vendredi 31 octobre 2008

Les départementouillards ont gagné !

Les départementouillards ont gagné ! Au milieu de la crise financière, ils avaient une priorité : réformer le capitalisme, autrement dit « touche pas à ma plaque ». Un splendide exemple de compromis boîteux a donné naissance à une absurdité. Il sera désormais obligatoire de marquer sa préférence communautaro-départementale sur les futures plaques minéralogiques. Osons l'inimaginable : et si je "ressentais des attaches" avant tout avec une région européenne qui s'appelle "France", cette République dont je suis l'habitant, pourrais-je me contenter de cela ? Eh bien non !

Le vocabulaire employé dans les articles de presse en dit long sur l'état d'esprit qui préside à cette décision . Sur le site du Ministère de l'Intérieur, un paragraphe dit carrément ceci :
Ainsi, par exemple, un Alsacien, un Antillais, un Auvergnat, un Breton, un Ch'ti, un Corse... ou habitant une autre région que celle de ses origines pourra afficher ses racines.
Ailleurs, on évoque le choix du département auquel on est "attaché par ses origines" ou encore de renoncer à un numéro de département qui serait "stigmatisant". Est-ce cela l'exemple que nous donnons aux populations qui ont de la peine à s'intégrer et souffrent, justement, qu'on leur renvoie sans cesse leurs origines ou qu'on les stigmatise ? Du coup, il va falloir rebaptiser le ministère de l'identité nationale en ministère de l'identité départementale, déjà que sa dénomination était désagréable et peu amène…

Cette affaire en dit long sur ce gouvernement qui proclame bien haut sa volonté réformatrice, et cède devant le premier lobby venu dès qu'il s'agit de passer à l'action. L'affaire de la publicité pour l'alcool sur Internet autorisée par la ministre de la Santé donne un autre exemple de cette médiocre pusillanimité. Dans ces conditions, nous voilà très mal partis pour les 48 plans de réformes pondus par notre président ces dernières semaines !

dimanche 26 octobre 2008

FMI, nouveau sigle

Les sigles n'ont pas toujours la signification que l'on imagine. C'est ainsi que j'étais quasiment certain que FMI se développait en Fonds Monétaire International. Erreur ! Il s'agissait en réalité d'une ligue de Vertu, la Fondation pour des Mœurs Irréprochables, capable de passer au crible les "graves erreurs de jugement" de son président. Heureusement qu'existent de tels organismes internationaux chargés de régenter la vie privée des gens et de les remettre dans le droit chemin !

1000 trombones !

Le trombone n'a pas son pareil pour attacher plusieurs feuilles de papier entre elles. Aujourd'hui encore, je l'emploie de temps à autre, puisant dans la petite réserve accumulée dans un tiroir. Parmi les multiples modèles entassés en vrac figurent des trombones en métal doré.
À chaque fois, je suis étonné qu'il en reste encore car je me souviens les avoir achetés il y a de cela presque quarante ans.
Comme si ces innocents objets étaient capables de se régénérer à mon insu.



Une boîte jaune
Je dispose même d'une photo de mon bureau d'étudiant, prise au milieu des années soixante-dix. On y distingue assez facilement une boîte jaune : la boîte de trombones. Le chiffre qui figure sur la boîte donne une explication à la survivance du stock : 1000 trombones !
Ci-dessous : zoom sur la mystérieuse boîte.


Mille trombones !
Non, il ne s'agit pas d'un juron du capitaine Haddock, mais de souvenirs qui fournissent la clef du mystère. Ces trombones avaient été achetés afin de constituer un lot de papeterie destiné à être offert à mon grand-père maternel, André Odemard. Constatant que ce millier de trombones seraient peut-être surdimensionnés, nous avions décidé d'en prélever un certain nombre et de conserver le reste du stock. Celui-ci allait m'accompagner dans tous mes futurs bureaux, jusqu'à aujourd'hui. Il demeure inépuisable et, de bien curieuse façon, il symbolise le souvenir de ce grand-père qui a joué un rôle important dans ma vie en encourageant mes initiatives les plus audacieuses comme celle de tenter d'être écrivain et éditeur.

Le site des éditions AO fait peau neuve
Voici comment le trombone sert à célébrer la toute nouvelle version du site des éditions AO • André Odemard, que vous pouvez consulter à cette adresse : www.ao-editions.com

vendredi 24 octobre 2008

Cogitations Peckiennes



Une fois n'est pas coutume, je me permets de vous recommander un blog dont plusieurs articles m'ont bien plu, en particulier celui sur la laïcité du 17 septembre, ainsi qu'une analyse détaillée d'un spam de phishing édifiant.

En parcourant rapidement les billets de ce blogueur, je me suis aperçu que je souscrivais à la plupart d'entre eux. C'est cela, la blogosphère :-)

jeudi 23 octobre 2008

Les mots pour le dire

Quand on lit dans la presse des phrases qui expriment exactement ce que l'on ressent, on a juste envie de les relever, un copier-coller du réel vers le virtuel pour remercier leurs auteurs et regretter de n'être pas capable de trouver soi-même ces "mots pour le dire".

L'excellent François Reynaert, dans le Nouvel Obs des 23-29 octobre, à propos du travail le dimanche :
« De nos jours, quand il s'agit de torpiller le Code du travail et de retirer aux salariés un droit acquis depuis plus de cent ans, cela s'appelle œuvrer pour la réforme et la modernité. Mais si un jour on se décide à réautoriser le travail des enfants, on fera quoi ? Une demande à l'UNESCO pour recevoir la médaille du progrès ? »

Nota bene
: le travail des enfants est autorisé en Grande-Bretagne. Encore un effort de modernité et de flexibilité les amis !

Le chroniqueur François Guillebaud, dans le même magazine :
« La "gouvernance" et la "régulation" trahissent ainsi le rapetissement de la volonté commune, le choix timoré d'un mode d'organisation de la cité qui croit pouvoir faire l'économie de la contrainte et de la Loi. »
Est-ce un hasard si ces deux termes, employés à la place de respectivement "gouvernement" et "règlementation", sont plus proches de la langue anglaise que de la langue française, à la limite de l'anglicisme ?

mardi 21 octobre 2008

Donner la préférence aux êtres humains

Le mouvement est général et ne date pas d'hier. Dans tous les secteurs de l'économie, les employés "humains" tendent à être remplacés par des machines. Certes, "on n'arrête pas le progrès", et il n'est pas question ici de prôner l'immobilisme ou, selon l'image d'Alfred Sauvy, de remplacer tous les camions à bennes basculantes par une centaine d'ouvriers équipés de brouettes…

Une tendance excessive
Cependant, dans le secteur des services en particulier, la tendance dépasse les bornes. Observons autour de nous les évolutions :
  • Dans les grandes surfaces, des caisses "automatiques" apparaissent (voir cet article).
  • Dans les cinémas, il est courant de proposer aux spectateurs d'acheter leurs billets à l'aide d'automates.
  • La RATP a récemment décidé que les guichetiers de certaines stations de métro ne vendraient plus de titres de transports, réduisant leur nombre par la même occasion.
  • Des restaurants préfèrent offrir des "buffets à volonté" afin de limiter le nombre de serveurs.
  • Depuis longtemps, les péages des autoroutes sont en grande partie équipés de dispositifs remplaçant les employés.
  • Le ramassage des ordures ménagères dans les villages est désormais effectué "à discrétion" des habitants (j'en parlais hier).
  • Les stations-service n'emploient plus de pompistes depuis de nombreuses années.
  • Les récentes lignes de métro (ligne 14 à Paris, ligne D à Lyon), au prix d'investissements colossaux, fonctionnent sans conducteurs.
  • Tout récemment, nous apprenons que Météo-France supprime de nombreuses stations, au premier rang desquelles un centre très important pour les alpinistes qu'est celui de Chamonix (voir cette interview sur le site de TV Moutain).
Quelques contre-exemples peuvent heureusement être dénichés, telles ces agences SNCF qui ouvrent en dehors des gares ou ces vendeurs de journaux quotidiens "à la criée" récemment réapparus pour pallier le nombre insuffisant de kiosques.

Réduire les coûts
La logique est compréhensible et sans détours : il s'agit de réduire les coûts, les salaires versés aux employés "humains" étant considérés comme trop élevés. Ce faisant, nous jetons le bébé avec l'eau du bain. Si l'on était assurés que ces postes supprimés étaient remplacés par d'autres emplois, ailleurs, et que le chômage diminuait, on pourrait s'en accommoder, comme ce fut le cas durant les "trente glorieuses". Malheureusement, nous sommes engagés dans les "trente honteuses" depuis ce qu'on a appelé le premier choc pétrolier.

Rentabilité globale
Est-il vraiment rentable, globalement, de supprimer ainsi des êtres humains de partout et de devoir faire face aux énormes problèmes sociaux (et financiers) posés par le chômage ? Quid du "coût" social de ces mesures ? Pour prendre une image volontairement forcée, est-il vraiment "mieux" de verser indemnités, RMI ou RSA à des personnes que de les employer par exemple comme huissiers dans les bureaux des grandes entreprises ?

Donner la préférence à l'être humain
C'est pourquoi nous pourrions, à notre modeste niveau, être attentifs à donner la préférence à l'être humain partout où nous le pouvons : passer dans la file de péage où se trouve un guichetier, choisir la caisse "manuelle" dans notre supermarché ou notre cinéma, s'adresser aux guichets dans les gares SNCF ou… à la Poste – même s'il faut faire la queue. Ainsi nous contribuerons à ce que les statistiques penchent moins en faveur des automates.

Comportements "citoyens"
Il est frappant – et même choquant – de voir combien l'on nous incite de partout à adopter des "comportements citoyens" (vis-à-vis des questions écologiques surtout), mais que l'aspect humain est négligé. On aboutit au paradoxe dans lequel, par exemple, des parents sont satisfaits d'économiser sur leur caddy de supermarché mais doivent compléter les revenus de leurs enfants qui débutent dans la vie professionnelle.

À défaut de mieux
Une fois encore, l'argument selon lequel ces métiers ne sont pas valorisants ne tient pas tant que leur suppression conduit globalement à accroître le chômage. À défaut de mieux, il est préférable d'offrir des emplois modestes que pas d'emplois du tout. Plus largement, cette question nécessiterait d'examiner de façon sérieuse l'assiette des cotisations sociales, avec objectivité et intelligence économique. En clair, si l'on pouvait substituer à des cotisations-chômage des emplois, la société en serait globalement bénéficiaire…

lundi 20 octobre 2008

Le mieux est l'ennemi du bien…

Des dos d'ânes sévèrement bâtés !
Dans le petit village de Servoz (Haute-Savoie), non loin de Chamonix, des ralentisseurs destinés à réduire la vitesse des véhicules ont été mis en place il y a peu. Que s'est-il passé ? Les entreprises ont-elles mal vérifié leurs plans ? Toujours est-il que les dos d'ânes sont spécialement proéminents, au point d'en être dangereux si l'on n'est pas prévenus (ce fut mon cas, arrivant tard le soir en pleine nuit, et surpris par la violence du choc alors même que j'avais observé les 30 km/h maxi indiqués par les panneaux routiers).


Remarquez ci-dessus les nombreuses traces de frottements qui ont dû endommager pas mal de chassis et de pare-chocs ! Si l'on franchit ces dos d'ânes à plus de 15 kilomètres-heure, bang ! La punition tombe : voiture abîmée. Est-ce la raison d'être de tels obstacles ? A priori, il s'agit seulement d'inciter à ralentir, pas d'endommager les véhicules des usagers de la voirie. Si c'était le cas, mieux vaudrait carrément répandre des clous sur le goudron pour crever les pneus…


La hauteur des ralentisseurs aurait-elle été prévue exclusivement pour les 4x4 à la garde au sol généreuse, il est vrai très répandus parmi la population des résidents ? On en doute !


Quoi qu'il en soit, ces dos d'ânes ne font pas l'unanimité comme en témoigne le graffiti bien visible peint à l'envers du panneau, qui déplore la "pollution" causée par les freinages et redémarrages fréquents auxquels contraignent les désastreux dispositifs. On aurait pu rajouter "dégâts énormes aux véhicules" !
Le mieux – réduire la vitesse des véhicules – est l'ennemi du bien : dommages aux carrosseries, irritation des conducteurs, incités à démarrer en trombe à grand bruit une fois franchi le "barrage", mauvaise humeur et consternation.

Des containers bien compliqués


Le second exemple a trait aux poubelles. L'idée de ces nouveaux containers consiste à inciter au tri des déchets et à favoriser la propreté. Fort bien ! Or, comme le montre la photo placée sur les lieux (en haut à droite du cliché, agrandie ci-dessous), il arrive fréquemment que ces groupes de containers, déjà fort laids, le deviennent encore plus une fois encombrés de déchets… non triès.


L'écriteau emploie un ton comminatoire et menaçant – en deux langues s'il-vous-plaît – pour morigéner les impétrants.
Extrait : « Qu'en est-il du respect de l'autre, ce ceux qui nettoient… et de vous-mêmes Messieurs et Mesdames les pollueurs ? »
Est-ce la meilleure attitude ?

Ne vaudrait-il pas mieux expliquer pourquoi l'orifice du container réservé aux papiers et dérivés est aussi petit, rendant impossible l'introduction des cartons volumineux, sauf à passer une heure à la déchirer en confettis ? Car il y a sûrement une raison. Peut-être les cartons n'entrent-ils pas dans la catégorie visée ?
Mais non : on moralise… sans expliquer, sans être pédagogues.

Au-delà de la question du "ton" de l'écriteau, on constate que le système est ici victime de sa trop grande sophistication. Il est difficile de se souvenir exactement de ce qu'on a le "droit" de déposer dans tel ou tel de ces horribles récipients et on n'a pas toujours le temps de "travailler gratuitement" à trier, découper, nettoyer, emballer et transporter dans son véhicule toutes les ordures. Du coup, le mieux devient l'ennemi du bien : la plupart des déchets sont tous déposés dans le container "tout venant", et l'objectif n'est pas atteint…

Je pense que Benoît Duteurtre apprécierait, lui qui est prompt à moquer les excès des containers à ordures ! Voici ce qu'il écrivait à leur propos dans son livre Chemins de fer (Fayard).
Trois animaux hideux, venus d'un autre monde, avaient élu domicile sous l'appareil d'éclairage public, juste sous mes fenêtres. […] De plus en plus repoussant, incapable de se fondre dans l'environnement, l'objet tendra toujours désormais vers son maximum d'incongruité. […] Ici, le Nouveau Monde impose ses usages, en rassemblant les ordures sous le nom de "propreté", en utilisant le population comme un personnel corvéable à merci, en contraignant chaque citoyen à accomplir lui-même le travail d'éboueur, et en présentant cette contrainte comme un progrès. […] En vertu d'une sorte de boy-scoutisme, la charge de travail supplémentaire consacrée par chaque citoyen à son temps-ordure est entièrement bénévole – en phase avec une société dans laquelle il faut travailler davantage et gagner moins (*).

(*) Le livre a été publié en 2006, et donc écrit bien avant que le slogan Sarkozien du "travailler plus pour gagner plus" ne soit imaginé.


Précisons que ces deux exemples ne sont que les exceptions à la règle d'un village à la gestion municipale avisée, efficace et clairvoyante depuis de très longues années, ce qui explique d'autant plus notre étonnement face à ces deux étranges ratages. Qui aime bien châtie bien ! Gageons que ce ne sont que "bugs" qui seront vite corrigés.

mercredi 15 octobre 2008

Le monde des lapsus

Quand j'entreprends la relecture d'un texte, il m'arrive d'être préoccupé à l'idée de laisser passer une coquille ou un lapsus – y compris dans ce blog, heureusement surveillé de près par des internautes à l'œil vif. Le quotidien Le Monde vient de me rassurer en commettant un lapsus absolument formidable. Si Le Monde peut se tromper, alors tout le monde peut se tromper. Merci pour cette leçon d'humilité !


Ci-dessus le corps du délit, paru en première page de l'édition datée du 14 octobre 2008. Lisez-le attentivement, sachant que le lecteur rectifie souvent de lui-même selon l'expression consacrée.

Et voilà ci-contre la mise au point publiée, toujours en première page, dans l'édition du lendemain, datée du 15 octobre. Savoureux, non ?

Nota bene : comme toujours, si vous-mêmes ou l'un de vos agents souhaitaient consulter l'image ci-contre ou toute autre image de ce blog avec plus de commodité, il leur suffirait de cliquer sur celles-ci afin d'obtenir un "zoom" sur l'écran de leur navigateur.

Dans le même registre, il y a quelques jours, Le Monde annonçait en première page une interview de l'architecte Rem Koolhas que je me faisais une joie de lire. À la place, nous eûmes droit à une publicité représentant Vanessa Paradis. Autre lapsus, au moins aussi révélateur !

Libertés chéries

Libertés, libertés chéries !
Il en existe tant, de libertés. Comment les rendre compatibles entre elles ? Selon les périodes, selon les gouvernements, le projecteur est braqué sur l'une ou l'autre. Ainsi la liberté des entreprises de fixer les clauses des contrats de travail. Que n'a-t-on entendu sur les 35 heures, sur la durée légale (ou maximale) du travail, sur la fusion des CDI et CDD, sur l'intérim, sur la nécessaire "agilité" des entreprises prônée à cor et à cri par le MEDEF.

Il existe un bon vieux proverbe, que l'on devrait méditer plus souvent : « la liberté des uns s'arrête là où commence la liberté des autres. » En cette époque d'individualisme forcené, on oublie que les libertés ne sont jamais absolues… sinon ce serait la guerre civile permanente !

Sur le travail, notre président nous saoule depuis deux ans avec son slogan « travailler plus pour gagner plus ». Prenons un exemple bien connu, régulièrement évoqué par les médias mais dont on ne tire jamais les enseignements. Dans les supermarchés, les caissiers et caissières sont en majorité employés à temps partiel. Leurs horaires varient sans cesse au gré de leurs employeurs tandis que les plages de travail sont de plus en plus courtes. Dans ces conditions, il est clair que ces employés ne peuvent pas trouver un autre temps partiel pour compléter leurs salaires puisqu'il est impossible de tabler sur des horaires sûrs. Même s'ils veulent travailler plus, ils en sont empêchés. Dans cet exemple, la liberté des uns… les employeurs, ne s'arrête pas à celle des autres… les employés, elle la supprime au contraire.

Alors, si l'on légifère, on entendra immédiatement les supermarchés s'alarmer de cette outrageuse attaque à leurs libertés contractuelles d'employeurs. Pourtant, comment se satisfaire d'un système aussi pervers, qui conduit à des « sous-SMIC » institutionnalisés ? Dans la pratique, et sans esprit tâtillon ou ultra-gauchiste, il faudrait bien sûr que le temps qui sépare des horaires fractionnés trop proches soit assimilé à du temps de travail et que des limites soient opposées aux horaires fluctuants – d'autant que ces plannings sont aussi utilisés pour harceler, punir et réduire au silence les employés. En revanche, si les entreprises de distribution ont absolument besoin de cette souplesse, alors elle doivent en payer le prix réel, et verser de justes compensations financières aux astreintes qu'elles imposent à leurs employés.

Mais, une fois encore, tout ce qui touche à la grande distribution ne reçoit aucun soutien de la masse des ménages, car ils réagissent en consommateurs et, sans le dire certes, donnent la préférence au système actuel. Et tant pis pour les caissiers et caissières gagnant moins de 1000 euros par mois.

À lire aussi sur ce sujet un article du blog escapadelitteraire.blogs.nouvelobs.com sans oublier le blog d'une ex-caissière qui a publié le livre reproduit ci-contre, caissierenofutur.over-blog.com.

samedi 11 octobre 2008

Potion amère ou potion magique ?

En ouvrant le livre de Jean Peyrelevade, je savais que j'y trouverais une médication économique sévère. Je voulais cependant en prendre connaissance par moi-même et tenter de déterminer si l'amère potion prescrite pouvait se transformer en potion magique. Il ne suffit pas en effet de ne lire que les livres dont la thèse nous satisfait a priori



Résumé des épisodes précédents

Le premier symptôme apparut en 1973 sous la forme du choc pétrolier. Depuis, semble-t-il, l'économie est malade et les médecins se sont succédé à son chevet. Raymond Barre tout d'abord, auquel Jean Peyrelevade vous une admiration sans bornes. François Mitterrand, ensuite, qui remplaça la purge par un dopage, ce qui faillit déclencher une overdose si l'équipe qui l'entourait – à laquelle Jean Peyrelevade appartenait – ne l'avait convaincu de changer de politique. Après (et malgré ?) une brève parenthèse "libérale" entre 1986 et 1988, l'économie sembla tenir le choc, jusqu'à la récession de 1993. Depuis, toutes les médications ont été testées, il est vrai dans le désordre, au gré des alternances, sans que l'on puisse discerner avec netteté celles qui faisaient du bien au malade de celles qui faisaient empirer son état. Toujours est-il que les déficits "filent", que la dette "explose" et que la situation des Français ne s'améliore guère…

Le diagnostic de l'auteur est simple : l'économie française souffre d'anémie de l'offre. Comprenons que les entreprises manquent d'énergie, qu'elles doivent être re-musclées en accroissant leurs marges aux dépends des ménages. Par ailleurs, aucune croissance solide ne sera atteinte sans que les équilibres fondamentaux ne soient restaurés : équilibre des balances commerciale et des paiements, équilibre du budget et des comptes sociaux, et donc accroissement des prélèvements sur les ménages, la réduction des dépenses ne pouvant suffire.

Rien n'est plus désarçonnant que les idées économiques ! Pierre Larrouturou, par exemple, prône une politique exactement inverse de celle suggérée par Jean Peyrelevade, autrement dit le rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée en faveur des salariés. Un débat entre les deux économistes serait intéressant !
Il est toujours étonnant et préoccupant à la fois de voir que, par exemple, personne n'a été capable d'établir de façon incontestable si oui ou non les 35 heures avaient créé des emplois. La science économique serait-elle à ce point dépourvue ?

Pour Jean Peyrelevade, pourtant, les choses sont claires et il étaye avec pédagogie et clarté chaque étape de son raisonnement, revenant sans cesse aux concepts économiques de base. Seuls les transferts en faveur des entreprises leur permettront d'accroître leur efficacité, leurs marges et, partant, leur activité et leur rentabilité pour enfin restaurer une croissance soutenue.

Il dénonce avec raison les errements des politiques économiques des dix dernières années, en particulier l'empilement de mesures contradictoires au premier rang desquelles la coexistence de l'incitation aux 35 heures et du dispositif en faveur des heures supplémentaires. Il est vrai que cela ressemble à un automobiliste qui accélère tout en freinant.

Aussi argumenté et solidement construit soit-il, le livre pourrait se voir reprocher quelques lacunes – volontaires ou involontaires d'ailleurs.

Une pilule difficile à avaler
Dans "politique économique", on trouve certes le mot "économie". Il ne faudrait pas oublier le mot "politique". Comment en effet faire avaler une potion aussi amère aux Français ? On le sait, l'économiste conseille François Bayrou. Le leader du MoDem aura donc devant lui une gageure s'il est élu en 2012 ! Certes, Jean Peyrelevade propose quelques "excipients" pour enrober les médicaments, tels que la création d'une tranche supérieure (mais temporaire) de l'impôt sur le revenu, ou la suppression des niches fiscales, ou encore des grands travaux dans les territoires déshérités. Cela sera-t-il suffisant ?

Toutes choses égales par ailleurs
On retrouve dans le livre la constatation qu'une relance par la demande ne conduit souvent qu'à aggraver le déficit de la balance commerciale. C'était l'image du "pneu crevé que l'on gonfle" employée par Alfred Sauvy. Le contexte extérieur est ici pris en compte. Dans d'autres démonstrations, elle semble souvent absente, comme dans la proposition de supprimer l'impôt sur les bénéfices pour se contenter de l'impôt sur les dividendes distribués : elle fait l'impasse sur les distributions aux actionnaires résidant hors de France (*). La célèbre formule "toutes choses égales par ailleurs" est redoutable (ceteris paribus pour faire chic). Quid, en effet, si malheureusement elles ne le sont pas ?

Un chômage exogène
Le reproche principal qui pourrait être fait au livre est de ne jamais parler, ou presque, du chômage. On croit retrouver l'ambiance des années 70, quand certains économistes pensaient que le chômage était un problème social et non économique, au point d'ailleurs de considérer les êtres humains comme une sorte de variable d'ajustement, de résultante, bref, de second plan. Parmi les "grands" équilibres, il en manque un : l'équilibre de l'emploi. Or, si l'aspect humain est oublié, que reste-t-il, sinon le désespoir ? Quant à la promesse que l'amélioration de l'emploi ne pourra résulter que de la politique économique proposée, elle demeure incertaine : qui vivra verra ; or cela fait trente ans que l'on vit et que l'on ne voit rien venir. Ne faudrait-il pas entreprendre de concert des actions portant à la fois sur le capital (investissement) ET sur le travail (le sort des êtres humains) ?

La répartition du gâteau
L'argumentaire de l'auteur s'appuie presque toujours sur la description d'ensembles homogènes et finis, tels que le PIB, la somme consommation + investissement, l'égalité épargne-investissement, les vases communicants entre les déficits publics et celui de la balance commerciale. On comprend que ces ensembles doivent, d'une façon ou d'une autre, être partagés, répartis entre les agents économiques. Encore une fois, seul le travail semble ne pouvoir faire l'objet de partage – la critique classique adressée aux 35 heures. Si l'art et la manière doivent être étudiés, pourquoi donc n'aborde-t-on jamais de front cette question : depuis trente ans, le "gâteau" s'est accru… et le chômage aussi. Il y a donc bien un problème de partage. Là-dessus, mystère, les économistes sont peu diserts. Ne serait-ce pas cela, la plus grande "erreur historique" des économistes et des politiques ?

En attendant, les dernières phrases du livre sont d'une grande sévérité à l'égard de l'actuel président de la République :
Ce champion de la navigation superficielle, ignorant les profondeurs, enfile acrobaties et virages le long d'une pente qu'il descend continûment, sans même s'en apercevoir. […]
L'hyperpouvoir ne peut exister que dans et par ce péché contre l'esprit qu'est la négation de la complexité. Ce n'est pas d'un spécialiste du traitement des surfaces dont la France a besoin, mais d'un architecte de son redressement.

Une pierre de plus dans la jardin de Nicolas Sarkozy, qui ressemble désormais plus à une carrière qu'à une pelouse bien verte…

(*) Schématiquement, l'argument consiste à dire qu'il vaut mieux imposer une seule fois les bénéfices, quand ils sont dans la poche des ménages actionnaires, et favoriser ainsi l'investissement des entreprises, susceptibles, à leur tour, d'accroître les bénéfices distribués ultérieurement.

vendredi 10 octobre 2008

Quand l'ordinateur fait du zèle

En tant qu'utilisateur de Word, vous avez peut-être constaté que le traitement de texte de Microsoft aimait « faire le malin » en allant au devant de vos besoins supposés. C'est ainsi qu'il ajoute volontiers une date quand vous tapez une année, comme dans l'exemple ci-dessous :



C'est d'autant plus irritant que la date est libellée dans un format inusité dans nos contrées…

On trouve parfois les scories de cet automatisme dans le texte de revues, ce qui indique que la saisie avait été effectuée dans Word et qu'elle a ensuite échappé à l'attention des correcteurs du magazine :



Cette coquille nous permet d'apprendre au passage que le texte a été saisi le 29 septembre, date à laquelle, il est vrai, la crise n'était vraisemblablement pas derrière nous mais bien devant nous.

L'automatisme va jusqu'à rechercher dans la liste de vos contacts les noms qui correspondraient à la saisie en cours, ce qui donne des résultats parfois inattendus, notamment lorsque le contact est une entreprise.



Vous obtenez (en bas à droite) un texte très dadaïste alors que vous avez voulu taper ce qui figure en haut à droite…

Pour désamorcer l'horripilant gadget, vous ne trouverez rien dans les Options (ou Préférences sous Mac OS). Il vous faudra aller dans le menu des Outils, afficher le dialogue des corrections automatiques, onglet Insertion automatique et décocher la case joliment libellée : Afficher le conseil de saisie semi-auto pour les insertions auto, les contacts et les dates. Cela vous évitera des suggestions pour le moins "inappropriées" selon l'anglicisme en usage.

Toutefois, si vous conservez cette option, il est toujours possible de la désactiver durant la saisie en actionnant la commande d'annulation (commande ou contrôle Z) juste après l'apparition de la suggestion – d'où le terme "semi-auto". Pour être tout à fait justes, notons que la suggestion n'est incluse que si on la valide en appuyant sur la touche Retour chariot, qui se trouve être celle que l'on emploie pour aller à la ligne, d'où les effets indésirables fréquemment déclenchés à notre insu.

Voilà pour la forme. Quant au fond des citations reproduites dans cet article, nous vous laissons le soin d'en apprécier la cruelle saveur !

mardi 7 octobre 2008

Arrêt sur images

Plus d'un an sans télévision… et aucune "crise de manque" ne s'est produite (voir cet article). À la réflexion toutefois, je regrette juste les débats comme ceux de Mots-Croisés, même si j'ai la flemme d'aller les consulter sur le site de France 2.


Je viens d'entamer la lecture du livre de Daniel Schneidermann, un dialogue avec sa fille Clémentine (17 ans) sur le thème C'est vrai que la télé truque les images ? C'est là que j'ai appris que Schneidermann avait créé un site d'informations reprenant le nom de sa célèbre émission de télévision, Arrêt sur images. J'ai remarqué sur ce site des débats inédits, diffusés exclusivement par le canal Internet. De quoi être tenté par la formule, car elle anticipe intelligemment l'évolution des médias télévisuels.

Deux inconvénients toutefois :
  1. Dans la séquence consacrée à Jean Peyrelevade, qui vient de publier Sarkozy : l'erreur historique, l'équipe d'Arrêt sur images tombe dans le piège de la mauvaise télévision. L'une des animatrices passe plusieurs minutes à commenter la thèse de l'auteur… qui n'aura jamais le temps de répondre vraiment ! Or, sur un tel média, on a le temps, on devrait prendre le temps. Ce ne fut pas le cas. Dommage !

  2. L'accès à l'intégralité du site est payant. Un montant à la fois modéré et important est demandé : 30 euros par an. Sur le principe, rien à dire. Pour bénéficier d'un média réellement indépendant, il n'y a pas trente-six méthodes. Et quand on voit l'envahissement publicitaire sur des sites comme celui du Monde, il y a de quoi soutenir une initiative payante. Malheureusement, aussi intéressant soit-il, ce site ne peut à mon avis justifier le paiement d'une telle somme. Car il existe des dizaines de site qui m'intéressent, et jamais je n'envisagerais de payer 400, 500 ou 600 euros annuels pour les consulter ! On me rétorquera que je paye 30 euros chaque moins pour recevoir le quotidien Le Monde. Certes ! Mais il me procure des heures de lecture agréable et une richesse éditoriale sans commune mesure.

Alors, quelles solutions ? J'en vois deux.

  1. Les micro-facturations : pour regarder un débat comme celui indiqué précédemment, je serais prêt à payer une somme modique, comme 5 centimes d'euros, qui seraient prélevés par exemple selon la formule proposée je crois par Orange (ajout à la facture du fournisseur d'accès). Jamais je ne payerais en revanche pour lire une page HTML de 1500 signes !
  2. La mutualisation : les sites comme Arrêt sur images pourraient se fédérer, en adoptant un label commun garantissant leur qualité, et proposer un abonnement annuel donnant accès par exemple à une dizaine de sites comparables. Dans ce cas, les 30 euros annuels pourraient devenir pertinents.

Les médias Internet vont devoir découvrir de nouveaux modèles économiques, sans pour autant se laisser envahir par la publicité. Car il est irritant de devoir slalomer entre des bannières, des fenêtres surgissantes et toutes sortes de rectangles clignotants qui dérangent la lecture. De tels sites me font fuir… Le problème est de trouver un prix aussi modique que possible.

NB : comme quoi on lit toujours trop vite sur Internet ! Le site s'intitule bien Arrêt sur images au pluriel.

samedi 4 octobre 2008

Cinquantenaire de la Constitution

On ne parle pas beaucoup du cinquantenaire de la promulgation de la Constitution de la Vè République (4 octobre 1958).

Heureusement que Google a pensé à dessiner un logo spécial à cette occasion !

La digithèque de matériaux juridiques et politiques de l'université de Perpignan propose depuis une dizaine d'années une base d'informations très riche sur nos institutions. On y trouvera en particulier le discours prononcé par le fondateur de la Vè République à l'adresse mjp.univ-perp.fr/textes/degaulle04091958.htm. En voici deux extraits qui pourraient être encore d'actualité en 2008 :
Nous vivons en un temps où des forces gigantesques sont en train de transformer le monde. Sous peine de devenir un peuple périmé et dédaigné, il nous faut dans les domaines scientifique, économique et social évoluer rapidement. D'ailleurs, à cet impératif répondent le goût du progrès et la passion des réussites techniques qui se font jour parmi les Français, et d'abord dans notre jeunesse.

Qu'il existe un Gouvernement qui soit fait pour gouverner, à qui on en laisse le temps et la possibilité, qui ne se détourne pas vers autre chose que sa tâche, et qui, par là, mérite l'adhésion du pays. Qu'il existe un Parlement destiné à représenter la volonté politique de la nation, à voter les lois, à contrôler l'exécutif, sans prétendre sortir de son rôle. Que Gouvernement et Parlement collaborent mais demeurent séparés quant à leurs responsabilités et qu'aucun membre de l'un ne puisse, en même temps, être membre de l'autre. Telle est la structure équilibrée que doit revêtir le pouvoir. Le reste dépendra des hommes.

La dernière phrase ne manque pas de pertinence !

La nouvelle Constitution fut approuvée par le référendum du 28 septembre 1958, par 85% des suffrages exprimés. Le taux de participation était proche des 80%.

vendredi 3 octobre 2008

Le Mont blanc du Tacul (addendum)

En fouillant dans ma photothèque, je me suis aperçu que j'avais photographié le mont Blanc du Tacul le lendemain de l'avalanche du 24 août, cliché sur lequel on voit distinctement le sérac qui a cassé, la ligne de la plaque de neige qui s'est décollée et les coulées sur la pente. La voici en complément de l'article publié ici le 28 septembre.



Elle est disponible en haute définition (clic sur l'image) pour plus de précision.

À noter que Montagne Magazine d'octobre (numéro 334) publie un article complet sur l'accident.

Re-addendum (20 octobre 2008)
La photo ci-dessous reproduit une partie d'un cliché datant de 1955 environ. On pourra ainsi comparer l'état de la pente du Tacul à plus de cinquante ans de distance.

Sens dessus dessous

Il y a des mots qui fâchent, que l'on n'ose prononcer, alors… on ruse.

Ainsi de la récession économique, antinomique de la croissance économique. Comment faire ? Rien de plus simple : au lieu de parler de récession ou de décroissance, on emploie le terme croissance négative, c'est déjà moins grave.

D'ailleurs, quand je fais une randonnée en montagne, je commence par effectuer une montée, puis j'entame une "montée négative" pour regagner la vallée. Si mon compte en banque se vide, je parle de crédit négatif, jamais de découvert ou de débit. Si ma cote dans les sondages baisse… je parle de hausse négative de ma courbe d'opinion. Les supermarchés pourront bientôt annoncer des campagnes de réductions négatives sur leurs produits : le consommateur sera ravi ! Enfin, l'économie créera des emplois négatifs et non plus du chômage, ce sera rassurant.


Donc la France entre en croissance négative. Tout ce que je souhaite, c'est qu'en 2009 elle passe à la récession négative (comme moins par moins donne plus, ce sera de la croissance).

Cette chronique est animée par un état d'esprit négativement négatif, soyez-en assurés.

jeudi 2 octobre 2008

Images, symboles et pataquès

Attention ! À force d'user et d'abuser d'images et de symboles, le pataquès n'est pas loin.

Ségolène Royal « a changé », tout comme, avant elle, Nicolas Sarkozy n'avait cessé de changer (d'idées, de politique économique, de personnalité et, accessoirement, de compagne). Merveilleux ! Nos personnalités politiques évoluent à grande vitesse – à tel point qu'il devient difficile de s'y retrouver. De vraies girouettes !



À la manière du Beaujolais, mais avec un peu d'avance, la nouvelle Ségolène est arrivée, ainsi que le confirme sa conseillère Sophie Bouchet-Petersen. Cela signifie-t-il que l'ancienne a été rangée au magasin d'accessoires ? Après la "Sarah Palin de gauche" en tailleur blanc, prompte à vanter la Marseillaise et le drapeau Français, voici donc venue la prêcheresse de la Fraternité, coiffure mini-vagues et tunique baba-cool. Mais cette fois, c'est la bonne, Jean-Louis Bianco nous indiquant que c'est sa vraie nature (donc, auparavant, c'était la fausse, heureusement qu'on ne l'a pas élue). À quand la prochaine version, la Ségolène 3.0 ? D'ici à 2012, elle a encore le temps de "changer" dix fois…

Henri Emmanuelli ne mâche pas ses mots. Voici comment il décrit la prestation de sa collègue du PS : « La politique n'est pas un show. Cette vision de la politique axée sur le marketing, qui s'inscrit dans la logique de la publicité commerciale, qui néglige le fond [...] c'est le genre de cérémonie qui est entre le show business et le rassemblement de secte ». Quant à Alain Duhamel, il conclut sa chronique sur DSK par une petite phrase assassine : « une image qui vaut bien celle du télévangélisme en tunique christique ».

De quoi réfréner nos "désirs d'avenir" si l'avenir c'est cela, un show politique entièrement construit sur les apparences.

François Fillon n'a pas encore changé. Rassurez-vous, il n'apparaît pas en jeans et T-shirt sur la scène de l'Olympia (même si la photo ci-contre semble laisser entendre qu'il a décidé de passer la surmultipliée).
Ce matin, la presse nous apprends que le Premier ministre a trouvé une solution pour renflouer les banques qui auraient des problèmes : les fonds du Livret A de la Caisse d'Epargne. Quel sens du symbole, quelle adresse, quelle délicatesse !

Car enfin, que symbolise le Livret A ? Deux choses : l'épargne populaire et le logement social. Alors certes, ce n'est pas aussi simple, les titulaires du célèbre livret n'étant pas tous, loin s'en faut, des gens modestes, et la totalité des fonds n'allant pas aux HLM. Mais comment ne pas mesurer cependant le danger à laisser entendre que les frasques des financiers seraient comblées (1) en puisant dans l'épargne des plus modestes (2) par le logement social, autrement dit les "cités" des plus défavorisés ? Dans le registre du "pataquès", cela mérite un Premier Prix.

Vivement le François Fillon version 2.0, qu'on nous le change !

Il n'y a pas que la planète financière qui est devenue folle : la communication politique a disjoncté, une fois encore !

Lisez à propos de la politique et des "images" l'article de Daniel sur son blog : http://danielsafon.hautetfort.com/archive/2008/09/11/elections-psychanalyse-a-la-petite-semaine.html.