mardi 18 mars 2008

Le mé-trop lent…


Le développement du réseau parisien de métro au-delà des limites de la ville est l'une des solutions les plus efficaces aux problèmes de pollution (voir l'article de ce blog du 7 mars). Un petit retour en arrière, il y a 110 ans, éclaire la question d'un jour inattendu.

Une station par mois
La toute première ligne de métro, aujourd'hui encore numérotée "ligne 1", fut réalisée en exactement vingt mois : les travaux débutèrent en novembre 1898 et la ligne fut ouverte à l'exploitation le 19 juillet 1900. Longue de 10 kilomètres, la ligne comptait 18 stations, de la porte Maillot à la porte de Vincennes. Les travaux d'infrastructure proprement dits durèrent en réalité 17 mois, soit un rythme d'une station… par mois !

Quatre chantiers en cours
Qu'en est-il de nos jours ? Quatre prolongements de lignes de métro sont actuellement en cours, afin de pousser des ramifications dans les banlieues nord, ouest, sud-est et sud :
  • La ligne 13 va connaître deux nouvelles stations courant 2008, à Gennevilliers, baptisées Les Agnettes et Les Courtilles. Ce sont au total près de 2 kilomètres de voies nouvelles qui auront été construites en 3 ans (2005-2008).
  • La ligne 12 sera prolongée jusqu'à la mairie d'Aubervilliers. Les travaux du premier tronçon, commencés à l'automne 2007, aboutiront en 2011 à l'ouverture de la première station, Proudhon-Gardinoux, à 1380 mètres de la Porte de la Chapelle. 4 années de travaux cette fois-ci.
  • La ligne 8 est également en cours de prolongement vers le Parc des Sports de Créteil. Long de 1300 mètres et quoiqu'en surface, ce nouveau tronçon demandera 5 années de travaux et s'achèvera en 2011.
  • La ligne 4, enfin, est en cours de prolongement, de la porte d'Orléans à la mairie de Montrouge, soit un peu moins d'un (1) kilomètre. Les travaux ont commencé en juin 2006 et devraient s'achever à la mi-2012, soit 6 année de chantier : un record !


La construction d'une station nouvelle réclame donc de un an et demi à… six années. À ce train-là, si l'on peut dire, la construction de l'actuel réseau (300 stations, 200 km de voies) aurait pris… un millénaire. Plusieurs raisons expliquent la lenteur relative de ces travaux :
  • La répartition des crédits dans le temps : des moyens plus importants pourraient certainement être mis en œuvre, mais ils nécessiteraient de débloquer des budgets annuels plus élevés.
  • L'impossibilité de travailler "à ciel ouvert" afin de ne pas bloquer la circulation automobile sur des axes déjà surchargés, et la construction de stations au volume souvent important. Cette contrainte accroît le coût des travaux ainsi que les délais.
  • De longues négociations préalables avec les nombreux partenaires impliqués, qu'ils soient des financeurs, des Collectivités locales ou des associations.


Paradoxalement, alors qu'en un siècle les progrès techniques ont été gigantesques, nous sommes incomparablement plus longs dans la réalisation de lignes de métro. On comprend, dans ces conditions, combien le développement de moyens de transports rapides et de grande capacité prend du temps. Bien sûr, la construction d'un tramway demande des délais moins importants, mais il ne faut pas oublier que leur capacité est très largement inférieure, et que les travaux de voirie concomitants accroissent notablement la facture.

Les illustrations ci-dessus sont extraites de l'ouvrage Le chemin de fer métropolitain de Paris, édité par la Ville début 1931, et que j'avais eu la chance de dénicher sur les Quais (de la Seine, chez un bouquiniste, et non bien sûr sur les quais du métro).
Ceux qui s'intéressent au métro parisien pourront aussi tenter de se procurer le très bel ouvrage de Jean Robert, Notre métro, édité par l'auteur en 1983 (on en trouvait un exemplaire en vente sur e-Bay récemment).

Pour consulter une liste fournie d'ouvrages sur le métro, voyez metro.paris.free.fr. La RATP communique toutes les informations sur les prolongements en cours à l'adresse extension-reseau.ratp.fr/recherche_par_projet.html

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