lundi 24 novembre 2008

Récolement des haricots

La focalisation médiatique n'a pas que des défauts. Elle met en exergue par le plus grand des hasards des mots peu usités, contribuant à enrichir notre vocabulaire. Après les embellies politiques, les thèmes roboratifs, les opposants vent debout et le merveilleux abracadabrantesque, voici venu le tour de récolement.

Récolement avec un seul L et un É, vous l'aurez noté. Rien à voir avec recollement – action de recoller, d'adhérer à nouveau – même si le PS va avoir du travail pour recoller les morceaux et faire adhérer ses adhérents à un projet. Rien à voir non plus avec la récollection, qui désigne une réunion de retraite spirituelle destinée à se recueillir par la méditation ou la prière, même si, une fois encore, le PS dans son entier serait bien avisé de partir en récollection réfléchir à son avenir…

Récolement se définit comme la vérification et le pointage d'un inventaire, par exemple dans une bibliothèque ou lors d'une saisie d'huissier.

La fin des haricots
Le charme des mots se retrouve aussi dans les expressions populaires. Jean-Marc Ayrault a déploré que les recours juridiques entre prétendantes au premier secrétariat du PS ne marquent la fin des haricots.

Il se trouve que samedi j'avais acheté un joli petit livre de Marianne Tillier, intitulé Les expressions de nos grands-mères, dont la lecture est distrayante et enrichissante.
Page 16, l'origine de l'expression la fin des haricots est attribuée aux regrets des élèves des pensionnats constatant qu'il n'y avait même plus de haricots au menu, et comprenant que l'épuisement de cet aliment de base et bon marché laissait présager le pire.

Et qui nous court sur le haricot ? Certainement Ségolène et Martine. En argot du XIXè siècle, explique Marianne Tillier, le haricot désignait l'orteil. Courir sur le haricot signifiait marcher sur les pieds, comme dans l'expression casse-pieds.


Oui, le PS commence à sérieusement nous courir sur le haricot et à nous casser les pieds avec ses simagrées de récolement. Bref, il nous les brise menu*comme disait Ventura dans Les tontons flingueurs** (sur des dialogues d'Audiard bien sûr).

* Intéressant échange entre anglophones s'interrogeant sur l'expression à cette adresse. Je cite la réponse pleine de tact : « It is an idiomatic expression which can mean something like: "...really started to annoyed him/her'' basically. In literary term, it is someting related to ''balls'' (= les) but a native will find you the perfect expression I'm sure. »

** Visitez le site www.audiard.net/tontons.html, c'est roboratif

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire