jeudi 20 mars 2008

Un slogan gratuit

Voici la publicité que le quotidien gratuit Métro a inséré dans le dernier numéro du Nouvel Observateur. Elle clame : se faire une opinion, ça n'est pas suivre celle des autres.
Que doit-on en conclure ? Que de lire les opinions exprimées par des journaux comme les quotidiens ou les hebdomadaires – y compris le NouvelObs bien sûr – détourne le lecteur de la réalité (en témoigne l'homme en noir) et que seuls les faits bruts permettent de se faire une opinion (« les faits »). Affirmations totalement gratuites, à l'instar de Métro. Soyons clair : le journal Métro – mais peut-on l'appeler journal ? – nie le journalisme, qui consiste justement à proposer au lecteur des opinions, des analyses, une lecture des faits.

Munich de l'esprit
Quoi ? Serions-nous si influençables que la confrontation aux opinions nous interdirait toute attitude critique ? Que la lecture d'éditoriaux, d'articles de fond argumentés ne ferait que nous détourner de l'essentiel, que nous serions incapables de nous nourrir des opinions, de les passer au crible afin de bâtir, peu à peu, notre propre opinion ?
Qu'un hebdomadaire accepte ainsi de publier une publicité qui injurie les journalistes laisse pantois ! Dans sa chronique, page 47 du même numéro du NouvelObs, Jacques Julliard titre « un Munich de l'esprit ». Bien que son texte parle de tout autre chose, la formule pourrait être transposée au slogan de Métro : un véritable Munich, oui, une capitulation en rase campagne de l'analyse journalistique face à l'offensive des "gratuits".
Telle est mon opinion… et je la partage !

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