jeudi 20 mars 2008

Raffarin versus Attali

Jean-Pierre Raffarin s'est fait le chantre de l'anti-attalisme. Il voit rouge – si l'on peut dire – dès que l'on évoque le rapport de l'ancien conseiller de François Mitterrand. Lors de sa publication, il s'était dit « un peu déçu », euphémisme prononcé avec gourmandise, ajoutant que le document recyclait de « vieilles lunes » comme la « tendresse à l'égard des grandes surfaces ». Plus récemment, l'ex-premier ministre a estimé que le rapport Attali « avait été une cause d'échec » pour la majorité (aux Municipales) «parce qu'on a parlé de réformes en faisant peur sans parler des résultats». En un sens, M. Raffarin joue à la France-d'en-bas contre les technocrates de la France-d'en-haut.


Ci-dessus : Attali brandissant le "talisman USB" qui effraye l'ex-premier ministre…

Si M. Raffarin n'a pas totalement tort à propos de la suffisance de M. Attali, gardons nous, de jeter le bébé avec l'eau du bain. Il est tout de même frappant de constater combien cette droite au pouvoir chante sans cesse les louanges de « LA RÉFORME » et, dès que l'une d'entre elles pointe le bout de son nez… tout le monde prend peur et s'envole comme une nuée de pigeons.

L'épisode des taxis est emblématique. Alors que des solutions sensées existaient (l'attribution gratuite d'une licence cessible à chaque détenteur par exemple), le Gouvernement recule dès qu'un groupe de pression se manifeste. On retrouve le « faites ce que je dis, pas ce que je fais », la couardise de ceux qui prônent le courage réformiste… surtout quand la réforme est contraire à leur intérêts.

De quoi citer encore une fois Raymond Barre : « la droite n'a pas d'idées, elle n'a que des intérêts ».

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