mercredi 9 avril 2008

Gougnafier

Les mots ne manquent pas de charme ! Au hasard d'une discussion, je me suis surpris à employer le mot Gougnafier. Sans en connaître la signification précise, je l'associais à un individu malpropre, mélange de goujat et de goinfre. Où l'avais-je entendu ? Probablement dans mon enfance, comme tous ces termes que l'on mémorise sans s'en rendre compte.

Saisissant un dictionnaire, j'ai alors recherché le mot, sans toutefois être certain de l'y trouver. Après tout, ce pouvait être un mot d'argot déformé par la mémoire. Eh bien non. Voici ce qu'en disent les dictionnaires :

GOUGNAFIER n.m. (du moyen français goin, lourdaud) Fam. Bon à rien. (Le Petit Larousse).
GOUGNAFIER n.m. (1899 ; o.i.) Fam. Bon à rien, rustre, goujat. (Le Robert).
Sur Wikipédia, un lexique laisse entendre que le mot serait employé en particulier par les Savoyards. Serait-ce en Haute-Savoie que je l'aurais entendu ? Rien de certain, une fidèle lectrice n'excluant pas qu'il pourrait être usuel dans nos régions méridionales…

Le gougnafier
À propos de qui utilisais-je ce mot ? Je vous le donne en mille : pour tenter de résumer l'attitude de notre président de la République. Sur au moins un thème, celui que Pierre Moscovici appelle "le liquidateur" se comporte comme un bon à rien, un rustre et un goujat.

Identité nationale ?
Observez par exemple le paradoxe spectaculaire entre son exaltation de "l'identité nationale" et sa façon de démolir tout ce qui fait, à mes yeux du moins, la fierté de cette identité : la laïcité, le non-alignement sur les États-Unis, une protection sociale unique au Monde, le souci des Droits de l'Homme, la République, et j'en oublie !

À croire qu'il a une conception de gougnafier de cette identité : réflexes franchouillards, langage grossier, attrait de l'argent, mise à la remorque de l'Amérique, radinisme social et fiscal, rejet de l'Autre, fascination pour les têtes couronnées (que nous avons coupées), etc.

Oui, il y a de la goujaterie dans cette obsession de brader tout ce que nous avons bâti patiemment depuis un demi-siècle, de dérouler le tapis rouge à un dictateur, de flirter outrageusement avec un président américain plutôt… rustre, de becquoter la chancelière allemande comme si c'était une copine de fac, de jurer comme un charretier, de mettre en scène sa vie privée dans tous les médias, de s'acoquiner avec les plus riches patrons du pays, d'expulser sans discernement des sans-papiers et, surtout, de transgresser avec dédain les règles de notre Constitution.

De tout cela il résulte que notre malheureux président est un bon à rien : déficits budgétaires, croissance en berne, désorientation des citoyens, protection sociale en péril, crédit international entamé… Bref, un gougnafier !

Vous trouvez que j'exagère ? Avouez qu'il y a de ça !