mardi 7 octobre 2008

Arrêt sur images

Plus d'un an sans télévision… et aucune "crise de manque" ne s'est produite (voir cet article). À la réflexion toutefois, je regrette juste les débats comme ceux de Mots-Croisés, même si j'ai la flemme d'aller les consulter sur le site de France 2.


Je viens d'entamer la lecture du livre de Daniel Schneidermann, un dialogue avec sa fille Clémentine (17 ans) sur le thème C'est vrai que la télé truque les images ? C'est là que j'ai appris que Schneidermann avait créé un site d'informations reprenant le nom de sa célèbre émission de télévision, Arrêt sur images. J'ai remarqué sur ce site des débats inédits, diffusés exclusivement par le canal Internet. De quoi être tenté par la formule, car elle anticipe intelligemment l'évolution des médias télévisuels.

Deux inconvénients toutefois :
  1. Dans la séquence consacrée à Jean Peyrelevade, qui vient de publier Sarkozy : l'erreur historique, l'équipe d'Arrêt sur images tombe dans le piège de la mauvaise télévision. L'une des animatrices passe plusieurs minutes à commenter la thèse de l'auteur… qui n'aura jamais le temps de répondre vraiment ! Or, sur un tel média, on a le temps, on devrait prendre le temps. Ce ne fut pas le cas. Dommage !

  2. L'accès à l'intégralité du site est payant. Un montant à la fois modéré et important est demandé : 30 euros par an. Sur le principe, rien à dire. Pour bénéficier d'un média réellement indépendant, il n'y a pas trente-six méthodes. Et quand on voit l'envahissement publicitaire sur des sites comme celui du Monde, il y a de quoi soutenir une initiative payante. Malheureusement, aussi intéressant soit-il, ce site ne peut à mon avis justifier le paiement d'une telle somme. Car il existe des dizaines de site qui m'intéressent, et jamais je n'envisagerais de payer 400, 500 ou 600 euros annuels pour les consulter ! On me rétorquera que je paye 30 euros chaque moins pour recevoir le quotidien Le Monde. Certes ! Mais il me procure des heures de lecture agréable et une richesse éditoriale sans commune mesure.

Alors, quelles solutions ? J'en vois deux.

  1. Les micro-facturations : pour regarder un débat comme celui indiqué précédemment, je serais prêt à payer une somme modique, comme 5 centimes d'euros, qui seraient prélevés par exemple selon la formule proposée je crois par Orange (ajout à la facture du fournisseur d'accès). Jamais je ne payerais en revanche pour lire une page HTML de 1500 signes !
  2. La mutualisation : les sites comme Arrêt sur images pourraient se fédérer, en adoptant un label commun garantissant leur qualité, et proposer un abonnement annuel donnant accès par exemple à une dizaine de sites comparables. Dans ce cas, les 30 euros annuels pourraient devenir pertinents.

Les médias Internet vont devoir découvrir de nouveaux modèles économiques, sans pour autant se laisser envahir par la publicité. Car il est irritant de devoir slalomer entre des bannières, des fenêtres surgissantes et toutes sortes de rectangles clignotants qui dérangent la lecture. De tels sites me font fuir… Le problème est de trouver un prix aussi modique que possible.

NB : comme quoi on lit toujours trop vite sur Internet ! Le site s'intitule bien Arrêt sur images au pluriel.

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