jeudi 6 mars 2008

Et si c'était faux ?

Le sondage de Marianne m'a fait gamberger. Que se serait-il passé si Ségolène Royal avait été élue Présidente de la République ? Exercice de fiction…

6 mai 2007
Ségolène Royal remporte le second tour de l'élection présidentielle avec 52,35% des suffrages exprimés. Une brève allocution, diffusée dès 21 heures, met l'accent sur la cohésion nationale, la démocratie participative et l'événement historique que constitue l'élection d'une femme à la fonction suprême. Dans la journée de lundi, Jean-Louis Bianco annonce qu'il a été chargé de former le gouvernement, dont la composition sera précisée mercredi ou jeudi. La présidente se rend alors à l'abbaye de Solesmes en compagnie de son compagnon François Hollande pour une retraite spirituelle de deux jours.

Un gouvernement paritaire et ouvert
La parité est strictement respectée dans la composition du gouvernement : Corinne Lepage devient vice-premier-ministre, chargée de l'environnement, Elisabeth Guiguou obtient le portefeuille très convoité des Finances, Aurélie Filipetti l'Éducation nationale, Christine Taubira la cohésion nationale et Delphine Batho l'intérieur. Côté masculin, on remarque Bernard Kouchner aux Affaires étrangères et Arnaud Montebourg au poste de garde des sceaux. Des personnalités issues de la société civile entrent également au Gouvernement, comme Martin Hirsch aux affaires sociales ou Fadela Amara au logement. L'ouverture prônée par la présidente se traduit par l'entrée au gouvernement de deux secrétaires d'État : Pierre Méhaignerie (fonction publique) et Pierre Mazeaud (réforme de l'État). François Bayrou refuse tout portefeuille pour lui ou ses proches, préférant attendre les résultats des Législatives.

Vague Rose ?
Les Législatives, si elle ne voient pas déferler de vague rose, donnent toutefois la majorité absolue au PS, bien que Dominique de Villepin ait agité le chiffon rouge d'une hausse possible de la TVA entre les deux tours. L'UDF sauve son groupe parlementaire, grâce notamment à des désistements de candidats PS. Les rangs du parti centriste ont soudain grossi d'un important contingent de déçus du sarkozysme, transitant de l'UMP, en sens inverse du mouvement de 2002. Pour autant, François Bayrou se refuse à toute participation gouvernementale au motif que l'équilibre des finances publiques n'est pas l'objectif de la cheftaine de l'exécutif.

Choc social
Durant l'été, Ségolène Royal avance à marche forcée pour faire voter les premières mesures de son programme de « choc social », un donnant-donnant ayant pour but de restaurer la confiance par la réconciliation sociale, et donc de favoriser la croissance. Le coût des dépenses en année pleine est évalué à 15 milliards d'euros (parmi elles, un revenu minimal étudiant garanti, le RMEG). Jacques Attali est chargé de faire des propositions complémentaires afin de libérer la croissance. Dès le 1er juillet, le SMIC avait fait l'objet d'un important coup de pouce de 5%, et une vaste « conférence des salaires », nouveau Grenelle, était annoncée pour novembre.

Vacances remarquées
Début août, le couple présidentiel prend de très brèves vacances au bord de la mer, poursuivi par une horde de paparazzi – des bruits courent quant à une aventure de François Hollande, tandis que l'on prêterait une nouvelle relation à la présidente.

Le Pape, la chancelière et les infirmières
Après le versement d'une allocation de rentrée scolaire de 2000 € aux familles ayant au moins trois enfants, ce qui ne manque pas de déclencher des polémiques, Ségolène Royal rend visite à Benoît XVI auprès duquel elle réaffirme l'importance du spirituel et des valeurs familiales dans la tenue morale d'un pays. Malgré des relation délicates avec la chancelière allemande, elle propose de mettre en chantier un traité européen simplifié, comprenant un volet social afin de réconcilier les français avec l'Europe. Un référendum pourrait se tenir au terme de la présidence française de l'UE, début 2009. François Hollande participe à une mission confidentielle et obtient la libération des infirmières bulgares. L'UMP exige qu'il vienne s'expliquer devant une commission de l'Assemblée nationale. Démissionnaire de son poste de secrétaire général du PS, Hollande avait en effet annoncé qu'il se consacrerait désormais à son rôle de « premier monsieur ».

Avec Vincent, c'est du sérieux
Début octobre, cependant, tout s'accélère lorsque la présidente de la République annonce, lors d'une conférence de presse, que « avec Vincent c'est du sérieux ». Paris-Match publie dans son numéro du week-end les photos du chanteur aux côtés de la présidente, ainsi que celles de la nouvelle compagne de François Hollande. Interrogée sur la question du nucléaire iranien, Madame Royal persiste dans son refus d'accorder le droit au nucléaire civil à la république islamique, ce qui déclenche des réactions violentes d'Ahmadinejad et du monde arabe. Le président Bush félicite la présidente française, qui refuse toutefois de lui rendre visite, préférant réserver son premier voyage à un entretien avec Michelle Bachelet, au Chili.

Train de mesures
Au mois de novembre, Ségolène Royal épouse discrètement Vincent Delerm à la mairie de Melle, sans que la presse ne soit prévenue. Elle annonce dans la foulée une série d'initiatives, sans avoir consulté le premier ministre ni les ministres concernés, au rythme de deux à trois par semaine. Jean-Louis Bianco, qui a assuré qu'il passait au crible les mesures imaginées par la présidente, est qualifié de « collaborateur » par Ségolène Royal, ce qui déclenche les foudres du chef de l'opposition, Nicolas Sarkozy. Parmi les mesures annoncées figurent, en vrac :
  • La suppression des jours fériés religieux et leur remplacement par un contingent « libre » de dix jours, utilisables par chacun selon ses convictions.
  • La Fête Nationale est rebaptisée Fête de la Nation et des Régions et dure désormais trois jours.
  • La télévision publique ne pourra plus diffuser de publicités, ni de films jugés immoraux par une commission ad hoc créée au sein du CSA. En contrepartie, la redevance sera triplée pour les foyers dont les revenus excèdent 20000 € par an.
  • Le tabac sera interdit dans tous les lieux publics, y compris les rues et parcs, à compter du 1er janvier 2008.
  • Le port de l'uniforme est instauré dans les écoles, et sa conception fait l'objet d'un appel d'offres auprès de grands couturiers.
  • Une commission de réforme des institutions est mise sur pieds, présidée par Jack Lang. Parmi les orientations suggérées par la présidente figure le remplacement du Sénat par une assemblée de citoyens tirés au sort sur les listes électorales, dans le prolongement de l'idée des jurys citoyens de la campagne.

Joyeux Noël
Les assises pour un plan Marshall des banlieues sont lancées à la mi-décembre, tandis qu'une prime de Noël est accordée à tous les foyers non imposables à hauteur de 500 €, annoncée à la sortie de la messe de minuit, à Melle. En attendant les assises de l'écologie durable, Corinne Lepage se voit suggérer des mesures telles que l'écotaxe sur les bovins rejetant du méthane par leurs flatulences ainsi que sur les 4x4 émettant plus de 300 gr de CO2 par kilomètre. La circulation en pousse-pousse à assistance électrique est généralisée pour tous les déplacements des membres du Gouvernement dans Paris.

Grève durant la trève
Dans le cadre d'une nouvelle loi de Décentralisation, un grand nombre de compétences doivent être transférées aux Régions et Départements, notamment dans le domaine des titres de séjour des immigrants, ce qui provoque des afflux de candidats dans les régions supposées les plus « accueillantes ». L'annonce de la réorganisation de la fonction publique d'État, avec la suppression de plus de 20 000 postes, et le report de la conférence des salaires au mois d'avril 2008, déclenchent une longue grève durant la trève des confiseurs, malgré la promesse de créer autant de postes dans la fonction publique territoriale. Un nouvel échelon inter-communal est défini dans la loi : le Terroir.

Sanctions
Lorsque est révélée la perte colossale de la Société Générale, début janvier, la riposte de Ségolène Royal est immédiate : elle indique, lors de ses vœux aux forces vives, que la France pourrait renationaliser la banque à titre de sanction. Elle exige – et obtient – la démission de son P.-D.G. Lorsque le site Web du Nouvel Observateur publie la teneur d'un soi-disant SMS envoyé par François Hollande à son ex-compagne peu avant qu'elle ne se marie : « si tu annules tout, je reviens », l'Élysée attaque l'hebdomadaire au pénal pour diffamation. Tout cela ne ralentit pas la chute de popularité de la présidente dans les sondages, tandis que M. Bianco dépasse les 75% d'avis favorables.

Ultime foucade de la présidente, la voici annonçant qu'elle demande à la ministre de la jeunesse et des sports d'étudier l'hypothèse du boycott des J.O. de Pékin l'été prochain… Alors que se profilent les élections municipales, Nicolas Sarkozy prône une « cohabitation locale » en incitant les français à voter pour l'UMP partout où les exécutifs locaux donnent entière satisfaction. Il fait scandale en traitant la Présidente de « mijaurée » lors d'une séance publique.

Enfin, le 6 mars, Lionel Jospin publie un pamphlet au titre éloquent : « ça va mal finir », qui cartonne dans les ventes dès le jour de sa sortie…

[Ne voyez dans ce texte qu'un exercice de fiction, je le répète, dans lequel "toute ressemblance avec des personnages existants serait en grande partie fortuite."]

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