jeudi 6 novembre 2008

Tour sans fin

Il ne se construit plus guère de tours dans les villes – sauf à Paris-La Défense. Les polémiques qu'elles suscitent, les mauvais souvenirs qu'elles rappellent, tout semble les condamner. La ville de Lyon fait cependant figure d'exception, avec la construction de la tour "Oxygène" à côté du centre commercial et de la gare de la Part-Dieu, qui culminera à 115 mètres tout de même. Le fameux "crayon" ou "Tour Crédit Lyonnais", avec le chapeau pointu qui lui a valu son sobriquet, aura été une relative réussite puisqu'elle est devenue un emblème auquel les lyonnais se sont accoutumés.


Photo de HaguardDuNord issue de wikipedia

À quelques kilomètres de là, au centre de Villeurbanne, le quartier des "Gratte-Ciel" demeure lui-aussi une réussite près de 70 ans après la construction de deux tours d'une vingtaine d'étages, bien acceptées et intégrées dans le décor.

Plus récemment, à la fin des années 90, une tour a été construite près de la place Charles Hernu, métro Charpennes, à quelques encâblures de la frontière Villeurbanne-Lyon. Étrangement, c'est un ratage. Et pourtant ! Si j'avais été l'architecte à qui l'on a confié la conception de l'édifice, j'aurais fait des efforts pour être la hauteur du privilège dont je bénéficiais. Or le résultat est une bête "tour sans fin" qui n'a rien à voir avec le projet de Jean Nouvel pour la Défense.

Vue du bas, la tour reste regardable, avec ses quelques décrochés, même si les balcons arrondis alourdissent les façades d'un embonpoint disgracieux.



Vue de loin, c'est un désastre. On a la sensation que le bâtiment a été arasé, ou bien que sa construction s'est soudain interrompue une fois le nombre d'étages voulu atteint. Elle n'a pas de toiture, pas de sommet, bref… pas de fin. Pour ne rien arranger, la ridicule machine d'ascenseur défigure encore plus – si c'était possible – sa silhouette, la faisant ressembler à un navire empesé…

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire