mercredi 2 avril 2008

Hommage à Bébel



Les souvenirs de jeunesse enjolivent la réalité, c'est bien connu. Les découvertes, l'inédit semblaient alors magnifiques, au-delà de leur qualité intrinsèque. Paysages, lectures ou films en sont des exemples parmi d'autres. C'est ainsi que j'avais découvert les films de Jean-Paul Belmondo, vers 1970 : j'avais à peine treize ans. J'en ai gardé une réelle admiration pour l'acteur, en dépit des facilités auxquelles il a pu céder dans sa carrière. À mes yeux donc, la période 1970-76 aura été l'apogée « des Belmondo », comme on disait en oubliant au passage de créditer les réalisateurs.

La période faste (1970-1976)
Les réalisations d'Henri Verneuil dominent cette période, avec deux films devenus « cultes » pour moi : Le Casse (1971) et Peur sur la ville (1975). Mais ce n'est pas tout, il y eut aussi le très réussi L'Héritier (1973), de Philippe Labro et, surtout, mon préféré, Le Magnifique (1973 aussi), déjà évoqué dans ces pages. Le double personnage de l'écrivain raté / James Bond de pacotille m'avait à la fois amusé et ému. D'ailleurs, dans L'Animal (1977), de Claude Zidi, Bébel interprètera à nouveau deux rôles : le cascadeur et… la star médiocre ! Je n'oublie pas La Scoumoune, avec ses personnages d'anthologie, ni L'Alpagueur (1976), découvert sur le tard à la télévision, qui vieillit plutôt bien comparé à d'autres films comme Le Corps de mon ennemi, plutôt désincarné.

Packaging
La période qui suivit est moins gratifiante : comme si Belmondo traitait le second degré au premier degré. La longue série de ses films « packagés » selon un format marketing unique sombra dans la médiocrité, malgré des scores flatteurs au Box-Office. Seul Le Professionnel (1981) a encore quelques restes de la période précédente. D'autres sont de terribles ratages, comme Le Guignolo, Joyeuses Pâques ou Les Morfalous.

Leconte : le criminel !
Achevée avec Le Solitaire (1987) – un symbole – cette phase marque en quelque sorte la fin de la carrière cinématographique de Belmondo. Il préfère s'éclater au théâtre, ce qui n'est pas idiot loin s'en faut ! Désormais, ses apparitions sur le grand écran se font plus rares : Itinéraire d'un enfant gâté, un Lelouch à peu près réussi… avant le pire du pire : Une chance sur deux (1998). Patrice Leconte avait réussi le prodige de rassembler à l'écran les deux monstres sacrés du cinéma français, Belmondo et Delon, 28 ans après Borsalino. Pour quoi ? Pour un navet ! Leconte a commis là un crime de lèse-cinéma, honte à lui !

Merci Klapisch… gaffe, Huster !
La seule consolation d'un fan de Bébel de ma trempe aura été le film Peut-être (1999). Contrairement à Leconte, Klapisch a donné à Belmondo son seul et vrai bon rôle de toute la décennie 1990-2000. Un rôle original, charnu, face à la relève de la nouvelle génération en la personne de Romain Duris.
On comprend dans ces conditions que j'attende beaucoup du film récemment réalisé par Francis Huster dans lequel Jean-Paul Belmondo revient devant les caméras. Attention, m'sieur Francis, vous avez une grosse, que dis-je – une hénaurme – responsabilité !

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