, un autre inconvénient dirimant. Quant à la typographie, elle reste peu nette, gâchant le plaisir de lecture (8 niveaux de gris seulement, une résolution beaucoup trop faible).


Comparez ci-dessus une image en millions de couleurs et, à droite, une image en 8 niveaux de gris (cliquez sur l'image pour l'agrandir). Éloquent !

Aucune sensualité n'émane de cet appareil "dur", à l'opposé de la douceur et de la souplesse du livre en papier. Et cette horreur coûte 299 euros (on trouve des PC complets au même prix), tandis que le moindre fichier de livre est facturé entre 10 et 15 euros, une tarification absurde pour un simple fichier numérique, qui risque d'ailleurs d'inciter au piratage. Pas d'impression, pas de transport, une dématérialisation totale que les promoteurs du produit veulent facturer au prix fort ? Il faut vraiment être un geek de compétition pour acheter de tels produits…

J'ai déposé un avis résumant cet article sur le site de la FNAC le 27 janvier. On verra s'il est "modéré" ou s'il est mis en ligne (voir www4.fnac.com/Shelf/comments_list.aspx?PRID=2485413). En voici la copie d'écran au cas où il serait censuré (zoom en cliquant dessus) :



Une nouvelle façon de dévorer les livres, dit le slogan publicitaire. Attention ! Vous risquez de vous casser les dents ! Le produit n'a aucun intérêt. Pour ma part, je verrais plutôt une formule intégrée à un appareil du type de l'iPhone, avec éventuellement un écran un tout petit peu plus grand et une commande tactile très réactive. Les outils spécialisés sont condamnés d'avance, surtout à ce prix. Imaginez : vous allez vous balader avec un téléphone, un appareil photo numérique, un lecteur de MP3 et un eBook ? Prévoir un gros sac à dos ou un cartable épais et de solides épaules, d'autant que l'appareil pèse 260 grammes, à comparer aux 180 grammes d'un livre de poche de 500 pages.

mercredi 21 janvier 2009

Revue de presse

La lecture d'un quotidien révèle parfois un fil conducteur reliant plusieurs titres et articles de façon surprenante. C'est la sensation que j'ai éprouvée à la lecture de l'édition du Monde datée du 21 janvier.


Page 2. L'éditorial évoque les bonus que s'octroient notamment les dirigeants de certaines banques au mépris de toute éthique. L'éditorialiste sait trouver les mots justes : « Quand la crise frappe, il est obscène de s'accorder un bonus pouvant représenter le gain d'un smicard en une vie. » Même en l'absence de crise, reconnaissons qu'il y a de quoi s'interroger sur l'amplitude de cette échelle du mérite… Mais le mot est là : obscène, avec ses variantes indécent et malsain.

Page 6. Ségolène Royal se rend aux USA pour assister à l'investiture de Barack Obama. Toujours aussi modeste, l'ex-candidate à la présidence de la France précise ceci : « Oui, j'ai inspiré Obama et ses équipes nous ont copiés. » On peut juste regretter qu'elle n'ait pas remporté le scrutin de 2007. No, she could not. Il y a de l'indécence dans ce genre de suffisance, dans cette façon de tout ramener à soi – sinon de l'obscénité !

Page 7. Un entrefilet rappelle que le Zimbabwe a déploré 2000 morts des suites d'une épidémie de choléra, que son inflation est devenue incontrôlable et que ses gouvernants ne parviennent pas à s'entendre. Le silence assourdissant qui entoure cette situation dramatique a quelque chose d'obscène.


Page 8. Gaza. Avez-vous remarqué que la quasi-totalité des photos de civils palestiniens publiées dans la presse ces dernières semaines représentent des femmes ? Il y a, encore une fois, quelque chose d'obscène à instrumentaliser ainsi la femme comme objet de propagande – surtout de la part d'une religion qui prétend la protéger et… la voiler tout en entretenant en principe une défiance à l'égard de la photographie. Drôle de droit à l'image !

Page 9. L'agence de notation Standard & Poor's (oserais-je traduire : Norme des Pauvres ?) abaisse les notes de l'Espagne et de la Grèce. Ces agences ont noté au plus haut niveau un bon nombre des banques et autres établissements financiers qui sont en train de s'effondrer, se goinfrant au passage d'honoraires faramineux. Il y a de l'indécence dans la façon dont ces organismes totalement déconsidérés osent se mêler des affaires des États.

Page 11. Eric Besson n'a « pas de problème avec le concept d'identité nationale ». Ce paroxysme du retournement de veste, cet homme qui se goinfre (c'est une image) dans toutes les cantines avec un appétit dégoûtant a, excusez-moi, quelque chose d'obscène. À quand son entrée au Front National, puis chez Besancenot ? Ainsi aurait-il fait un tour complet !

Page 11 (en bas). Michèle Alliot-Marie se « réjouit des bons résultats de la délinquance ». Les vols avec armes à feu ont progressé de 15%, les escroqueries et infractions financières augmentent de 10% et les infractions à la législation sur les stupéfiants totalisent +50% par rapport à 2005. Enfin, les violences faites aux personnes enregistrent + 10000 cas (+2,4%). Tout va très bien MAM la Marquise – indécent !


Page 13. De nouveaux concepts pour la Finance. Ce serait drôle si ce n'était pas indécent. Voici deux nouveaux sigles : les TARP (Troubled Assets Relief Plan) qui ne sont pas des plans en relief d'actifs troublés, mais bien des plans de convalescence d'actifs malades. En Français, cela pourrait donner CPAM pour Convalescence Planifiée d'Actifs Malades (ou Caisse Primaire d'Assurance Maladie). Le concept de Bad Bank est plus intéressant : il consiste à rassembler les actifs malades dans des « mauvaises banques ». Excellente initiative ! Il ne reste plus qu'à nationaliser ces BB, ce qui permettra à chacun d'entre nous de financer les pertes… tout en maintenant les bonus, parachutes dorés et autres retraites-chapeaux de leurs dirigeants. Ça, c'est un bon Plan.

Page 15. Le quotidien du soir britannique Evening Standard est racheté par Alexander Lebedev, ancien du KGB propriétaire d'une des principales banques russes et de 30% de la compagnie aérienne Aeroflot. Selon la presse britannique, la valeur dudit quotidien serait de l'ordre d'une livre sterling. Comme M. Lebedev compte prendre une participation de 75%, cela ne devrait lui coûter au final que 75 pennies, soit le prix de quelques exemplaires du journal. Bonne affaire et quelle prestigieuse référence pour un organe de presse d'être la propriété d'un ancien du KGB !

Page 18. Dans un article sur Al-Qaida, la liste des filiales de l'organisation ressemble à celle de livres d'aventures pour enfants ou de films fantastiques à épisodes : Al-Qaida au pays des deux lieux saints, Al-Qaida au pays des deux fleuves, Al-Qaida au Maghreb islamique, etc. Le contraste entre les activités de ces filiales dûment labelisées et leurs libellés a, excusez la répétition, quelque chose d'indécent.


Mieux vaut arrêter là ! Quoique… le meilleur pour la fin avec une citation de George Bush extraite du supplément du New-York Times : « Part of economic security is owning your own home. » Un clin d'œil à la « France de propriétaires » de notre président à nous. Sécurité économique ? Sous certaines conditions comme disent les astérisques des publicités !

Certes, une fois encore, j'exagère à dessein. Reconnaissez qu'il y a de ça quand on constate combien de choses proprement scandaleuses sont annoncées quotidiennement sans que l'on s'en soucie plus que cela. Obscène ? À vous de voir…

Le spam nous étonnera toujours

Au menu du jour : un spam difficile à décrypter et, tout nouveau et tout beau, le spam par téléphone.

Un spam difficile à lire
Voici le texte d'un spam reçu aujourd'hui, dont l'élégance le dispute à la concision. Je crains cependant que son utilité et son efficacité ne soient réduites !
‰ã¢êÀ>·­ j Þ¬ §xè®Û§x®ƬŠzœ•«^Ú"Ê&™àœ ëj ´‚w€ºw€­éíx žžËž–W€†ÛiÿðÃ$Š÷®µ×¬¢ër‰¿~¶¿&€½ ¶·€rŠ%Æ«)@È€uëqéíj)Þ°^7®Ä§X �à´ §º'ºÀžŠæxâz{h´%j)À
Que ceux qui lisent dans le texte cette langue inconnue nous donnent sa traduction. Ce doit être passionnant ! Pour la beauté du geste – l'ArtSpam – en voici une version sous forme d'image :



Le spam par téléphone
Et comme annoncé, passons au spam par téléphone. Le procédé est tout simple et déjà répandu. Vous recevez un message automatique sur votre téléphone (fixe ou portable) vous suggérant de rappeler un numéro pour, par exemple, gagner un prix de 250 à 1000 euros. Tout frétillant de joie, vous vous exécutez sans réfléchir et appelez bien entendu un numéro surtaxé.

Le numéro qu'on me demandait de rappeler (ce que je n'ai pas fait, vous vous en doutez) était le 0899782552. On en trouve facilement l'origine, une société que je ne nommerai même pas pour éviter de déranger sa modestie. C'est vrai : le mécénat est tellement rare de nos jours ! Voilà des gens honnêtes, organisant par pure générosité des concours pour faire plaisir à tout un chacun. Bravo et merci les amis !

lundi 19 janvier 2009

Paul Auster & René Belletto


La lecture de Brooklyn Follies de Paul Auster procure un réel plaisir. Fluidité du style, intelligence de l'histoire, personnages humains attachants et crédibles. Bref, un enchantement. N'étant pas critique littéraire, je me bornerai à un petit clin d'œil à René Belletto, spécialiste des descriptions de "bruits " automobiles, qui trouve là un élève doué sinon un maître, ainsi qu'en témoignent ces quelques lignes :
La voiture produisit l’un des bruits les plus étranges de toute l’histoire de l’automobile. […] Gloussement rauque ? Pizzicati hoquetants ? Un pandémonium de rigolades ? […] Un vacarme qui semblait sorti du gosier d’une oie en train d’étouffer ou celui d’un chimpanzé ivre. Finalement, les spasmes s’unifièrent en une seule note prolongée, une éructation à la sonorité de tuba, qui aurait pu passer pour un renvoi humain. Pas exactement le rot d’un buveur de bière satisfait, plutôt un bruit rappelant le grondement lent et douloureux d’une indigestion, une décharge d’air s’échappant dans des tonalités de basse de l’œsophage d’un homme affligé au dernier degré de brûlures d’estomac.
Ce devait être aussi un assez joli défi de traduction – du moins pour un angliciste modeste tel que votre serviteur – quand on compare ce texte avec la version originale :
The engine coughed forth one of the most peculiar noises in automotive history. […] Raucous chortling? Hiccupping pizzicati? A pandemonium of guffaws? […] something that might have come from the mouth of a chocking goose or a drunken chimpanzee. Eventually, the guffaws modulated into a single, drawn-out note, a loud, tuba-like eructation that could have passed for a human burp. Not exactly the belch of a satisfied beer drunker, but a sound that recalled the slow, agonizing rumble of indigestion, a basso discharge of air seeping from the throat of a man afflicted with terminal heartburn.
Tout juste me permettrai-je de relever et rappeler que "eventually" se traduit bien par "finalement" et non par "éventuellement" – une pique contre les anglicismes snobinards que j'abhorre.

Et pour conclure citons l'auteur qui nous offre un joli petit aphorisme à la fin de l'avant-dernier chapitre :
Il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir des livres. / One should never underestimate the power of books.
Peut-être exagère-t-il mais, pour ma part, je trouve qu'il y a de ça. À graver au fronton de toutes les librairies et maisons d'éditions… ce que je me suis empressé de faire sur le site de "mes" éditions AO.

Allez-y voir, chers internautes, l'adresse est www.ao-editions.com.

A propos de cheminots

Les commentaires des internautes sur les sites des médias ressemblent aux micro-trottoir de la télévision ou aux propos de cafés du commerce. En dépit de leur outrance, ils sont toujours instructifs. Voici une « revue de propos » tirée des réactions à une question posée par le quotidien La Tribune : « Faut-il privatiser la SNCF ? » Nous avons conservé les pseudonymes des intervenants et nous sommes permis de rétablir l'orthographe et la ponctuation de ces commentaires afin de faciliter leur lecture.

Pour la privatisation
Ce qui frappe au premier abord est la motivation des internautes. Pour eux, privatiser est avant tout une sanction, une façon de punir les cheminots.
Pierofran est sans détours :
Oui privatisation et arsenal de coups de pied au cul de ces flemmards.
Uncoupdepiedauc renchérit :
Un coup de pied au c..., oui, mais cela ne veut pas dire privatiser. Il faut d'abord ouvrir le marché à des opérateurs privés, y compris pour la banlieue.
Il n'est pas évident que lesdits opérateurs se précipitent sur ce marché, sauf à obtenir d'importantes subventions de compensation. Excédé, Bertrand_Toulouse propose d’y aller encore plus fort, mais peut-être surestime-t-il les compétences des militaires :
Il faut envoyer l'armée pour conduire les trains et reprendre en main la situation
…tandis qu’Adenauer (!) prône la discipline :
Privatiser complètement la SNCF ? Peut-être. En tout cas, VIRER manu militari s'il le faut tous les individus inutiles, improductifs, fouteurs de merde, etc. Ça OUI. Et ça concerne pas seulement la SNCF mais le "service public" dans sa globalité. L'absence de retours de bâton et l'emploi à vie, on voit ce que cela a donné.
Nul doute qu’Adenauer n’est pas fonctionnaire ! Fabjacky exprime quant à lui un point de vue plus politique mais tout aussi radical :
Que ce bastion des ultra-collectivistes disparaisse vite vite ! Cela fait trop longtemps que ce ramassis d'intégristes d'ultra-gauche prend en otage le public pour leur seul et unique intérêt mafieux !
Enfin Ito leur souhaite rien moins que le chômage, selon le chantage désormais bien installé dans notre économie. On peut toutefois se demander si le malheur des uns (les cheminots) ferait le bonheur des autres (Ito) ou bien si leurs malheurs s'additionneraient :
Les gens de la SNCF sont des gens qui ne pensent qu'à leur petite personne. Mais ils auront tout le temps de contempler leur nombril quand des opérateurs étrangers viendront sur le marché. Ils auront tout le temps de faire grève au chômage.
Parmi ces partisans de la privatisation, aucun ne semble toutefois se sentir concerné par les conséquences pour lui-même, en tant que client, de cette éventuelle privatisation. C'est probablement pour cette raison que Michel les alerte en ces termes :
Vous avez aimé la privatisation des banques ? Vous adorerez la privatisation de la SNCF !
Qu’en est-il des adversaires de la privatisation ?
Ils peuvent être tout aussi vindicatifs, comme Puiquoiplus, qui ne mâche pas ses mots !
On les voit bien les anti-grèves, qui n'en font jamais bien sûr car ces mange-merde n'ont aucune couille au cul. Je fais pas partie de la SNCF, je suis syndiqué mais je peux vous jurer une chose. Où que tu travailles, quoi que tu fasses, que tu fabriques, quel que soit ton secteur d'activité, on va y regarder à deux fois avant de mettre un seul euro pour ton salaire […] On est des millions en France et vous les anti-grèves, vous allez en chier comme jamais, par la grève de nos achats pour vous nourrir, dès maintenant, on vous piste et on va être très sélectifs.
Tizim apostrophe carrément La Tribune :
Vous êtes un journal néo-libéral et vous posez cette question que la SNCF soit privatisée. Avec le bordel que vous avez causé dans l'économie (délocalisation pour accroître le maximum de profit et payer le salarié misérablement sans couverture maladie ni rien du tout) les néo-libéraux leur rêve c'est de privatiser les profits et de nationaliser les pertes. Pourquoi vous parlez pas de la privatisation des autoroutes ? Explosion des prix, dégradation des autoroutes, parce que au lieu d'investir ils gavent leurs actionnaires de dividendes.
Cam est sur la même ligne :
Non à la privatisation non aux marchands de pognon qui ne voient que le fric et se foutent de l'être humain (voir Grande-Bretagne)
…et Désinformation précise :
Privatiser n'empêchera pas le droit de grève, par contre vous paierez plus cher un mauvais service puisque les bénéfices iront aux actionnaires et partiront à l'étranger. Et les banques privatisées, elles vous servent ou elles se servent et vous demandent de payer ?
Ludo33 renchérit sur le même thème :
Qu'est-ce que ça apporterait de privatiser la SNCF ? A coup sûr, encore moins de service aux usagers pour plus de frais ! On pourra compter sur les actionnaires pour ça…
…ce que confirme l’internaute dont le pseudo est sans ambiguïté, SauvonsLaSNCF :
Privatiser la SNCF pour supprimer des emplois encore et encore et générer de ce fait plus de profit pour les actionnaires et plus d'insécurité pour nous les voyageurs (moins d'entretien, moins de personnel d'accueil et au final moins de services au public). Non merci.
Mauzemontole a une analyse assez complète sur les grévistes et la sécurité :
Certains ne se rendent pas compte de ce qu'il disent. Ceux qui font régulièrement grève à la SNCF sont une minorité ! Sur les 160 000 agents y en a qui bossent comme Monsieur Tout le monde ! Et vous voulez privatiser à cause d'une minorité ? Belle mentalité… C'est pas vous qui trouviez injuste que les usagers soient pénalisés à cause d'une agression ? Alors évitez de vouloir faire aux autres ce que vous aimez pas qu'on vous fasse. […] La privatisation n'empêchera pas les grèves, les syndicats y seront toujours… Faut arrêter de rêver un peu. Faut-il vous rappeler un candidat privé au ferroviaire qui a dit que l'investissement en sécurité tuait le business ? Ah non j'oubliais, chacun préfère son portefeuille au détriment de la sécurité... […] J'en vois qui réclament la mise en concurrence, ne vous inquiétez pas c'est pour 2010. Mais vous viendrez pas vous plaindre s'il arrive une catastrophe.
Plus modéré, Codef s’interroge :
On ne voit pas le lien entre privatisation et grèves. EDF n'a pratiquement subi aucune grève depuis le contrat Delors de 75 si ce n’est récemment justement sur le sujet de la privatisation. Les camionneurs du secteur privé nous ont par ailleurs habitués à des grèves longues et dures.
Jackie aura le mot de la fin en proposant une nouvelle façon de faire grève. Voilà qui n’est pas idiot, loin de là :
Mais oui faut qu'ils arrêtent de faire la grève pour n'importe quoi… dans le privé ils feraient moins ce genre de trucs ou alors ils seraient virés […] la grève n'embête pas les patrons, ça embête les millions de usagers qui n'ont pas la chance d'habiter a 5 minutes a pied de leur travail ou avoir une voiture pour aller ailleurs. […] S'ils voulaient vraiment embêter les patrons faut qu'ils laissent rentrer les gens gratuitement dans les gares mais que les trains marchent normalement, pas de revenu pour les patrons et pas d'usagers maltraités.
Il me semble cependant avoir lu quelque part que laisser passer des clients sans les faire payer est une faute lourde passible de licenciement – n'oublions pas que les cheminots ne sont pas fonctionnaires. La SNCF est certes nationalisée mais c'est néanmoins une société de droit privé. En fait, elle pourrait très bien licencier si elle le souhaitait. Paradoxalement, si l'on voulait vraiment empêcher les cheminots de faire grève, il faudrait dans un premier temps les convertir en véritables fonctionnaires, puis les classer dans la catégorie de ceux qui ne peuvent faire grève, comme les policiers, les pompiers ou les militaires. En effet, le droit de grève étant inscrit dans la Constitution, il sera difficile de l'enlever à des cheminots de droit privé. Et si c'était un deal à proposer, statut de fonctionnaire contre suppression du droit de grève ? Voilà qui est inconoclaste, n'est-ce pas ?

Que conclure ?
1. Quoi qu’il en soit sur le fond, l’image des cheminots restera durablement dégradée dans l’opinion publique.
2. Le président de la République, en faisant une affaire personnelle de la question des grèves et du service minimum ("désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit"), réagit comme un chef de clan vexé d’avoir été contrecarré. Voilà qui ne favorise pas la sérénité de ses décisions. Il s’appuie cependant sur la défiance des Français largement décrite précédemment.
3. L'épisode de la gare Saint-Lazare a mélangé deux affaires distinctes : d'un côté la grève perlée de 59 minutes des agents de conduite exaspérés par le non-aboutissement de leurs demandes, d'un autre côté la réaction épidermique à l'agression d'un conducteur. Étrangement, Nicolas Sarkozy, pourtant concerné par la sécurité, l'a ignorée cette fois, comme s'il était "normal" que les cheminots soient agressés – une façon indirecte de les "punir" de leurs grèves ?

Sur la question de la privatisation, on oublie que le trafic marchandises, le fret, est officiellement ouvert à la concurrence depuis le 15 mars 2003. Pourquoi si peu de candidats ? Citons Ariane Verderosa, auteur d'un volumineux Trains de vie, enquête sur la SNCF aujourd'hui (éditions Autrement, 2004).
Les données spécifiques du ferroviaire ont la vie dure : l'ampleur des capitaux nécessaires pour bâtir une offre crédible de transport, la complexité technique du secteur et les faibles marges qu'il peut laisser espérer en raison notamment de concurrence peu équitables avec la route qui tire les prix vers le bas ne contribuent pas à multiplier les vocations.
Le feuilleton du tunnel sous la Manche illustre à sa façon ce problème : rechercher une rapide et substantielle rentabilité sur des ouvrages lourds conduit à l'échec. Le court terme est peu adapté à l'activité ferroviaire. Or l'activité privée est friande de rendement rapide.
L'auteur examine aussi les effectifs et la productivité en rappelant ceci (en 2004 donc) :
En dix ans, [la SNCF] a diminué ses effectifs de 20000 personnes pour un trafic en croissance de 20% et en doublant quasiment son chiffre d'affaires. Depuis 1980, la baisse des effectifs atteint 80000 personnes. Depuis la Seconde Guerre mondiale, ils ont été divisés par trois.
Voilà qui devrait rassurer ceux qui pensent que l'emploi est ne varietur à la SNCF ! Le site de l'entreprise indique un effectif de 220000 personnes, dont 60000 dans des filiales. En 1940, peu après la nationalisation, on dénombrait 500000 cheminots.

Et pour terminer, qui sait ce que signifie le sigle du syndicat SUD ? Pour ma part, j'avais cru à une époque qu'il s'agissait d'un syndicat né dans les régions du sud de la France. Rien à voir bien sûr : SUD signifie "Solidaire, Unitaire et Démocratique".

vendredi 16 janvier 2009

Tout est possible… rien n'est certain

Rien n'est certain
Comme le clamait son slogan de campagne, avec Nicolas Sarkozy, tout est possible – autrement dit, rien n'est certain. La récente polémique sur le taux du livret A en est un symptôme. Autrefois fixé discrétionnairement, le taux du livret est désormais déterminé à partir d'une loi. De deux choses l'une : soit cette règle n'est pas adaptée, auquel cas il faut la modifier, par exemple en prévoyant des plancher et plafond, soit elle est adaptée et on la respecte.

Décider de tout
Trop simple pour notre président, qui veut décider de tout. Il faudra désormais se présenter devant lui, un genou en terre et le regard baissé et lui demander : « votre excellence, pouvez-vous nous indiquer, dans votre grande sagesse, le taux du livret A à pratiquer ? » Que les épargnants ne s'y trompent pas : si le président déroge à la baisse du taux, il risque fort de déroger à sa hausse la prochaine fois.

À tout instant…
Cette instabilité finit par peser lourd : comme autrefois aux Galeries Lafayette, à tout instant il se passe quelque chose à l'Elysée. Un jour on épouse Carla et on supprime la publicité sur les télévisions publiques, l'année suivante on supprime le juge d'instruction et on fixe le taux du livret A. Nicolas Sarkozy reproche volontiers à ses ministres-femmes leurs "caprices". Comment qualifier, alors, ses foucades à lui ?

Laissons la parole à Jacques Julliard du Nouvel Observateur.


De fait, le n'importe quoi débouche sur le presque rien.

jeudi 15 janvier 2009

La crise et après ?


On brocarde volontiers Jacques Attali, le taxant de mégalomanie ou d'intellectualisme. La lecture de son petit livre La crise, et après ? se révèle pourtant salutaire. En 200 pages (gros caractères), il explique et commente la crise financière – puis économique – qui secoue l'économie mondiale, en des termes clairs et avec pédagogie. Voilà qui est bon à prendre !

Attali est meilleur dans la partie "la crise" que dans la partie "et après". Pour résumer très succinctement sa thèse, la crise proviendrait avant toute chose d'un assèchement du pouvoir d'achat des classes moyennes en raison de la confiscation d'une part importante des profits par la sphère financière des "initiés". Pour tenter de conserver malgré tout de la croissance, le crédit a été développé à outrance, d'une part par le biais des cartes de crédit et d'autre part par des crédits immobiliers absurdes, les fameuses "subprimes".

Un tiers des américains serait endetté d'en moyenne 10000 dollars au titre de leurs cartes de crédit. Cette dette est remboursée très lentement, ne cesse de s'accroître, et donne lieu à la facturation d'intérêts à des taux usuraires lorsque des retards interviennent.

Pour essayer d'illustrer simplement les subprimes, voici ce que j'ai cru comprendre. Schématiquement, on vous dit : « vous rêvez de devenir propriétaire d'un logement coûtant 250000 euros ? Pas de problème. Nous vous prêtons la somme, à un taux promotionnel de 2%, ce qui représente à peine plus de 400 euros par mois. Génial, non ? »

Génial, effectivement. Sauf que :
1. Le taux est promotionnel. Comme dans les abonnements de téléphones mobiles ou Internet, les mensualités augmentent brutalement au bout d'une certain temps tandis que les taux d'intérêts suivent les fluctuations des taux du marché et que le remboursement du principal (le capital emprunté) est reporté aux calendes grecques. Et vous n'êtes pas engagé pour 24 mois mais bien pour 24 ans (voire plus).
2. Propriétaire, vous avez "droit" à la plus-value sur le bien ainsi financé. Dans une conjoncture immobilière ascendante, vous espérez une forte plus-value qu'on vous fait miroiter. Par exemple 30% en deux ans. Petit calcul : dans deux ans, votre logement vaudra 325000 euros. Parfait ! Le "bénéfice" (virtuel) ainsi enregistré vous permettra en cas de besoin de revendre le bien et de rembourser une bonne partie du crédit.

Dès lors que les taux d'intérêts se sont mis à augmenter, que les prix des logements ainsi financés ont commencé à chuter, tout l'édifice s'est soudain écroulé. Les garanties ne valent plus assez pour rembourser les emprunts et les revenus des emprunteurs ne permettent plus de payer ne serait-ce que les intérêts dont ils sont redevables. Le déficit est accentué par le fait que d'autres prêteurs ont proposé dans l'intervalle de prêter des sommes gagées sur la plus-value espérée (les 75000 euros de l'exemple) avec lequel ont été financés automobiles et travaux dans le logement…

Ces prêts, appelés "subprimes" par opposition au "primes", autrement dit des "sous-prêts" de seconde zone, avaient été recyclés par les prêteurs dans des "paquets" revendus à d'autres établissements financiers, présentés comme des instruments sans risques car gagés sur de la pierre. Noyés dans la masse, combinés à l'infini dans des montages ultra-sophistiqués impossibles à "tracer", ces crédits toxiques ont infecté la finance mondiale à la façon d'un virus informatique se répandant sur des ordinateurs interconnectés.

Ces montages s'apparentent à de l'escroquerie, ou à de l'abus de confiance comme on voudra. Les garanties étaient virtuelles car fondées sur un pari d'augmentation rapide et infinie des prix de l'immobilier – ce qui ne se produit jamais, les arbres n'atteignant jamais le ciel selon le dicton. La solvabilisation massive des consommateurs et acquéreurs de logements était en grande partie fictive, et ne pouvait tenir que dans une spirale d'optimisme fallacieux. La diffusion de ces créances sans réelle valeur dans l'ensemble de l'économie mondiale représentait une véritable bombe à retardement qui vient d'exploser.

Et quand on songe qu'en 2004, lorsque Nicolas Sarkozy était ministre des finances, il avait eu l'intention de créer des mécanismes de crédits à la consommation gagés sur les logements des français (le crédit hypothécaire rechargeable), on frémit…

Et après ?
Selon Attali, la sortie durable de la crise suppose de tirer toutes les conséquences de la mondialisation. En effet, l'information, les capitaux, les marchandises et, dans une moindre mesure, les hommes peuvent désormais circuler librement. Mais cette liberté n'est garantie par aucun "état de droit" international. « Ce marché sans contrôle crée des rentes financières majeures, légales, a-légales, illégales voire criminelles » écrit-il (p. 17). En l'absence d'un gouvernement mondial, « non seulement il n'y a pas de pilote dans l'avion, mais il n'y a pas non plus de cabine de pilotage » (p.191). Saura-t-on prendre les mesures nécessaires ? Rien de moins sûr : « Il est vraisemblable que l'on ne fera rien ou presque [des mesures qu'il propose], à moins qu'une catastrophe que personne ne saurait souhaiter n'impose une révision déchirante». Nous voici prévenus, avec une note finale assez peu optimiste !

samedi 10 janvier 2009

Avec moult précautions…

À chaque nouvel épisode de la guerre que se livrent Israéliens et Palestiniens, le désarroi du citoyen lambda qu'est l'auteur de ces lignes ne cesse de croître. La Paix sera-t-elle un jour "déclarée" dans cette partie du monde ?

L'un des obstacles majeurs à l'établissement de deux nations sur ce territoire exigu serait le manque d'espace. Avec toutes les précautions requises, comprenant parfaitement la relativité et l'utopisme de ce qui suit, conscient de l'horreur qui règne dans cette région et de la complexité inouïe de ces entrelacs de haine emmagasinés depuis plus d'un demi-siècle, avec moult précautions donc, voici l'idée suggérée par les hasards du rapprochement des informations parues dans la presse ces derniers jours.


[1] L'architecte Vincent Callebaut a imaginé une ville flottante amphibie et auto-suffisante en énergie capable d'accueillir 50000 habitants. Le projet est baptisé Lilypad.


[2] À Dubaï, dans les Émirats Arabes, des îles artificielles ont été construites sur la mer, à proximité des côtes, ainsi que des tours, jaillissant en plein désert, voire… une piste de ski avec de la vraie neige. Comme quoi tout est possible quand on y met les moyens !

Dans les deux cas, il s'agit de projets certes pharaoniques, mais dont le second existe bel et bien, capables d'accroître de façon spectaculaire l'espace vital dans des endroits pas commodes pourtant à viabiliser…

Si donc un gigantesque projet commun, rassemblant les investisseurs des deux bords, était lancé sur les côtes et dans les zones désertiques ou semi-désertiques du territoire d'Israël et de la Cisjordanie, ne serait-il pas (enfin) possible d'offrir des terres hospitalières à ces êtres humains qui, pour le moment, passent leur temps à se déchirer et se massacrer ?

Quand on fait les comptes des pertes supportées récemment dans l'économie internationale en raison de la baisse du prix du pétrole ou du scandale Madof, il semble bien que des "ressources" financières puissent être mobilisées au-delà des échelles habituelles. La question Israëlo-Palestinienne ne mériterait-elle pas de telles mobilisations ?

Une fois encore, disons-le et répétons-le, il ne s'agit que d'une proposition utopique, à ne prendre que pour ce qu'elle est, sans illusions, et certainement pas "au premier degré". Mais, après tout, qui n'essaye rien n'a rien, n'est-ce pas ?

mercredi 7 janvier 2009

Messages intelligents

Dans son numéro daté du 7 janvier, le quotidien Le Monde publie un portrait de Nathalie Arthaud, nouvelle porte-parole de Lutte ouvrière depuis qu'Arlette Laguiller a pris sa retraite.


Personne n'est parfait : si Le Monde est généralement irréprochable en termes de typographie et d'orthographe, il peut arriver qu'une coquille échappe aux correcteurs. Celle-ci est plutôt amusante !


Étrangement, le traitement de texte utilisé par les rédacteurs ne doit pas comporter de correcteur orthographique du type de ceux que l'on rencontre dans la plupart des logiciels bureautiques. Car le mot « acceptér » est refusé sans hésitation par Word (qui n'a rien d'un champion dans sa catégorie pourtant).


C'est tout le problème des logiciels et des ordinateurs, surtout quand ils se piquent d'être "intelligents" : c'est là que les ennuis commencent. On leur demande quoi, à ces ordinateurs ? D'être bêtes et disciplinés et de nous laisser choisir, par exemple, la résolution de numérisation des images reproduites précédemment…

lundi 5 janvier 2009

20h35


L'année commence sur les chapeaux de roues, avec cet événement con-si-dé-rable ! La disparition de la publicité sur les chaînes publiques (en soirée) à compter de ce soir, dans quelques minutes seulement.

Le choc
Qu'un quotidien aussi modéré et important que Le Monde titre sur le "choc" laisse supposer que celui-ci sera grand. Que va-t-il se passer ? La consommation d'électricité sera-t-elle dramatiquement modifiée, nécessitant le redémarrage d'une ou deux centrales à charbon ? (*) Certains téléspectateurs addictifs à la publicité vont-ils avaler de travers leur dessert ? La consommation de la "ménagère de moins de 50 ans" va-t-elle s'effondrer demain matin ? Décalés d'un demi-heure, nombre de travailleurs risquent-ils d'arriver 30 minutes trop tôt à leur travail mardi 6 au matin ? Les ordinateurs vont-ils tomber en panne, se figeant en un bug auprès duquel celui de l'an 2000 ne sera que broutilles ?

La France entière retient son souffle et attend le choc avec angoisse. Vivement 20h50 ! Ou alors… restez sur TF1, Canal+ ou M6.

Redevances…
Plus sérieusement, on s'interroge sur la revendication de la télévision publique de bénéficier de "recettes stables et garanties". Loin de nous l'idée de considérer la télévision comme secondaire ou accessoire – le nombre considérable de téléspectateurs, cette fameuse "audience" – donne à ce média une importance toute particulière. Mais existe-t-il une redevance Éducation Nationale pour fournir des recettes stables et garanties à l'école publique ? Existe-t-il une redevance Justice pour donner aux tribunaux les moyens d'exercer leur mission de façon stable et garantie ? Existe-t-il une redevance Défense Nationale ? Une redevance Police et Sécurité ? Enfin, existe-t-il des journaux imprimés "publics" dans ce secteur crucial pour l'information des citoyens ?

(*) Dernière heure (ajout du 7 janvier) : eh bien oui ! La consommation d'électricité a augmenté, battant tous les records. Et qu'on ne nous dise pas que c'est à cause du froid, ce serait de l'intox. La vraie raison, secrète bien entendu, mais que je suis en mesure de vous révéler est que le nombre de français ayant décidé de regarder les chaînes publiques à 20h35 a été tellement important qu'il a eu raison de notre système de distribution d'électricité !

Une expérience avec Lulu.com

Rappel : Lulu(.com) est un imprimeur à la demande, novateur dans sa démarche, qui autorise l'édition de livres sans avoir nécessairement besoin d'accumuler des stocks. Ma petite maison d'éditions, AO - André Odemard, utilise les services de cette entreprise. Une dizaine de commandes ont été convenablement servies. C'est pourquoi, au moment d'éditer un texte de ma plume, Mémoires Vifs (de l'informatique et de ses effets collatéraux), j'ai décidé d'imprimer le livre à une soixantaine d'exemplaires en une seule commande, passée le 24 décembre 2008.

Est-ce la quantité ou tout simplement le hasard ? Toujours est-il que la commande, sous-traitée par Lulu chez Publidisa (Espagne) s'est révélée en partie défectueuse, des pages ayant été mélangées entre les exemplaires imprimés, ainsi que je l'ai constaté en recevant le colis le 31 décembre.

Afin de négocier avec Lulu, j'ai été amené à filmer en vidéo les exemplaires posant problèmes afin que l'imprimeur dispose de preuves de ma bonne foi. Je les ai hébergées ici afin d'en faciliter l'accès.

À toutes fins utiles, je vous en livre la teneur et vous donne le compte-rendu de mes démêlés avec l'imprimeur (et éditeur) à la demande.

Ci-dessous la vidéo du 5 janvier montrant les malfaçons sur un exemplaire de chaque :



Ci-dessous la seconde vidéo, du 7 janvier, montrant, un par un, les 26 exemplaires défectueux (ouf !).



Lulu a finalement accepté de remplacer les exemplaires mal imprimés afin que je dispose d'un stock correctement manufacturé. Le dialogue a été établi via leurs fonctions de réclamations. J'ai obtenu dans tous les cas des réponses sous deux jours ouvrables de leur part, ce qui est satisfaisant. Au 10 janvier 2009, j'étais informé par Lulu que les 26 exemplaires défectueux étaient en cours de réimpression en Espagne et me seraient adressés par la Poste.

16 janvier 2009
Réception par UPS de 26 exemplaires corrects remplaçants les 26 défectueux. L'affaire est (enfin) bouclée dans de bonnes conditions.

Je reste à la disposition des internautes ayant tenté la même aventure éditoriale pour répondre à leurs questions et partager mes expériences.

Pour vous procurer le livre, Mémoires vifs (des effets collatéraux de l'informatique), utilisez l'un des deux moyens ci-dessous :

jeudi 1 janvier 2009

Bonne année 2009

Cette fois, nous y sommes ! Alors…



Cette rose, bien vivante au cœur de la froidure de l'hiver, illustre à la perfection les vœux qu'il convient de former pour cette nouvelle année.
Malgré la crise, cet hiver économique, souhaitons-nous d'être comme cette rose, bien vivants et décidés à résister à la glaciation.

Souhaitons qu'en 2009 ceux qui ne travaillent pas puissent travailler, que ceux qui travaillent trop travaillent moins, et qu'enfin ceux qui travaillent mal, car on les exploite et les pressure, travaillent mieux. N'oublions pas qu'il n'y a de richesse que d'hommes et que tout le reste peut à tout moment s'évanouir en fumée, à l'instar de ces "valeurs" boursières qui n'ont plus de valeur que le nom.

Chacun trouvera dans cette image le symbole qu'il souhaite : rose renaissante pour les socialistes, traversée de l'hiver "en fleur" pour les bayrouïstes, nature survivante pour les écologistes, mansuétude à l'égard des faibles pour les sarkozistes… mais aussi symbole de santé et de bien-être que nous nous souhaitons tous mutuellement.

Deux cartes de vœux reçues d'élus de Villeurbanne méritent d'être citées ici.
Pascale Crozon, députée du Rhône, place en exergue une phrase d'Antoine de Saint-Exupéry, le Lyonnais.
Faites que le rêve dévore votre vie
afin que la vie ne dévore pas votre rêve.
Une phrase forte, avec un verbe radical – Saint-Ex-agère, mais… il y a de ça|!

De son côté, le maire de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, nous rappelle que l'architecture peut aussi contribuer, modestement et à sa façon, à notre bonheur.
C'est vrai, ils nous rassurent ces lieux dans lesquels nous vivons, cette constance des paysages qui nous entourent, cette douceur que procure ce que nous connaissons. Dans les lignes et les angles des immeubles que nous côtoyons tous les jours, nous puisons force et réconfort. La tranquillité […] des lieux familiers nous aide à trouver une place, un rôle, un sens.
Que souhaiter de mieux, en effet, que d'être rassurés, réconfortés afin de renouveler nos forces pour trouver un sens à la vie et surmonter les épreuves qu'elle nous impose inévitablement|?|

À nouveau, recevez, chers internautes fidèles, occasionnels ou arrivés ici par hasard, tous mes vœux pour cet an neuf.


Les deux très belles photos illustrant cette page ont été prises ces jours derniers au Parc de la Tête d'Or par ma charmante et gentille compagne Sabine, qui se joint à moi pour adresser ses vœux à nos amis et proches.